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Baalthazar S. Andersson
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kalista & baalthazar

As FREUD says !  

Quelle nuit de merde. Franchement… Je n'avais pas dormi aussi mal depuis mon retour. Et pourtant… Il avait connu le froid du désert d'Afghanistan, le sol aussi dur que la pierre, les scorpions et serpents qui se faufilaient dans le pantalon pour venir mordre dans la cuisse ou piquer les mollets. Mais cette nuit, j'aurais préféré mille fois repartir au front. Ne vous méprenez pas, hein. Je ne souhaite aucunement la guerre. Même si cela a été mon « gagne pain » pendant des années, je ne suis pas un fervent adepte de notre ami le sanguinaire Arès. Seulement la nuit que je viens de passer… Heureusement que je suis fils d'Hypnos et que mes pouvoirs me permettent un peu de répits, sinon dès les premières lueurs du jour je me serai sans doute tiré une balle.

J'avais pris l'habitude depuis que j'étais revenu de faire des sortes de permanence pour certains demi-dieux ayant souffert de la guerre. Je n'avais pas participé à la même qu'eux, mais je savais ce que cela faisait et surtout mes compétences de psychiatre me le permettaient. Seulement hier soir et cette nuit… Je me suis retrouvé avec une nymphe désabusée en hystérie de conversion complète, une enfant de Bellone, en proie à des hallucinations récidivantes, pensant que des lares venaient de se matérialiser pour le compte de Gaïa et voulait la tuer et d'un fils d'Hermès qui en plus de sa cleptomanie (qui finalement n'était pas si étrange pour un fils des voleur) se travestissait pour souffrir de l'humiliation que lui provoquait la découverte de sa véritable nature auprès des hommes qu'il charmait. Et non ce n'était pas des blagues. Et alors que les séances ne devaient pas durer plus d'une heure trente, les patients avaient fait preuve d'une telle détresse psychiatrique et d'une telle envie d'en finir avec leur propre vie qu'il avait dû les mettre tous les trois sous sédatifs (la nymphe était sous l'emprise de mon pouvoir). Ce qui avait eu pour effet, de me faire veiller toute la nuit pour surveiller l'ensemble de leurs constantes et qu'ils repartent très tôt ce matin dans leur camp respectif ou milieu naturel.

Une nuit complète, tout en voyant toutes les minutes et toutes les secondes défilées. Je n'ai jamais dormi certes, vous me direz que je n'ai pas à me plaindre, je ne ressens pas la fatigue. Mais tout de même. D'autant plus que cette garde n'a pas été de tout repos, vu que chacun à leur tour, ils ont semblé montrer des signes de résistances aux anesthésiants. Bref… Une véritable catastrophe.
 
 
Et lorsque ces derniers sont partis de leurs côtés, je me suis aperçu que j'ai presque en retard à l'hôpital. Pas d'opération aujourd'hui normalement. Dommage. Cela aurait pu être le moyen de se poser un peu et de ne trop rien glander aujourd'hui.
 
J'arrivais à l'hôpital et je n'avais clairement pas le temps de prendre une douche. Enfilant une cravate autour de mon col de chemise que je portais déjà la veille, je me dirigeais vers le poste des médecins pour prendre ma blouse. Il fallait que je prenne un café. Cela allait m'aider pour affronter une nouvelle. J'attrapais les quelques dossiers que ma secrétaire me tendait au passage tout en articulant quelque chose, comme pour me signaler un truc. Mais elle était au téléphone et sa bouche de mérou n'aidait pas à la compréhension du message qu'elle voulait me faire passer. Pas très important.

J'ouvrai la porte de la salle de garde à la volée et sans même regarder si quelqu'un était présent, je me dirigeais vers le lavabo pour prendre une tasse et me verser mon café noir comme je les aime. Apportant le récipient à mes lèvres et buvant la première gorgé, une main contre la mini-kitchenette, je levais les yeux au ciel, remerciant les Dieux pour ce magnifique cadeau qu'ils nous avaient fait.


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Kalista T. S.de Lioncourt
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kalista & baalthazar

As FREUD says !  

Je n’avais pas les mêmes traumas que mes compagnons d’armes, ou de camp devrais-je dire, je n’étais pas présente à la dernière bataille contre la terre mère, trop plongée dans le bazar ambulant qu’était ma vie, trop plongée dans mes études, trop…  Beaucoup trop d’excuses en réalité qui cachaient le fait d’avoir pris le temps de m’éloigner du camp grec, leurs mœurs rétrogrades, je rêvais de liberté, en quelques mots je n’étais pas comme eux. Je n’avais pas non plus la même sensibilité à la mort qu’eux, parenté divine oblige. Jamais je ne m’y étais sentie à ma place, mais l’homme est un animal social quoi qu’on en dise, et j’avais eu un étrange besoin de me retrouver auprès de personnes partageant une façon de vivre semblable à la mienne. Ce besoin de connexion avec autrui, me rapprochant de cette partie de moi que je ne pouvais nier, tout en disposant à volonté de mon libre arbitre. Au sein du troisième camp j’avais le temps pour mes études sans avoir l’impression d’être membre d’une secte dont la vie était régie par les dieux seulement. Mais inutile de tergiverser pendant des heures, je ne tenterai plus de me justifier par rapport à mon changement de camp, tout ça était désormais derrière moi et j’avais désormais bien d’autres chats à fouetter.

Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, carburant au café pour tenter d’avancer ses foutus cours sur lesquels j’avais pris pas mal de retard… Il faut dire que ces derniers temps, je gérais mal mes pouvoirs, mes transformations en faucheuse se faisaient de plus en plus aléatoires sans savoir pourquoi, et à l’hopital, il n’était pas rare que je croise des fantômes qui me demandaient de l’aide. Bref, autant dire que ça se répercutait pas mal sur mon caractère qui devenait aussi tranchant qu’une lame de rasoir, mais je n’avais cesse de me dire que ce n’était qu’une mauvaise passe. Surement la pression régnant au sein de ma vie qui me rendait ses derniers temps un peu trop fébrile. Je détestais cela.

Arrivée en avance à l’hopital, j’étais presque surprise de ne pas voir Baalthazar dans son bureau, il faut avouer que j’avais vraiment de l’avance, son assistante n’était pas encore présente, au moins j’aurai un peu de calme, je triais les dossiers, les déposant sur son bureau dans l’ordre des consultations.  Détour par la salle de garde pour aller me chercher un nouveau café qui me permettrait de tenir la matinée, je pris le temps dans l’ascenseur pour jeter un coup d’œil à mon reflet dans le miroir : heureusement que j’avais pris le temps de me maquiller sinon j’aurai clairement l’aspect d’un zombie.   Je soupirais un instant, café en main, me déchaussant de mes talons avant de m’assoir un instant dans le fauteuil, faisant craquer ma nuque.

Ce n’est que le bruit de la porte de la salle qui claque qui me fit me redresser droite comme un i, me tirant des bras de Morphée qui s’était présenté sans que je ne m’y attende. Mon café désormais froid m’attendait toujours sur la table. Je me levais, passant les mains sur ma jupe pour y enlever des plis invisibles, je levais enfin le regard vers Baal, un sourire léger aux lèvres. «  Bonjour docteur  Andersson.  Prêt à attaquer la journée? » Aucune familiarité, je tenais à ce que personne ne sache qu’on partageait une chambre au camp, aux yeux de tous, j’étais simplement sa stagiaire, et je tenais à ce que ça reste ainsi.  C’était encore beaucoup trop étrange de penser que je partageais plus avec Baalthazar qu’une simple relation stagiaire/mentor. Je me souviens encore de ma réaction quand je l'avais trouvé dans ma chambre, l'air de se foutre totalement de moi scotché aux traits comme si il était si fier de lui d'avoir un, voir, deux coups d'avance sur moi.  Il y a des jours où j'aurai tellement envie de lui faire avaler son air suffisant. Mais autant rester pro dans le cadre du travail. N'est ce pas ?  «  J’ai pris l’initiative d’organiser vos fiches patients dans l’ordre de vos consultations. J’aurai également besoin que vous me donniez votre avis sur l’avancée de mon rapport de stage au cours de la journée. » Nonchalamment je me passais une main dans les cheveux, un léger sourire aux lèvres, appuyée  dos contre le plan de travail de la kitchenette, il n’avait plus qu’à donner le coup d’envoi.



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Baalthazar S. Andersson
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kalista & baalthazar

As FREUD says !  

Freud parlait de l'obsession comme étant une névrose où toutes les craintes sont cristallisées sur des idées obsédantes que le patient tente de combattre par des rites obsessionnels. Mon obsession à moi c'était le café. Une personne lambda avait ce besoin irrépressible de caféine afin de tenir et de rester éveillé durant toute sa journée, lui c'était par simple et pur plaisir des arômes et du goût. S'il y avait bien une névrose qui me caractérisait le plus c'était bel et bien celle-ci. Freud avait eu pour habitude de dire pendant longtemps que nous étions tous névrosés et j'avais fini par le croire, quelque peu désabusé. Et même si aujourd'hui, l'ensemble de la communauté scientifique, médicale et psychologique, réfute à grand bruit les théories du père de la psychanalyse, il fallait le dire, il avait fait avancer, considérablement, les différentes recherches en la matière.

J'étais tellement absorbé par le liquide noir qui venait de s'écouler dans ma gorge que je n'avais même pas remarqué que je n'étais pas seul dans la salle de garde. Et je n'avais pas besoin de regarder par-dessus mon épaule pour savoir qui était présent dans la même pièce que moi. Elle avait cette voix, si particulière, si enchanteresse. On aurait pu croire qu'elle était capable d'hypnose. Si elle avait été une fille d'Aphrodite, j'aurai très certainement dormi pour la première fois de ma vie avec cette fille là. Non pas qu'elle soit inintéressante, ou qu'elle avait des capacités soporifiques. Mais elle avait cette aptitude à rester calme et à avoir la voix posée. Qualité indéniable pour faire le métier qui était le mien et qui allait être le sien. La seule fois où je l'avais vu devenir, si je puis dire hystérique, était le jour où j'avais intégré le troisième camp. Mes pouvoirs m'avaient permis de savoir qui elle était réellement et surtout dans quel camp elle était. Cela faisait longtemps que j'étais rentré du front et je n'avais aucune envie de retourner dans cette colonie de gamin attardé. J'avais passé l'âge. Alors, cette rencontre était tombée à point nommé. Seulement, Kali n'avait aucune idée de qui j'étais réellement. De ma véritable nature. Et d'ailleurs, j'en étais certain, tout le monde avait même oublié mon existence aux USA, enfin toutes les personnes ayant fait ma connaissance avant mon engagement dans l'armée.

Nombreux avait pris cela comme un véritable suicide. Nombreux ne me connaissait pas réellement dans le fond. J'avais toujours su que je reviendrai. Je ne savais ni quand, ni même comment, mais j'avais toujours su que je reviendrai. J'avais simplement eu de la chance de ne pas revenir en morceau comme les patients que je pouvais traiter toute la journée ou les demi-dieux que je pouvais avoir en consultation la nuit.


Elle venait de s'adosser contre le plan de travail de la kitchenette. Elle avait une de ses allures dans cette jupe. Son parfum enivrait déjà mes narines. À force de vivre avec elle j'y étais habitué, mais je crois que je ne m'en lasserai jamais. J'avais cette envie d'effleurer rapidement la peau recouvrant sa main, pour savoir ce qu'elle avait fait cette nuit, mais la main qui était de son côté tenait ma tasse et je n'aurai quitté mon breuvage pour rien au monde. « Mademoiselle de Lioncourt, vous êtes bien matinale aujourd'hui ! » déclarais-ja avec plein de malice dans les yeux. Cela me faisait vraiment bizarre de la vouvoyer. On se voyait en permanence au troisième camp et on partageait d'ailleurs le même dortoir – ce qui n'était pas pour me déplaire. « On a un peu de temps devant nous pour parler de votre rapport ou alors les patients nous attendent déjà ? » J'appréciais grandement qu'elle prenne des initiatives. Mais je me connaissais aussi. Si jamais elle en faisait de trop, j'allais pour ma part en faire de moins en moins. Et même si j'avais parfaitement confiance en ses capacités à devenir psychologue, ce n'était pas bon pour moi, mon travail et la paresse dont je pouvais faire preuve parfois.


Je venais de terminer ma tasse et je reprenais la cafetière en main. Je regardais la jolie rousse et attendais patiemment sa réponse, qui allait déterminer si je me resservais en café ou non.


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Kalista T. S.de Lioncourt
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kalista & baalthazar

As FREUD says !  

Freud comme chacun le sait est le père de la psychanalyse, il a donné le coup de pouce dont nous, psychiatres, psychanalystes et autres psychologues avions besoin pour certains phénomènes psy que nous n’étions pas à même d’interpréter à l’époque. Il n’y a qu’à voir la manière dont on soignait les femmes souffrant « d’hystérie » au cours des années 1880, le docteur Mortimer Granville en est le meilleur exemple…  Il a repensé les principe d’hypnose, de névrose, d’inconscient, du rêve et ainsi de suite.  Mais qui est réellement à même de comprendre la totalité du cortex humain ? Je me souviens surtout de mes cours  en première année sur ce grand bonhomme qu’était Sigmund, mes premières impressions ?  Partagée, troublée, distante sur certains points. Cette tendance qu’il avait à rapporter tout à la sexualité dite « refoulée » m’avait laissée perplexe, mais après tout le monde n’est il pas régit par  l’argent, le pouvoir et le sexe ? Etait-ce lui qui avait raison après tout ?  Le cas Dora en serait le meilleur exemple. Quoi qu’il en soit, qu’on l’approuve ou non, il reste celui qu’on prend en exemple dans notre métier, celui qu’on avance près de 80 ans après sa mort…

Cependant, inutile de vous refaire un cour magistrale sur Freud, mais j’illustrais juste de manière un peu plus éloignée ce qui me relie à Baal.  Est-ce que coucher avec lui apaiserait il le fait qu’avoir ce genre de double vie avec lui me perturbe beaucoup plus que je ne le montre réellement ? Non, très certainement pas. Je préfère compartimenter, avoir à faire au Docteur Andersson ici, et de retour au camp, et par prolongation à la maison, à Baal. Passer du vouvoiement et des rapports purement professionnels au tutoiement plus intime une fois passé les portes du bunker. Grand merci à ma grande capacité d’adaptation qui me permettait d’apparaître à l’aise. Quand il avait débarqué au camp, après avoir un tantinet perdu toute ma consistance, j’avais considéré l’espace d’un instant changer de mentor, trouver un autre maître de stage, mais au final je devais me résoudre à l’évidence : j’aimais travailler avec lui, qu’importe sa personnalité, qu’importe le fait que nous cohabitions ensemble. Deux sphères totalement différentes et avouons qu’il m’en fallait plus pour me déstabiliser totalement.  Parfois, il m’insupportait, parfois je l’admirai, parfois j’avais envie de l’étriper, autant d’émotions contraires le concernant, mais j’avais appris à vivre avec.

Mes talons reposant toujours dans un coin de la pièce, je n’en tenais pas rigueur pour l’instant, préférant débriefer avant que la journée ne commence et dans un sens, je remerciais silencieusement Hypnos de m’avoir invité en son sein pour une petite heure de sommeil dont j’avais clairement besoin.  Plongeant mon regard dans le sien, un léger sourire toujours au lèvres, j’acquiesçais d’un mouvement de la tête. «  J’ai préféré être en avance plutôt que de succomber aux charmes certains d’Hypnos ce matin… » Mon sourire s’intensifia un peu plus, notre conversation pouvait paraître totalement anodine, voir banale aux yeux de tous, l’allusion était finement placée, il savait très bien que je venait de faire un clin d’œil à nos doubles vies.  Le fumet de son café encore brûlant vint chatouiller divinement mes narines, je jetais un bref coup d’œil à ma propre tasse qui m’attendait toujours sur la table basse,  café abominablement froid… « Je pense que nous avons le temps pour un café,  votre premier patient est dans quarante cinq minutes, quant à mon rapport il est déjà sur votre bureau, j’ai pour l’instant plus parlé de l’environnement, de votre mentorat ainsi que du cas Dora, je voulais juste être certaine d’être partie dans la bonne direction. » Me décalant du plan de travail, le temps d’aller cherche ma tasse, d’en verser son contenu dans l’évier et de m’en resservir une, humant l’espace de quelques seconde l’arome qui s’en dégageait. Je me tournais à nouveau vers lui, le détaillant légèrement du regard avant qu’un détail n’attire mon attention. «  Votre cravate est légèrement de travers … longue nuit ? »




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Baalthazar S. Andersson
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kalista & baalthazar

As FREUD says !  

J'ai toujours été attiré par les personnes intelligentes. Mais alors lorsqu'elles ont des formes généreuses et qu'elles arrivent à s'adapter à n'importe quel environnement, c'est mon péché mignon. Ma jeune stagiaire avait toutes ces qualités. Elle avait cette faculté déconcertante de passer du coq à l'âne tout en restant cohérente. Je me forçais pour ne pas la tutoyer et même si parfois un léger ‘tu' pouvait s'échapper de ma bouche, il paraissait toujours amical et très respectueux pour ceux qui pouvaient y assister. Mais effectivement, même si en tant que psychiatre et médecin de manière générale, je savais très bien que le cloisonnement et les délimitations n'étaient jamais vraiment ce qu'elles paraissaient être, pour le bien de leur relation – amicale – et leur entente au sein du troisième camp, cette distinction était primordiale. Nécessaire.

Il était indéniable qu'elle n'avait pas beaucoup dormi. Et si j'étais le seul à comprendre la référence, je trouvais malgré tout amusant qu'elle ose en parler comme cela, aussi délibérément. C'était cela aussi l'avantage de partager son lieu de travail avec une demi-déesse. Les choses n'étaient pas obligées d'être cachée. Et certaines références pouvaient largement être faite. L'ensemble des demi-dieux qui avaient décidé de vivre à l'extérieur de leurs camps, tout comme Kali ou moi-même, portions un masque perpétuel, mais nécessaire. Il était clair, que c'était moi qui prendrais la place de mes patients, si jamais il me venait à l'idée de crier sur tous les toits que j'étais le fils du dieu du sommeil, sous sa forme grecque et qu'il y a pas si longtemps, des guerres avec Chronos et Gaïa avaient éclaté. Imaginé un peu la tête de mes collègues psychiatres ? Et si le syndrome de Jérusalem existait, je crois qu'on pouvait clairement en inventer un nouveau pour lui. Syndrome Baalthazarien ? Syndrome mythologique ? « Vous m'avez l'air fatigué effectivement. Mais au moins, à défaut de ne pas avoir pénétré dans le royaume d'Hypnos, vous n'êtes pas tombé dans le royaume de Thanatos par pur manque de sommeil ! » Il ne fallait pas qu'elle soit la seule à jouer à ce jeu tout de même.


Je bénissais le ciel et les Dieux, lorsque la jeune femme m'annonçait qu'il nous restait du temps avant le premier patient de la journée. Je crois que je n'étais pas encore prêt pour une séance de thérapie cognitive. C'était déjà bien assez avec ce que j'avais pu faire cette nuit. Je me resservais une tasse pleine et la jeune femme partait vers la table pour prendre ce qui devait être la sienne. Je me dirigeais vers l'un des fauteuils de sorte que la jeune femme devait obligatoirement se retrouver face à moi. Si nous prenions ce temps, c'était effectivement pour parler des avancées de son rapport. Mais ne pouvait-on pas également profiter de ce que la nature nous offrait et du plaisir des yeux que ma jeune élève pouvait déclencher chez moi ?

Mais alors que j'allais enchainer sur ce qu'elle venait de me dire et sur les axes qu'elle avait commencé à aborder dans son rapport, elle me faisait la remarque de ma cravate. Je déposais alors ma tasse sur la petite table basse et regardais la façon dont je m'étais rapidement fagoté ce matin. Elle avait raison. Et même si ces derniers temps, je ne faisais pas particulièrement attention à mon apparence physique – barbe mal rasée, vêtements pas spécialement bien repassés – il fallait malgré tout un peu de tenu. Je pouvais donner cette impression de vie à cent à l'heure… Et c'était un peu comme cela que je ressentais les choses. Mais il ne fallait pas que mes activités nocturnes et mes choix empiètent sur mon activité principale et me fasse passer pour un homme négligé.

Je remettais tranquillement ma cravate en place. Et regardais ma colocataire, droit dans les yeux « Tout comme la votre, je suppose ! » Fin du débat. Il avait vaguement parlé de ces petits extras bénévoles. Mais il ne voulait pas s'étendre sur le sujet. Surtout pas ici. « Je pense effectivement que cela démarre bien. Je lirais votre première ébauche de rapport dans la journée. déclarait-il « Mais pour ce qui concerne le cas Dora, sous quel angle, l'avez-vous abordé ? Quelles sont les thérapeutiques abordées ? Nous pourrions comme cela faire quelques expériences ici même pour que vous puissiez juger vous-même des bénéfices et inconvénients de chacune des réflexions misent en place, afin d'avoir un regard tout à fait objectif et critique sur tout cela. » Mon regard se voulait interrogateur. Même si ma dernière phrase n'était pas une question, j'attendais malgré tout, une réponse de la part de ma stagiaire. Je ne voulais pas perturber son plan. Il fallait que nous abordions chaque patient de manière à ce que cela colle avec son sujet d'étude. Ce qui était plutôt facile dans le domaine de la psychologie et de la psychiatrie.



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Kalista T. S.de Lioncourt
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kalista & baalthazar

As FREUD says !  

Wilde disait :  « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles », j’ai toujours adoré cette citation, ce sentiment de toujours se surpasser, cette façon bien a moi pour ne pas lâcher prise, qui me pousse à toujours me relever même en cas de coup dur.  Je ne supporte que difficilement de paraître faible,  ma mère m’a toujours appris à ne pas le montrer, à faire bonne figure, à sourire même si au fond on est détruite, et dans un sens, même si parfois elle s’est montrée particulièrement dure avec l’enfant que j’étais, je la remercie aujourd’hui.  Elle m’a permis de devenir celle que je suis, d’avoir les nerfs solides, de m’adapter. En quelques mots, elle m’a permis de me fondre et de me surpasser au sein de ce monde plus que merdique.  Donc oui, je préfère viser la lune et atterrir dans les étoiles, plutôt que de viser les étoiles et de retomber six pieds sous terre.  Loquace pour une fille de Thanatos.  Je regrette seulement de ne pas avoir eu la force de me dresser face a Christopher lors de ces crises de folie avant qu’il ne soit au chaud dans sa cellule capitonnée.

Désormais, j’ai toutes les cartes du jeu en main, c’est à moi d’écrire ma propre histoire, je refuse de me laisser à la fatalité des moires. De toute façon, je suis la fille de Thanatos et  je possède une capacité à deviner la possible mort des gens autour de moi…  sauf que ça ne marche pas avec moi, alors je prends les devants, ma vie en main, sans me poser les septentrionales questions qui pourrait m’arrêter dans ma lancée. Après, il est vrai que le hasard fait parfois bien les choses, et certains jours, je me dis que sur certains points, ce ne marche pas trop mal. Voyez, le meilleur exemple que j’ai actuellement sous la main ( sans mauvais jeux de mots tendancieux) c’est Baal. J’apprécie assez le fait de travailler avec lui, il a une expérience incroyable,  il a sa réputation dans le métier, et on fonctionne assez bien ensemble. Tant que je sais garder ma place.  Ce qui rend le tout agréable ?  Ne pas avoir à lui cacher mon coté demi-déesse vu qu’on partage la même condition.  Ca donne des situations assez amusantes, comme celle qui se déroule en l’instant même.

Je hausse un sourcil amusé quand il me donne la réplique, presque étonnée qu’il rentre dans mon jeu, souriant toujours légèrement. Ca m’étonnerait presque de lui… De l’extérieure je me doute que les gens ont a fait à une banale conversation entre un médecin et sa stagiaire ni plus ni moins, personne ne se doute de la double vie que nous menons, et même si je l’ai plutôt mal pris quand j’ai appris qu’il était mon colocataire au camp, je mentirai si je niais que ça me plaisait. Restant professionnelle, je répondais sur un ton clair bien que plutôt doux, semblable à la voix que je prenais pour parler à mes patients.  «  Je ne crains nullement le domaine de Thanatos, docteur, je dirai même que parfois il me semblerait comme… Familier. »  Est ce que j’étais en train de jouer ? Tout à fait aussi surprenant que cela vienne de moi. De plus, quoi que je puisse en dire, j'aimais avoir le dernier mot. Vivre ensemble ça rapproche…

Il y a certains jours où j’enviais particulièrement mon mentor pour une seule et unique raison : le fait de ne jamais ressentir le sommeil. J’avais toujours considéré que dormir était une véritable perte de temps, faites le calcul on passe plus ou moins la moitié de notre vie sous la couette. Lui pouvait disposer de ses 24H comme bon lui semblait, à volonté.  Le suivant des yeux alors qu’il allait s’installer dans l’un des fauteuil, la seule option qu’il me restait était de me mettre face à lui. Buvant une légère gorgée de café noire avant de prendre le reste de la cafetière dans l’autre main, j’allais m’installer dans le second fauteuil, face à Baal, croisant les jambes tout en faisant attention à ce que celle ci ne remonte pas trop haut sur mes cuisses.  Je compris de suite le message quand il mit fin à la discussion concernant nos nuits respectives, je soutenais son regard, hors de question de baisser les yeux. «  Touché. » Me contentais-je de répondre alors qu’il enchainait sur mon rapport. «  Je sais que vous ferez preuve de la plus grande objectivité, n’hésitez pas à y mettre des annotations sur ce qui ne va pas… »  J’étais tout a fait d’accord avec ce qu’il me proposait, de toute façon, j’étais la pour apprendre, pour réussir à obtenir mon diplôme, et enfin, par le suite pourquoi ne pas ouvrir mon propre cabinet ? L’avenir seul nous le dirait, autant ses concentrer sur le présent pour l’instant. « Je garde un regard tout à fait neutre sur notre patiente, je présente le cas, ensuite je l’analyse, proposant une thérapie régressive pour connaître l’origine de ses psychoses, associé à l’hypnose, je suppose que ca pourrait aider Dora à surmonter certaines de ses failles.  Je conseille aussi du tétrazépam, allié au deroxat pourrait l’appaiser dans un premier temps. Qu’en pensez vous ? Mais vous savez tout autant que moi que le chemin vers la guérison est une route semée d’embûches. Mais sachez que je serai ravie d’expérimenter des choses nouvelles, ça pourrait donner l’aplomb qu’il manque très certainement à mon rapport. Qu’en pensez vous ?  » Le regard quelque peu perdu dans le vide, en pleine réflexion, les sourcils légèrement froncés, je finissais par relever le regard dans sa direction. Pour l’instant, je trouvais qu’on s’en sortait plutôt bien, compartimenter boulot et vie « commune » n’était pas si chaotique que cela…





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