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Theodore A. Brennan
+ messages : 401
+ face and credits : tyler young, bazzart.

theodore asher brennan
ft. tyler young.
↘️ carte d'identité
nom : un nom qu'il a emprunté pour ne jamais le rendre, brennan. son véritable nom de famille est flynn, mais il ne l'utilise jamais, et ne s'en est pas servi depuis des années. trop de mauvais souvenirs, aucune raison de vouloir que ce nom lui appartienne. il n'est plus le sien depuis bien longtemps. + prénom(s) : son prénom est theodore, un prénom qui fait vieillot, mais qui ne lui déplaît pas tant que ça. son deuxième prénom est asher, prénom de son oncle, choisi par son père. + surnom(s) : le classique theo, qui n'est pas autorisé à tout le monde. + âge : vingt-deux ans. + date et lieu de naissance :il est né le vingt-sept octobre, à oak harbor, dans l'état de washington, où il n'a passé qu'une poignée d'années. + orientation sexuelle : il est demisexuel, capable de ressentir une quelconque attirance sexuel seulement envers les personnes avec qui un lien émotionnel a été forgé.  + statut civil : célibataire, il l'a presque toujours été. + occupation : il aide du mieux qu'il peut au troisième camp, se montre multifonction. il aime travailler dans la construction des bâtiments, lorsqu'il a besoin de se vider la tête. ce qu'il favorise, en revanche, restent les excursions à l'extérieur du camp, qui lui rappellent sa vie d'avant, lorsqu'il avait fait une habitude de regarder toujours derrière lui et de toujours rester en mouvement. + groupe : freedom with no limits, dans la maison deux.

parent divin : hécate, la déesse de la magie, de l'ombre, des carrefours. + pouvoir(s) : illusions, qui lui permet de faire apparaître des mirages, des illusions plus vraies que nature, tout droit sorties de son imagination. un pouvoir qu'il a longtemps haï, qu'il déteste parfois toujours.  + arme de prédilection : un poignard de bronze céleste, rétractable en un bracelet brésilien toujours noué à son poignet.  + particularité : il a un talent incroyable en matière de magie. pas la magie d'hécate, la sorcellerie ou la lévitation, non. la magie des mortels, les tours de cartes, les lapins dans les chapeaux, les objets qui réapparaissent derrière l'oreille, les trompe l'oeil et les illusions, les disparitions truquées. la magie qui fait ouvrir la bouche au public chez les mortels, et qui fait rire les demi-dieux qui savent très bien ce qu'il en est.

↘️ caractère
fidèle + patient + endurant + réaliste + imaginatif + sensible + vulnérable + responsable + discret + ordonné + raisonnable + honnête + perfectionniste + altruiste + calculateur + pacifiste + loyal + calme + indécis + secret + un peu sauvage + persévérant + instinctif + démonstratif lorsqu'il est à l'aise + affectueux + volontaire + travailleur + passionné d'histoire + intuitif + compatissant + imprévisible.

Theo, c'est ce gars un peu paumé, qui se tient un peu à l'écart du groupe, mais que tu vois sourire du coin des lèvres quand quelqu'un balance une blague. C'est un peu le mec awkward, qui ne sait pas trop comment se tenir, qui se balance d'une jambe sur l'autre quand il est embarrassé, mais qui va se tendre comme un arc au moindre mouvement brusque ou geste inattendu. Il à l'air perdu, pas trop à sa place, assez discret pour rester invisible mais pas assez timide pour ne pas proposer de l'aide quand quelqu'un demande, clairement pas bavard mais qui va s'animer dès que quelqu'un lui adresse la parole. C'est un peu ce mec qui, quand tu le regardes dans les yeux, aura cet air un peu hanté qui montre qu'il a peur de pas mal de choses, qu'elles sont derrière lui mais pas suffisamment loin pour qu'il se détende. Ca se voit, quand tu l'observes, qu'il n'est pas tranquille, qu'il suffit d'un rien pour qu'il soit sur ses gardes. Ca lui donne un air un peu sauvage, cette façon qu'il a de se braquer devant des gestes brusques, comme un animal. Il réagit à l'instinct, il ne réfléchit pas trop, comme s'il était habitué à se trouver piégé dans des situations sordides. Sûrement parce que c'est le cas. Il a toujours l'air un peu effrayé, un peu reculé, comme s'il voulait reculer, reculer, reculer et disparaître au bout d'un moment. C'est marrant, parce que quand il s'y met, il veut toujours se donner à fond. Il persévère, il insiste, quand il commence quelque chose, il ne lâche rien. Il n'abandonne pas, même si ça se voit que la peur le transperce jusqu'à l'os.

↘️ Depuis combien de temps sais-tu que tu es un(e) sang-mêlé(e) ?
Halloween, Theo avait douze ans. Jules en avait quinze, et il avait déjà montré son pouvoir à Theo depuis des années, en secret. Ils avaient les mêmes problèmes, tous les deux : dyslexie, hyperactivité. Et maintenant, ils avaient les mêmes capacités extraordinaires.
Et Theo, alors que le petit groupe d'enfants dirigés par leur voisine, mère de famille enthousiaste, avait projeté sa première illusion ce soir-là. Un monstre gigantesque, qui avait fait hurler les enfants et hoqueter les adultes. Il ignorait à ce moment-là qu'il était responsable - c'était Jules qui l'avait pris par la main et l'avait ramené à la maison, le visage fermé, d'un pas rapide. Six jours plus tard, ils fuyaient la maison.
Deux mois plus tard, le satyre les trouvait et les emmenait en direction de la Colonie - jusqu'à l'attaque. Theo n'a jamais découvert la Colonie, et il n'est pas intéressé - plus maintenant. Lui et Jules ont parcouru le pays, et même après leur séparation... A la place, il a trouvé Declan, et il est loyal à son camp.

↘️ As-tu pris part à la bataille de Manhattan ? Et celle contre Gaïa ? Si oui, à quel camp as-tu choisi d'être loyal(e) ?
Theo a pris part à la bataille de Manhattan. Il s'est battu aux côtés du troisième camp, chargé de rester en retrait et d'utiliser ses illusions pour déconcentrer l'ennemi lorsque son camp se retrouvait bloqué. Installé dans un immeuble, perché à la fenêtre pour surveiller chacun des membres de son camp, il a tout vu. La scène entière de la bataille, le fer qui mordait la chair, les hurlements, le son, le sang. Il est resté silencieux près d'une semaine après la bataille. Encore, elle le hante. Les murmures au sujet de la guerre contre Gaïa le laissent généralement tremblant, à fermer les yeux pour tenter d'effacer les images de Manhattan.
La décision de Declan de ne pas se joindre à la bataille contre Gaïa a peut être soulevé des protestations, mais pas de la part de Theodore. Il n'est pas certain qu'il pourra supporter quelque chose comme ça une nouvelle fois.

↘️ Et maintenant, que deviens-tu ?

Theo n'a pas participé à la guerre qui a opposé l'Olympe à Gaïa, mais il était à Manhattan, et il ne s'en est toujours pas remis. Comme il sait si bien le faire, il a réussi à renfermer ses émotions et à les ignorer, mais ils sont là et il le sent. Depuis longtemps, maintenant, il mange très peu, et passe beaucoup trop de temps à regarder dans le vide. Il est nerveux, méfiant. Toujours prêt à agir vivement si besoin. La guerre, ajoutée par-dessus la mort de Jules, a achevé de le réduire en morceaux.
C'est le camp qui le maintient debout. Il s'occupe, il travaille, il suit Declan comme un chiot perdu et il reste discret. Il s'entraîne, il est volontaire à chaque mission possible, parce que ça lui évite de penser. Theo sait bien qu'un jour, il devra faire face à tout cela : aujourd'hui n'est juste pas ce jour.

derrière l'écran
sixty. | leah.
âge : vingt-deux ans. + présence : well well. + personnage inventé ou scénario/pv : inventé. + avatar : tyler young. + un dernier mot ? :v:
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Theodore A. Brennan
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damaged people are dangerous, they know how to survive


Il tremble. C'est le manque de nourriture, Jules lui a expliqué un peu plus tôt, il a commencé à trembler avant lui, à cligner des yeux trop vite. Ils se sont assis sur les marches devant la bibliothèque, à regarder passer ceux qui sont pressés et ne leur adressent pas un regard. On ne leur a adressé la parole que pour leur dire qu'ils gênent, jusqu'à ce qu'ils se décalent pour s'appuyer contre la rampe en pierre, l'un contre l'autre et le regard vide. "J'ai froid, Jules." marmonne Theodore de temps à autre, et Jules ne répond pas, mais se rapproche toujours un peu plus. Il a arrêté de lui dire que tout irait bien depuis quelques jours, déjà. C'est le beau milieu du mois de novembre et il ne fait pas si froid, c'est supportable, mais la fatigue et la faim les font trembler comme des feuilles et leur donnent la sensation qu'ils sont gelés. Ils sont partis depuis deux semaines. Quand Theodore ferme les yeux, il revoit la créature qu'il a imaginé le soir d'Halloween, l'immense projection qui a terrifié enfants comme parents, les crocs dégoulinants de bave et la peau craquelée du monstre, ses yeux brillants d'un rouge surnaturel. Il peut entendre les cris de ceux qui ont fuit, sentir à nouveau la main de Jules agripper la sienne douloureusement pour qu'ils retournent à la maison le plus vite possible, pour seulement se retrouver face à leur père. Titubant, furieux, sa bouteille vide traversant l'air à la recherche d'une cible à atteindre, cherchant à frapper la chair tendre des deux enfants comme elle avait l'habitude de le faire. Theodore frissonne. Cette fois, Jules ne pouvait plus prétendre à un jeu de cache cache. Theodore est trop vieux pour ça, de toute façon, il l'est depuis des années, il n'a jamais été dupe. Mais lâche, il l'a toujours été en partie, acquiesçant pour aller se cacher et plaquant les mains sur ses oreilles dans l'espoir de ne pas entendre les cris et les coups, baissant les yeux quand Jules revenait couvert de bleus et la lèvre éclatée. Il ne s'y est jamais habitué. De ses mains maladroites, il a toujours désinfecté les blessures, s'est toujours faufilé jusqu'au congélateur pour y récupérer les pots de glace ou les paquets de carottes congelées qu'il plaquait sur les blessures de son grand frère, sans un mot. C'était leur vie. Mais ils sont partis, six jours après Halloween, six jours parce qu'il fallait que l'oeil noirci de Jules dégonfle et qu'il puisse marcher sans boîter. Maintenant, ils sont quelque part dans Seattle, devant une bibliothèque, et ils ont faim et froid. Jules est silencieux, mais ce n'est pas parce qu'il a mal : Theodore a vérifié sa cheville, et son oeil a juste une drôle de couleur jaunâtre qui ne va pas tarder à disparaître. S'ils n'avaient pas promis de ne plus jamais revenir à Oak Harbor, Theodore aurait eu peur que Jules envisage de rentrer chez leur père. Mais remettre les pieds chez Ethan Flynn n'était plus une option. Theodore le sait, il s'y raccroche. Ils se débrouilleront. La semaine précédente, il a créé une illusion juste pour que Jules puisse voler de l'argent dans la panique. Pendant des heures après ça, Theodore était figé, silencieux, mais ils ont pu manger à leur faim et prendre une chambre dans un motel aussi miteux que leur ancienne maison. "Je peux refaire l'illusion, si tu veux." murmure-t-il à l'adresse de Jules, dont le poids se fait de plus en plus pesant contre Theodore. Il s'endort. Theodore le sent s'agiter légèrement, et sa voix est traînante. "Pas question." Theodore n'insiste pas. Il devrait, sûrement, mais Jules le protège, il l'a toujours fait, et Theodore ne le remettra jamais en question. A la place, il ferme les yeux pour oublier le froid et la faim. La fatigue prend rapidement le dessus, et après de longues minutes, il sombre dans le sommeil.

Theodore se réveille quand on le secoue, et il cligne lentement des yeux pour croiser le regard écarquillé de Jules. Il fait nuit, et Theodore voit flou, mais il se redresse tant bien que mal, ses lèvres incapables de former des mots. Jules a le sourire, et Theodore met quelques secondes avant d'enregistrer ses paroles. "Ouvre la bouche, dépêche-toi." Il s'exécute, incapable de faire autre chose, et quand Jules lui glisse quelque chose dans la bouche, il manque de s'évanouir. Jules lui fait manger ses frites de la même manière pendant quelques minutes, jusqu'à ce que Theodore soit capable de bouger ses membres engourdis par le froid, et une fois qu'il a avalé quelques gorgées de soda, il tousse, et parvient à retrouver ses capacités. "Comment t'as trouvé ça ?" Jules s'écarte, lui montre le jeune garçon qui parle avec de grands gestes au détenteur du stand à roulettes qui vend des hot dogs et des frites. "C'est long à expliquer, mais je crois qu'on va pouvoir s'en sortir." Plus tard, Theodore apprend que le jeune garçon s'appelle Trix Brennan, et qu'il est un satyre. Au départ, il s'imagine que la fatigue lui joue des tours, que ses illusions agissent à nouveau d'elles-mêmes : mais non. Jules y croit dur comme fer, alors Theodore aussi. Trix doit les emmener quelque part, une colonie pour les gens comme eux, des demi-dieux. Ils ne sont pas les seuls à savoir faire des choses différentes, des choses impossibles. Et ils ont un lieu où vivre, un lieu sans Ethan Flynn. Trix les prévient que le chemin sera long, et que les monstres attaquent souvent, mais Jules semble s'en moquer. Alors Theodore les suit. Ils prennent un train, Theodore ne sait pas vraiment où ils vont. A la place, il repasse les paroles de Jules en boucle dans sa tête. Ils sont des demi-dieux. C'est pour ça qu'il peut créer les illusions, et que Jules peut faire ses tours comme personne. Entre ses doigts, une pièce argentée tourne à toute vitesse, à la même vitesse que ses pensées, disparaîssant de temps à autres entre ses doigts experts. Quand ils descendent du train, Theodore n'a aucune idée du temps qui s'est écoulé. Ils descendent dans une rue éclairée, entrent dans un hôtel, et une fois entrés dans la chambre, Theodore s'effondre et s'endort après avoir mangé deux bouchées du plat qu'on leur a apporté.

Ils auraient dû être arrivés depuis plusieurs jours, d'après Trix, si les monstres ne les avaient pas suivis. Trix les a repérés aux alentours de Rockford, dans l'Illinois. Ils ont réussi à leur tenir distance jusqu'à maintenant, et ils viennent tout juste d'arriver à Cleveland. Mais Trix est nerveux, et ils ont perdu du temps. Jules passe son temps à rassurer Theodore de paroles chuchotées à son oreille, mais il peut bien voir que Jules et Trix parlent souvent à voix basse, et qu'ils n'ont pas l'air rassurés. L'idée que des monstres puissent les rattraper lui retourne l'estomac. D'apprendre qu'ils sont des demi-dieux a été un choc, mais un choc agréable. De découvrir que les monstres des histoires existent réellement et chassent les demi-dieux est une information dont Theodore aurait pu se passer. Ils passent deux jours à Cleveland, le temps de trouver de nouveaux vêtements et de refaire leurs réserves de nourriture. Theodore est chargé des vêtements, pendant que Trix doit leur réserver des tickets de train, et que Jules cherche à manger. L'idée de se séparer a soulevé des protestations chez Jules, mais Theodore commence à se dire qu'il doit apprendre à se débrouiller. Surtout s'ils doivent se faire attaquer par des monstres.
Quand il revient au motel où leur chambre est réservée, Theodore regrette. Parce que les monstres sont là, et qu'il est le premier arrivé, et qu'il a beau n'avoir jamais croisé ces monstres de sa vie, il sait ce qu'ils sont : cyclopes. Et les cyclopes des histoires n'ont jamais été connus pour leur générosité. Les sacs de vêtements frappent le sol lorsqu'il les échappe, et Theodore fait demi-tour. Le bâtiment du motel est en forme de L, et s'il parvient à tourner à temps pour se cacher, ils ne sauront pas où ils se trouvent. Il doit juste courir vite. Il fonce. Ses membres fatigués le brûlent après quelques pas, mais il ne s'arrête qu'une fois la porte de la laverie commune fermée derrière lui, et s'agenouille derrière une rangée de machines qui tournent avec un bruit régulier. Il cale sa respiration sur le son des machines. Quand la porte s'ouvre, il retient son souffle. Le monstre parle, il parle de son odeur. Theodore a la sensation qu'une pierre lui tombe dans l'estomac. Trix avait parlé de l'odeur des demi-dieux. Il avait oublié. Il va mourir à cause d'un oubli stupide. Il pense à Jules, qui ne peut pas rentrer pour trouver son frère mort, Theodore refuse, pas après tant d'années à être protégé par Jules, à l'avoir empêché de fuir leur père plus tôt. Il se relève, fixe le monstre droit dans les yeux. Le cyclope sourit, dévoilant ses dents pourries, son oeil brillant. Theodore se fige.
Et la suite est si rapide que Theodore n'est pas sûr de ce qu'il voit. Jusqu'à ce que le visage de Trix n'apparaisse au-dessus de l'épaule du cyclope, déformé par la colère, ses bras enserrant le cou du monstre avec force, et que Jules ne fuse de derrière eux, rejoignant Theodore en quelques pas et s'emparant de son bras sans un mot, avec une force brute et un regard déterminé. Avant que Theodore ne puisse dire quoi que ce soit, Jules l'a poussé dehors, et ils sont en train de courir, le plus loin possible du motel. Quand ils s'arrêtent enfin, Jules ouvre sa main libre, dévoilant les tickets de train froissés qu'il serrait trop fort, et quand Theodore demande, "Et Trix ?", il se contente de l'emmener à la gare et de le faire monter dans le train. Jules reste silencieux et figé tout le long du trajet, et ne parle que lorsqu'ils descendent à Lewisburg, à la recherche d'un endroit où dormir. "On a assez pour trouver à manger et passer quelques jours ici. Après... On verra."

Ils n'ont pas quitté Lewisburg, même des semaines plus tard, quand Jules force le verrou d'un appartement qu'ils savent vide, et qu'ils couchent le grand matelas appuyé contre le mur du salon pour pouvoir se blottir dessus. Noël est passé depuis quelques jours, ils s'en sont rendu compte le lendemain, mais ça n'a aucune importance. Trix est probablement mort, ou il les aurait retrouvés. Leur père n'existe plus à leurs yeux. Ils n'ont rien à célébrer, de toute façon. Ils passent leur troisième nuit dans l'appartement quand un soir, on frappe à la porte. Ils se figent. Des monstres - ou la police - ne frapperaient pas comme ça. Les trois coups se répètent, légers et discrets. Jules fait signe à Theodore de rester en arrière, la main posée sans trembler sur le poignard de Trix, et ouvre la porte. Ils se figent à nouveau, parce qu'ils ne s'attendaient pas à une grand-mère déjà plus petite qu'eux, son regard clair étincelant alors qu'elle les parcourt d'un regard vif, ses cheveux couleur argent enroulés dans un chignon d'où s'échappent quelques mèches. "Il me semblait bien avoir entendu du bruit." dit-elle alors, sa voix ébréchée mais aussi claire que son regard azur. Ils ne répondent pas, un peu choqués, et un peu mal à l'aise. Ils sont sales, n'ont pas changé leurs vêtements depuis des semaines. Ils ne sont pas présentables, et faibles, et sales, et la vieille dame les observe d'un oeil critique. Theodore se tortille sur le matelas, honteux. "Venez, tous les deux." Jules et Theodore échangent un regard. La main de Jules est toujours posée sur le manche du poignard, mais la tension s'est relâchée de ses épaules. La vieille dame s'écarte de la porte, leur fait signe de la main. Sa longue jupe fleurie effleure ses chevilles. "Je ne vais pas vous manger. Allons, dépêchez vous." Le ton de sa voix exige plus qu'il ne demande. Theodore se lève malgré lui, et Jules et lui referment la porte derrière eux pour suivre la vieille femme jusqu'à la porte juste à côté de la leur. "Entrez, entrez, j'espère qu'aucun de vous n'est allergique aux chats." Ils font non de la tête, et entrent dans le petit salon de l'appartement. Le canapé jaune poussin est recouvert de coussins aux broderies fleuries, et un service à thé est posé sur la table basse de bois sombre. "Installez vous." Il y a quelques minutes de gêne où Theodore et Jules essaient de trouver une place parmi les coussins, Jules finissant par en poser un sur ses genoux, Theodore préférant s'installer sur le rebord du canapé, à la limite de tomber sur le sol. "J'ai fait du thé, est-ce que vous aimez le thé ?" La vieille dame les regarde tous les deux. Elle est installée dans un fauteuil usé aux accoudoirs du même bois que la table basse, des motifs minuscules gravés sur les côtés. Derrière elle, une série de photos diverses les observe depuis une petite étagère. Theodore se mordille la lèvre. "Je sais pas, j'y ai jamais goûté." murmure-t-il finalement. A ses côtés, Jules hoche la tête. La vieille dame sourit. "Ils parlent, voyez-vous cela." Elle se penche en avant, une mèche de cheveux gris caressant sa joue délicatement maquillée d'une touche de rose sur les pommettes, et s'empare de la théière fumante. "Ce thé est à la menthe. Personnellement, je le préfère avec un peu de sucre, mais goûtez-y. Vous pourrez y ajouter du sucre, ou tout simplement le reposer si vous n'aimez pas. Ne vous en faites pas." Les trois tasses sont rapidement servies, et Theodore et Jules se penchent pour les saisir. Elles sont brûlantes, mais réchauffent leurs mains glacées. Quand la vieille femme boit une gorgée du liquide chaud, tous deux l'imitent. Theodore ferme les yeux. Il n'a pas bu quelque chose d'aussi chaud depuis des semaines. Le goût discret de la menthe reste dans sa bouche, et il se penche timidement pour ajouter un sucre à sa boisson. A côté de lui, Jules est en train d'avaler le contenu de sa tasse sans retenue. Une fois sucré, le thé est délicieux. Le sucre se mélange au goût de la menthe, et Theodore termine sa tasse avant même que la vieille femme n'ait le temps de boire la moitié de la sienne. Elle a le sourire aux lèvres. "Servez-vous, la théière est pleine." Ils restent silencieux jusqu'à ce que la théière soit vide - Jules s'est resservi trois fois, la vieille dame une fois, et Theodore, une fois. Quand ils reposent leurs tasses vide sur le plateau du service à thé, la vieille femme s'enfonce dans le dossier de son fauteuil. "Il y a des serviettes propres dans la salle de bain, du gel douche sur le rebord de la baignoire. N'hésitez pas à utiliser l'eau chaude, c'est mon fils qui la paye, et il mérite d'y mettre une certaine somme pour avoir oublié de me téléphoner pour Noël." Jules reste immobile, mais Theodore force un sourire pour la vieille femme. "Merci, madame." La vieille femme agite la main. "Je t'en prie, c'est tout à fait naturel. Ne m'appelle pas madame, ceci dit, appelle-moi Livia." Theodore hoche la tête, et Jules semble retrouver ses mouvements, se redressant légèrement. "Lui, c'est Theodore. Je m'appelle Jules." La vieille femme leur sourit, son rouge à lèvres rose pâle s'étirant au travers de son visage. "Vous êtes frères, n'est-ce pas ? Vous vous ressemblez terriblement. J'imagine que vous avez un nom de famille ?" Jules ouvre la bouche, mais Theodore le devance, sans réfléchir. "Brennan. Jules et Theodore Brennan." Il ne regarde pas Jules quand il s'éloigne jusqu'à la salle de bain, après que Livia la lui ait indiquée. Il passe près d'une demi-heure sous l'eau brûlante, essuyant le miroir embué du plat de la main lorsqu'il sort. Sa peau est rouge sous l'effet de l'eau chaude, mais il ne s'est jamais senti aussi propre. Ses cheveux trempés lâchent des gouttes d'eau dans son dos, et il les essuie avec force, avant de s'asseoir sur le rebord de la baignoire. Il y reste une quinzaine de minutes, avant de trouver le courage de s'habiller. Quand il ressort, Jules croise son regard, et lui adresse un sourire. Il ne lui en veut pas. Jules part à sa place dans la salle de bain, et Livia parle, parle, parle sans demander de réponses, lui montrant sa bibliothèque de livres d'histoire, et lui parlant de ses voyages, y insérant parfois des anecdotes sur ses deux enfants. Sa voix douce berce Theodore, qui finit par s'endormir au milieu des coussins brodés de fleurs et d'animaux de ferme.

Il est vingt-deux heures quand Jules pousse la porte de l'appartement et allume la lumière d'un geste distrait. Theodore lève les yeux vers lui depuis le canapé où il est installé : ça fait près d'un an que Livia les a forcés à installer le canapé jaune poussin dans leur appartement, sous prétexte qu'elle souhaitait en changer depuis bien longtemps. Comme elle avait prétendu vouloir changer tout son linge de maison, ou était passée par hasard devant ces magasins qui bradaient des vêtements pour garçons à leur taille. Cela fait deux ans qu'ils ont rencontré Livia, qu'ils déjeunent chez elle tous les midis en échange de petites tâches et d'aide qu'ils lui apportent à la moindre occasion. Deux ans qu'ils vivent dans l'appartement vide. Un an que le canapé jaune poussin a trouvé sa place au milieu du salon, à côté de la petite table en plastique rouge et du matelas deux places maintenant couvert de draps couleur crème. Un an que Jules travaille tous les jours pour leur permettre de repartir si nécessaire. "Tu devrais dormir, tu sais qu'on doit se lever demain. J'ai promis à Liv qu'on l'accompagnerait à la librairie, et elle veut partir tôt." Theodore hoche la tête. "Je voulais finir mon livre." Jules arque un sourcil, jetant un oeil à son livre. Il ne commente pas le fait qu'il reste à Theodore la moitié de son roman à lire, mais s'installe à côté de lui. Il sent le tabac froid et le fast food. "Bon anniversaire, Theo." lui murmure-t-il à l'oreille, en lui déposant un sac en papier affichant le logo du restaurant chinois en bas de la rue. Theodore sourit jusqu'aux oreilles. Il a quatorze ans, aujourd'hui. Et ils vont bien.

Leur valise pourrait contenir Theodore en entier à l'intérieur. Il a du mal à contenir son envie de rire, sans raison spécifique. Ils partent. Jules est arrivé un jour, et lui a dit que s'il le souhaitait, ils pouvaient le faire. Parcourir le pays, découvrir tout ce que Theodore aime lire dans ses livres, aller voir les endroits dont parle si souvent Livia. Il a mis plusieurs mois à se décider. Parce qu'il ne veut pas abandonner Livia, sa bonne humeur et ses cookies délicieux, son thé à la menthe. Parce que ça semble peu reconnaissant de l'abandonner maintenant qu'ils vont mieux. Mais c'est elle qui le lui a ordonné. "Je serais toujours là, Theodore. Je serais là quand vous serez pris de nostalgie et qu'il vous prendra l'envie de revenir voir votre vieille voisine. Mais que cela ne t'empêche pas de m'écrire chaque fois que vous vivez une aventure, n'est-ce pas ?" Theodore avait souri. Il sourit encore, maintenant, alors que Jules traîne la valise jusque devant la porte de Livia pour qu'ils lui disent au revoir. Il sourit, mais il a les larmes aux yeux. Ils ont vécut quatre ans dans leur petit appartement, avec Livia à portée de main, se reconstruisant doucement dans sa chaleur et ses attentions. Ils seront seuls, sans elle. Et elle le sera sûrement. "Jules..." Jules tourne la tête, et semble comprendre. "Elle ira bien, promis." Quand Livia ouvre la porte, malgré ses seize ans et ses grands airs, Theodore a du mal à retenir ses larmes au moment où la vieille femme le serre contre elle avec force.

La fatigue qui lui engourdit les membres n'a rien de la fatigue qui lui enserrait le crâne, des années plus tôt. Comme le disait parfois Livia, c'est de la bonne fatigue. Celle qui permet d'aller dormir le sourire aux lèvres, de se sentir reposé. Ils ont passé la semaine à Atlanta, à visiter. Avant ça, ils ont parcouru presque tout le pays. Ca fait deux ans, qu'ils voyagent d'état en état, visitant les choses les plus incongrues, s'arrêtant parfois plusieurs mois pour se poser dans des petits villages sans histoire où tout le monde se connaît. Ils travaillent un peu, parfois, aident à réparer de la plomberie récalcitrante, tondent des pelouses ou ramonent des cheminées. Tout pour gagner quelques billets, et poursuivre encore. Ils savent qu'ils ne peuvent pas rester au même endroit trop longtemps, surtout dans de grandes villes comme Los Angeles ou Atlanta. Les monstres sont plus nombreux, dans les grandes villes. Dans les coins perdus comme ceux où ils s'arrêtent pour plusieurs semaines, les monstres n'ont rien à manger, rien à faire là, ils sont tranquilles. Ils ont échappé à une empousa quelques jours plus tôt, mais jusque là, Atlanta s'est avérée calme. Ca n'empêche pas la fatigue d'avoir saisi Theodore jusqu'à la moelle, et Jules ne semble pas beaucoup mieux, après une journée à courir d'un bout à l'autre de la ville, juste par curiosité, tout en gardant toujours un oeil par-dessus leur épaule. Au cas où. Leur vie de voyage n'est pas reposante, mais elle ne les détruit pas comme leur vie d'avant. Livia les a réparés, et maintenant, ils profitent. Ils lui écrivent toutes les semaines, lui envoient des cartes postales des endroits qu'ils visitent. Elle ne peut pas leur répondre, ils ne restent pas suffisamment longtemps. Mais ils l'appellent, parfois, lorsqu'ils ont quelques pièces à gaspiller, et si le son de sa voix se fait fatigué, elle semble aller bien. Ca les rassure. Ca les fait se sentir un peu moins coupable de l'avoir laissée derrière eux, après les années qu'elle a passé à s'occuper d'eux.

"Theo." Ils sont assis les pieds dans le vide, au sommet d'un canyon. Theodore n'aurait jamais pensé se trouver là un jour, mais ils ont mangé leur sandwich comme si c'était quelque chose qui arrivait tous les jours, comme si c'était normal. Leur vie de nomade est devenue une habitude. "Mh ?" Il tourne la tête pour observer Jules. Il est devenu plus grand, plus solide que Theodore. Ses muscles se dessinent sous ses vêtements, alors que quelques années plus tôt, il était aussi mince que Theodore. Son visage a changé aussi, plus sérieux, plus marqué par les traits adultes qu'il prend peu à peu. "Je pensais qu'on pourrait peut être retourner voir Liv." Theodore considère l'idée un moment. Ils voyagent depuis cinq ans, reviennent tout juste d'un an au Mexique. Ils sont fatigués, parce que bouger toujours veut dire qu'ils n'ont pas d'endroit à considérer comme une maison. Sauf chez Livia. "Ca pourrait être bien, oui." Jules affiche un sourire, avale le dernier morceau de son sandwich, et se lève d'un bond. Il est au bord du vide, mais il tient comme s'il n'avait pas peur. "Allez, viens. On va voir s'il y a des bus pas trop chers pour Lewisburg."

Ils n'atteignent pas Lewisburg. A vrai dire, ils ne sont qu'à mi-chemin quand ils se font attaquer, quelque part entre deux villes, au beau milieu de la forêt. Le monstre est tel qu'ils ne l'ont jamais vu, immense, mortel. Theodore apprendra plus tard que c'est un drakon, mais au moment de l'attaque, il ignore tout de la créature. Quand il se fait blesser, la morsure de la créature déverse le poison dans ses veines, brûle à une vitesse folle, le rend ivre de douleur. Il perd Jules de vue. Juste quelques secondes. Quand son regard accroche Jules à nouveau, il est projeté une vingtaine de mètres plus loin, suivi par le drakon. Theodore n'arrive pas à se relever, la douleur est trop forte, son sang imprègne ses vêtements, les feuilles d'arbre, le tronc contre lequel il est appuyé. Il s'est ouvert à la tête, ça saigne aussi abondamment. Il lutte pour ne pas fermer les yeux. Il s'endort, juste une minute ou des heures.
Quand Theodore rouvre les yeux, le silence est assourdissant. La nuit commence à tomber, la chaleur reste la même, c'est le milieu de l'été après tout. Il a tout de même froid. Le sang a séché sur ses vêtements, les rend solides comme du carton. La douleur pulse, dans sa tête et contre ses côtes, mais le saignement semble s'être arrêté. Le sang a séché sur son front aussi. Il ignore combien de temps s'est écoulé. "Jules ?" Sa voix est rauque, presque un râle. Il tousse à plusieurs reprises, s'arrêtant seulement pour reprendre son souffle. "JULES ?" Le silence lui répond, pesant. Le drakon doit être parti. Jules... Theodore sent la douleur disparaître, remplacée par un poids dans l'estomac et un noeud dans la gorge. Il doit trouver Jules.
Il met longtemps à se relever. Il ne sait pas combien de temps exactement, mais il met longtemps. Il tient à peine debout, se retenant aux arbres et trébuchant contre les racines, les mains bientôt pleines de terre en plus du sang qui les recouvrait déjà. Il cherche pendant longtemps. Il ne sait pas combien de temps exactement, mais il cherche longtemps. Jules est introuvable.
Ce n'est qu'une fois le soleil se levant après une nuit passée à chercher que Theodore commence à se dire, peut être qu'il est mort. L'idée le traverse comme une flèche empoisonnée. Il brûle de l'intérieur à nouveau. La force quitte ses membres, le laisse à genoux dans les feuilles et sur la terre, sa migraine terrible se mêlant à cette pensée, encore et encore. Jules est peut être mort.
Il s'effondre trois jours plus tard, quand il change ses pansements dans la salle de bain d'un motel. Il se cogne la tête contre le lavabo, se pliant en deux sous le coup du désespoir, les larmes dévalant ses joues et la bouche ouverte sur un cri silencieux. Il a perdu son frère. Il a perdu Jules. Il a perdu la moitié de lui-même.

Il voyage lentement, quand il est seul. Il passe son temps à se retourner pour parler à Jules. Il est comme dans le brouillard, dans une tempête, il ne voit plus rien autour de lui. Ses illusions se déploient sans qu'il ne le réalise. Il a provoqué à la panique dans plusieurs villes, déjà, par accident. Il a croisé un cyclope, est parvenu à lui échapper de justesse, en semant la panique de cette manière. Quand il arrive à Lewisburg, il ne réfléchit pas. Il remonte les rues de façon automatique, grimpe les escaliers sans les voir, frappe à la porte sans y penser. Quand la porte s'ouvre, le visage de Livia est plus froissé que jamais, et c'est comme si on coupait les fils d'une marionnette : Theodore lui tombe dans les bras, et il n'y a pas besoin de mots pour que Livia comprenne. Elle le fait entrer, l'installe sur le canapé couleur chocolat, et il pleure jusqu'à tomber de fatigue.
Les semaines passent, floues et identiques. Theodore a surprit Livia en train de pleurer à plusieurs reprises, seule dans sa chambre, devant l'unique photographie que les deux frères l'ont autorisée à prendre une éternité plus tôt. Theodore a pleuré plus qu'il ne se pensait capable. Il ne parvient pas à savoir ce qu'il va faire, maintenant. Il reste avec Livia, mais il sait que ce n'est pas quelque chose d'éternel. Il ne s'imagine pas aller à la colonie qu'ils ont cherché il y a si longtemps. Il ne sait pas où aller, quoi faire, sans son unique repère. C'est près de deux mois plus tard que Livia le secoue un jour, sa main ridée posée sur son épaule, son parfum discret l'enveloppant comme une bulle rassurante. "Tu ne peux pas rester là pour toujours, mon Theo. Même si j'en serais ravie." Livia est bien trop sage, bien trop intelligente. Theodore hoche la tête, ravale son anxiété. "Je sais pas où aller." Livia lui sourit, l'attire contre elle. "C'est normal." Partir est encore plus difficile que la fois précédente. Cette fois, Theodore est seul.

Le troisième camp. C'est comme ça qu'ils s'appellent, entre eux. C'est Declan qui les dirige, un peu par défaut, et un peu parce que ce sont ses idées que tout le monde suit. Ils ne sont pas nombreux, une poignée de demi-dieux, aussi paumés que Theodore et Jules l'étaient avant. Aussi perdus que l'est Theodore aujourd'hui. Ce sont eux qui l'ont ramassé, lors d'une rencontre avec un monstre, alors qu'il était prêt à le laisser le dévorer parce qu'il n'en pouvait plus de la solitude et de la fuite. Ce sont eux qui l'ont accueilli, l'ont laissé traîner avec eux, ce garçon silencieux et presque inanimé. Il n'arrive pas à se sortir du brouillard, mais le troisième camp aide à sa façon. Ils sont présents, juste là à discuter quand Theodore se tient à quelques mètres et reste prostré dans son silence. De temps en temps, il trouve le courage de leur parler. Il les laisse l'entraîner. Il se change les idées. Les mois passent, et lentement, très lentement, le poids se retire de ses épaules. La culpabilité est toujours là, elle le dévore toujours doucement, certains jours plus violente que d'autres. Mais quelque lui dit que ça ira mieux, un jour. Peut-être.
Et puis, Manhattan. Declan les emmène là-bas, parce qu'il faut tout de même s'impliquer un minimum. Les armes, le métal contre le métal, le sang, la violence. Theodore n'a rien vu de tel, et les drakons lui rappellent Jules, lui tordent les tripes, lui retournent l'esprit. Il ne sait plus ce qu'il y fait, ses armes partent d'elles-mêmes, il découvre des entailles qu'il n'a pas senties sur le moment, il étouffe. Les images s'impriment dans son esprit, les corps sans vies, les monstres qui s'évaporent, la haine dans les regards. Jusqu'à la fin, où le silence retombe et où seuls les corps restent, accompagnés des cris de désespoirs, des prénoms hurlés pour s'assurer que les autres sont en vie, des mots crachés avec colère. Le troisième camp se retire. Theodore retombe dans le silence.

Ils se sont installés près de Sanford. La forêt est paisible, les maisons qu'ils ont construites aussi. Ils ont échappé à la bataille contre Gaïa. Heureusement. Les images de Manhattan restent imprimées derrière ses paupières, hantent toujours ses nuits, le font sursauter au moindre son. Ca, et la douleur d'avoir perdu Jules, qui est toujours aussi vive, ne semble jamais s'éteindre. Trois ans se sont écoulés, et Theodore a la sensation que c'était la veille ou mille ans auparavant. Il n'est plus si sûr. Il manque quelque chose, il manquera toujours quelque chose. Il n'a pas d'autre choix que de s'y faire.

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Noah S. Warsmond
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espèce de bolosse t'as même pas fini ta fiche baaaaaaah
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Noah S. Warsmond
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