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Finn Rosenwald
+ messages : 72
+ face and credits : florian neuville. (sixty)

finn rosenwald
ft. florian neuville
↘ carte d'identité
nom : rosenwald, le nom de sa mère - le nom d'une lâche, qu'il a gardé pour se rappeler de ne jamais s'écraser comme elle le faisait. + prénom(s) : sa carte d'identité affiche le prénom finnley, qu'il n'utilise pratiquement jamais. c'est le prénom de celui qui prenait des coups et ne savait pas les rendre. il n'est plus cette personne. + surnom(s) : on l'appelle finn, lui-même se présente sous ce prénom. rares sont ceux qui le connaissent autrement, d'ailleurs. + âge : il a passé les vingt-et-un ans, même s'il a le sentiment d'être bien plus âgé. + nationalité et origines: il est américain. + date et lieu de naissance : il est né à hastings, dans le nebraska, un douze janvier. + orientation sexuelle : il n'est pas regardant sur le genre de la personne qu'il amène dans son lit. ce sont des choses qui n'arrivent pas souvent, de toute façon, et ses goûts diffèrent selon ses envies. les différentes facettes de sa personnalité qu'il montre au reste du monde se reflètent aussi dans ses goûts en relations, il faut croire. + statut civil : il est célibataire, l'a presque toujours été. pas par choix, mais parce qu'il a d'autres choses à se soucier. + occupation : dj à ses heures perdues, il enchaîne également les petits boulots, que ce soit à new york ou au sein de la nouvelle rome, lorsqu'il a besoin d'un peu de calme hors du monde mortel. + groupe : the wild ones.

parent divin : héphaïstos. + pouvoir(s) : le mimétisme métal, qui lui permet, comme le nom l'indique, d'être soudainement... en métal. + illusions de lave, qui lui permettent de donner à un adversaire la sensation d'être recouvert de lave. c'est entièrement mental, la lave n'existe pas, mais si finn souhaite que l'autre ait la sensation que la lave lui court dans les veines ou lui brûle le corps, l'autre le vivra comme si la lave était réelle. + arme de prédilection : une hache, trouvée au fond de la forge de la colonie, qu'il a adoptée sans réfléchir. + particularité : quand il touche une machine, il connaît par coeur le manuel d'instructions de la machine (avec l'index, les pages numérotées, les langues différentes et les schéma).

↘ caractère
c'est le mec plutôt posé, pas forcément optimiste mais pas pessimiste non plus : il prend les choses comme elles viennent. + il tient à se donner un genre pour faire le type inaccessible, c'est juste facile pour rester plutôt solo, que les gens ne posent pas trop de questions. + il n'aime pas spécialement rester immobile à ne rien faire : même si c'est juste pour démonter une machine, réparer un truc, ou marcher sans but, c'est déjà préférable à rester planté au même endroit à prendre racine. + pas forcément doué pour s'occuper de lui-même. + pas forcément doué pour s'occuper des autres, d'ailleurs.  + quand il est stressé, il mange tout et n'importe quoi. + parfois, il cuisine, même, mais il ne le dit pas trop : c'est difficile de croire à l'image du mec mystérieux et distant quand il est en train de sortir des cookies du four... + a tendance à être impulsif, quand on l'attaque directement. + ça lui arrive d'avoir un tempérament de merde, si on presse les bons sujets, il s'énerve facilement. + comme il n'est pas bien doué avec les mots, c'est avec les poings qu'il réagit, et il est difficile à arrêter une fois lancé. + a perdu le sommeil après la guerre, et a du mal à manipuler des armes, ne serait-ce que pour les réparer. il le cache aussi, c'est ridicule, pour un enfant d'héphaïstos. + il a du mal à ne serait-ce que regarder sa hache sans que les flash backs lui reviennent et le laissent incapable de respirer. + il est épuisé, mentalement et physiquement. + quand il se sent vraiment impuissant, il va chercher des noises aux types bourrés dans les bars, histoire d'évacuer l'énergie et de se servir de ses poings. + a plusieurs facettes bien définies, qu'il cultive avec soin et contrôle avec l'adresse que procure l'habitude. + considère que personne ne le connaît vraiment et s'en tient très bien à ça. + reste relativement sociable, sur la surface. il ne dit jamais non à une sortie ou à de la compagnie. il reste juste distant émotionnellement. + il connaît les bonnes adresses des soirées où les choses tournent mal volontairement, et ça lui arrive même de gérer les paris des bastons qui y ont lieu. quand il va vraiment mal, il y participe parfois. + ça maintient son image de mur, qu'il ne faut pas emmerder, après tout. + il se perd un peu dans ce qu'il prétend être, ce qu'il croit être et ce qu'il est vraiment, mais il flippe un peu de découvrir ce qui reste de lui après les batailles, alors il ne cherche pas vraiment. + quand il s'ennuie, il bricole des bijoux avec ce qu'il trouve dans la forge et les offre anonymement aux filles de la colonie, sans mot ou rien. + il aime bien travailler sur les machines, ça l'occupe. et ça le calme, de réparer des trucs. c'est plus facile à réparer que les gens. + ça lui arrive aussi de bosser sa musique, il a un petit clavier pour composer des trucs électros : il s'improvise DJ dans des soirées étudiantes quand il n'a pas trop la flemme. + il n'est pas très fan de l'alcool, il boit surtout aux soirées, mais n'abuse que rarement, il aime avoir l'esprit clair. et puis, c'est compliqué de maintenir une façade quand on est bourré. + pour la symbolique d'héphaïstos #momentpoète, c'est un peu le volcan, justement, qui va paraître tout calme jusqu'à exploser sans prévenir, si on le titille au mauvais moment.

↘ Depuis combien de temps sais-tu que tu es un(e) sang-mêlé(e) ?
Depuis le moment où il a franchi les limites de la colonie, sa minuscule valise à la main. Depuis l'instant où sa mère l'a laissé là et est repartie, avec quelques mots maladroits lui conseillant de ne plus jamais revenir. La découverte n'a rien eu de facile. Un nouvel environnement. Un nouveau père. Une nouvelle famille. Il était le fils d'Héphaïstos qui sursautait au moindre bruit, reculait de quinze mètres aux gestes un peu brusques. Paumé. Pas habitué à un environnement aussi sécurisé. Pas habitué à dormir dans la même pièce que d'autres, aussi, surtout d'autres qu'il ne connaissait pas. La première année avait été un genre d'enfer, différent de celui qu'il avait quitté, mais tout aussi épuisant. Beckendorf l'a aidé, un grand frère solide et une présence calme et apaisante. Charlie, aussi, avec ses attentions discrètes et son silence qui comprenait. Lentement mais sûrement, la colonie est devenue une maison. Une vraie. C'est pour ça qu'il est parti. Parce qu'il s'impliquait trop, abaissait ses barrières. Ca ne change pas la place qu'a la colonie dans son coeur - le premier endroit à l'avoir accueilli et à être sa maison. Le premier endroit où il a pu trouver une vraie famille.

↘ As-tu pris part à la bataille de Manhattan ? Et celle contre Gaïa ? Si oui, à quel camp as-tu choisi d'être loyal(e) ?
La bataille de Manhattan l'a laissé prostré contre un mur des heures durant. La violence, au-delà de ce qu'il pouvait imaginer, a été un choc. Finn se considère comme un bon ami de la violence, après tout. Il l'a subie. Il joue avec, maintenant, pour payer son loyer. Mais rien ne l'avait réellement préparé aux scènes meurtrières auxquelles il a assisté et participé. Il s'est isolé, après ça. Longtemps. Lors de ses combats dans la rue, il redouble d'agilité. Parfois, il se laisse emporter par les souvenirs et ne sait plus s'arrêter.
Ca ne s'est pas arrangé après Gaïa. Loin de là. Sa cicatrice le long des côtes, hideuse et énorme, le lui rappelle régulièrement. Il n'a pas duré longtemps. Figé sur place à un instant stupide, parce qu'une ombre trop familière l'a replongé dans un après-midi pluvieux de ses neuf ans. La griffe a déchiré sa peau comme du papier. Ca ne l'a pas empêché d'user de son pouvoir d'illusions. Le monstre a explosé sous la douleur, et le crâne de Finn a explosé sous la perte d'énergie, de sang, de son esprit aussi peut être. La cicatrice est toujours là, un peu comme les souvenirs. Une longue ligne épaisse et maladroite qui part de ses côtes et rejoint sa hanche, où la peau blanche semble avoir fondu légèrement. Il la déteste.

↘ Et maintenant, que deviens-tu ?
Les souvenirs sont en flash, pesants, violents, impardonnables. Ca le rend dingue. De savoir que toute sa vie, toujours, a été guidée par la violence. Ca le rend malade. Et résigné, aussi. C'est pour ça qu'il continue, qu'il va s'incruster dans les combats de rue pour frapper, frapper, frapper jusqu'à ce qu'on annonce sa victoire. C'est pour ça qu'il enchaîne boulot sur boulot, a besoin d'être toujours en mouvement. Ca lui fait oublier les souvenirs, puis surtout, ça l'empêche de s'arrêter deux minutes et de se dire que c'est la merde. Il a beau être plutôt pragmatique, il a ses limites.
Pour le reste, il est juste paumé. Il sait pas trop où il va - il sait pas non plus qui il est, ça tombe bien. Il fait avec, prend les choses comme elles viennent. Un jour après l'autre. On verra ce qu'il se passe.
derrière l'écran
sixty | lea
âge : quatre-vingt douze ans. + présence : j'ai une bonne présence, surtout sur scène (*faux applaudissements du public*). + personnage inventé ou scénario/pv : inventé. + un dernier mot ? j'ai faim en fait
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Finn Rosenwald
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born to fail

C'est le bordel, dans le quartier. Ils approchent du 4 juillet, et partout dans le pays, ça commence à sentir un peu la fête. A New York, c'est encore pire. On annonce des festivités, les affiches sont colorées, des bandes de jeunes ressortent des supérettes les bras chargés de tous types de bouteilles et tout autant de gâteaux apéro. Finn, le poignet enserré par les doigts fins de sa mère, il observe ça d'un oeil sombre. Il déteste les fêtes comme ça. C'est toujours ces soirs-là que Tyler est le pire. C'est la fête, et aux fêtes, on boit. A l'école, Reagan lui a raconté que l'année dernière, son oncle était saoul et qu'il racontait n'importe quoi. Finn a haussé les épaules - lui, quand Tyler est saoul, il n'écoute pas ce qu'il raconte : il se fait minuscule, et quand il le peut, il se planque. Reagan le sait déjà, il lui a raconté quand ils étaient tous les deux à la balançoire. C'est Reagan qui lui a proposé de lui apprendre à donner des coups de poings - Reagan, il se met toujours dans les bagarres, et c'est lui qui a ordonné aux jumeaux Jones de le laisser tranquille. Depuis, c'est toute l'école qui le laisse tranquille. Quand Reagan et lui vont dans un coin de la cour, on leur fiche la paix. C'est là que Reagan, loin des yeux de leurs camarades et de ceux des surveillants, lui apprend à frapper. Finn ferme son poing minuscule et ils miment des combats. C'est le grand-frère de Reagan qui lui apprend à se battre : il a un punching ball dans la cabane du jardin et il s'entraîne dessus, et parfois, il laisse Reagan frapper aussi. A l'école, Reagan lui apprend comment mettre plus de force dans ses coups. Il à l'impression que ça ne change rien, mais quelque part, ça les occupe et ça lui fait du bien aussi, de se défouler. Il s'imagine que Tyler est face à lui, et il frappe l'air de toutes ses forces. Il aimerait bien avoir le courage de le faire en vrai, mais il a juste trop peur. Du haut de ses cinq ans, il ne fait pas le poids.
Depuis qu'ils ont emménagé à New York, sa mère ne travaille plus. Alors c'est elle qui vient le chercher à l'école, et qui le ramène d'un pas pressé, en le traînant derrière lui pendant que Finn essaie de garder le rythme. Elle est toujours pressée, Sofia. Pas parce qu'elle a plein de choses à faire, mais parce que ça énerve Tyler, quand elle ne va pas assez vite. Alors, même avec Finn, elle est pressée. Elle lui apprend à l'être aussi, comme ça, c'est pour pas énerver Tyler encore plus. Là, elle le tire par le poignet parce qu'ils sont en retard. Ils ne sont qu'à quelques pas de l'appartement pourri qu'ils habitent (Finn s'est rendu compte qu'il était nul quand il a vu celui de Reagan : il y avait tellement de lumière qu'il se croyait encore à l'extérieur). Quand ils arrivent dans les escaliers, elle le lâche, mais le presse à demi-mots. La façon dont elle soupire quand ils passent enfin la porte de l'appartement tire un frisson à Finn. Tyler est déjà là, appuyé dans l'encadrement de la porte, ses cheveux en bataille comme un nid d'oiseau sale sur sa tête, et sa chemise qui à l'air d'avoir envie de craquer à force d'enserrer Tyler. Finn la comprend, lui n'aurait pas aimé être tout contre Tyler non plus. Il a déjà déchiré tout un tas de chemises, d'ailleurs, quand Sofia les avait mal repassées. "Vous êtes en retard." Tyler aime bien souligner les choses qui sont évidentes. Finn commence à se glisser dans le couloir, en direction de sa chambre. Sofia commence à dire des excuses, des jolies phrases pour se justifier, avec sa voix d'oiseau qui chante, mais Finn n'a même pas atteint sa chambre qu'il entend le bruit sourd qui veut dire que sa mère a été projetée contre le mur. Il s'arrête, ferme les yeux. Il sent que ses mains tremblent, alors il lâche son sac d'école, et entrouvre la porte de sa chambre. Mais il n'entre pas, parce qu'il entend que Sofia pleure. C'est à Reagan qu'il pense, avec son air de super héros prêt à en découvre, quand il retourne dans l'entrée, et sans réfléchir, frappe Tyler juste dans le nombril, avec toute sa force. Tyler ne réagit même pas, il baisse les yeux, et Finn s'agenouille auprès de sa mère, sans le quitter du regard. Tyler est immense, un vrai géant, et il sent toujours quelque chose de fort qui le fait grimacer quand il parle trop près de son visage. Il a le même regard que les méchants de dessins animés, avec quelque chose qui brille dedans et qui le fige avec la peur. Il ferme les yeux avant même que Tyler ne l'empoigne. Il se débat quand même quand il le traîne dans le couloir pour le jeter dans sa chambre, sur le sol. Son poignet se tord quand il heurte le sol, et son crâne frappe le rebord du lit. La porte se referme dans un claquement, et il reste enfermé dans le noir, mais il n'y fait pas attention : déjà, les larmes lui montent aux yeux et il sent la douleur qui lui donne l'impression qu'il a quelque chose d'enfoncé dans la tête.

Sofia a les yeux fixés sur l'écran de télévision, et Finn est en train de faire rouler une petite voiture que Reagan lui a prêté le long du canapé. La femme à la télévision parle, mais il n'écoute pas vraiment. Jusqu'à ce qu'il regarde. "Maman?" La voiture est arrêtée juste à côté de la tête de Sofia, qui n'y prête pas attention. Sur l'écran, les avions s'écrasent. Sofia se détourne de l'écran, sans un mot, et le prend dans ses bras. Il ne comprend pas.
Tyler est à l'hôpital. Comme beaucoup de monde. On le leur a expliqué, à l'école. Les avions, les tours. Tous les gens blessés ou morts. Les tours de la télévision, c'était là où Tyler travaillait. Il a eu de la chance, c'est ce qu'ont dit les médecins à Sofia, alors que Finn jouait à déconstruire et reconstruire un camion avec les Lego de la salle d'attente. Tyler avait l'air en colère, quand ils sont allés le voir et qu'il était réveillé. Depuis, Finn préfère rester dans la salle d'attente, pendant que sa mère reste avec Tyler. Il n'a jamais passé si longtemps sans la présence de Tyler à l'appartement. Sa mère le laisse regarder la télé le matin. Elle est toujours pressée, mais elle ne le presse plus autant. Ca fait comme des vacances. Il a même pu aller à l'anniversaire de Reagan, qui fêtait ses six ans. Ils n'étaient pas nombreux, parce que les parents n'aiment plus trop laisser leurs enfants sortir depuis les avions, mais ils ont pu jouer avec la gameboy de Reagan. C'était la meilleure journée de toute sa vie, et c'est ce qu'il a annoncé à Sofia quand elle est venue le chercher. Elle s'est contentée d'un sourire triste.
Quand Tyler revient, il est en colère. Sofia dit que c'est parce qu'il est triste, parce qu'il a perdu des collègues, des amis, et qu'il n'arrive pas à pleurer. Il boit, à la place. Finn a appris à identifier l'odeur très forte comme étant celle de l'alcool qu'il boit, et Reagan lui a expliqué que l'alcool rend les gens un peu fous, comme son oncle aux fêtes et son grand frère quand il rentre tard le soir. Finn lui a répondu que ça rend Tyler méchant. Depuis les avions, Tyler ne le laisse même plus se cacher dans sa chambre : il l'a déjà jeté contre la table de la cuisine, pendant que Sofia baissait la tête et regardait ailleurs. Ca aussi, ça faisait mal, presque autant que les coups de Tyler. A l'école, ses bleus s'accumulent, mais comme il est souvent avec Reagan à jouer à la bagarre, personne ne pose de questions. Finn n'en parle qu'à Reagan, qui continue de lui apprendre à se battre, parce qu'un jour, il sera assez grand pour que ça fasse mal pour de vrai. A l'appartement, quand Tyler ne s'en prend pas à lui, il reste silencieux, dans sa chambre, et bricole avec ce qu'il ramène dans ses poches de la rue et de l'école. Ca lui arrive de faire des bracelets pour les filles de l'école, il les glisse dans leurs casiers, et il les voit les porter un peu plus tard en se chuchotant des rires. C'est bête, mais ça le fait sourire, parce qu'au moins, il donne le sourire même quand il est juste enfermé dans sa chambre.

Et les années passent et restent identiques. Les filles se lancent dans une enquête pour trouver celui qui leur offre des bijoux en secret, mais ne trouvent jamais. Lui, il ne dit rien. Ca fait rire Reagan. Finn se réfugie parfois chez lui, après l'école, pour retarder le moment où il devra rentrer à la maison. Quand il rentre, les choses sont les mêmes, mais cela n'empêche jamais la peur de le prendre au ventre. Il en est venu à détester l'appartement. Il en est venu à en vouloir à sa mère, aussi, de ne rien faire. Même si elle aussi est parfois couverte de bleus, elle peut faire quelque chose - pas comme lui.
Puis vient le coup de trop. Il a douze ans, et il rentre de l'école. Il a grimpé les escaliers jusqu'à l'appartement, sans vraiment regarder où il allait, et il a cogné dans Tyler, qui l'a empoigné et projeté en arrière. Dans les escaliers. La chute est brève, puis le noir. Quand il se réveille, il a mal à la tête, il a mal partout, en fait. Il est en bas des escaliers, dans le noir - parce que l'ampoule de leur palier est grillée et que personne ne la remplace - et il tremble. De froid, de douleur, de quelque chose d'un peu plus fort que la peur. C'est là que ça le saisit. Il ne peut plus rester là. Il ne peut pas. Quand il parvient à se relever, les jambes tremblantes, il constate qu'il saigne. Il a une entaille juste au-dessus du sourcil, et le sang commence déjà à sécher. Ca ne fait que renforcer sa pensée. Il monte les escaliers, pousse la porte de l'appartement, et Sofia se fige dans le couloir. Elle ne dit pas un mot. Il ne dit rien non plus. Il entre dans sa chambre et, comme possédé, agit sans réfléchir une seule seconde : il empoigne son sac, le vide de ses cahiers, et commence à fourrer dedans tout ce qu'il trouve. T-shirts, jeans, les boulons et autres gadgets qu'il a ramassé, la pièce souvenir de France que Reagan lui a ramené deux ans plus tôt. Il referme le sac avec difficulté, et quand il se retourne, Tyler est dans l'encadrement de la porte. Sofia erre quelque part derrière lui. "Finnley." La voix de Tyler prononce son prénom, mais on dirait plutôt qu'il profère une menace. Finn avance jusqu'à lui. Il s'arrête juste devant lui, lève les yeux, et même s'il a peur, il sait qu'il ne peut pas rester là. C'est la seule chose dans son esprit. Il doit partir. Tyler s'empare de sa main, qui tient le sac. De l'autre main, Finn frappe. Et cette fois, quelque chose se passe, sa main prend un éclat métallique, et il entend l'air qui s'échappe de la bouche de Tyler au moment où son poing entre en contact avec son estomac. Il n'a pas dû lui faire très mal, mais la surprise le fait reculer, et Finn est rapide comme l'éclair. Il se faufile derrière lui, passe devant sa mère, et atteint la porte d'entrée. La poigne de fer de Tyler s'empare de son épaule juste avant qu'il ne puisse l'ouvrir. "Lâche-moi !" Il a hurlé, la voix stridente. Il ne sait pas si c'est ça, mais Tyler recule brusquement, comme brûlé, et lui jette un regard étrange, plein de haine mais aussi de quelque chose de bizarre. On dirait de la peur. Finn n'attend pas de savoir : il tourne les talons, ouvre la porte d'entrée et part le plus vite possible. Dans la rue, il court, malgré le fait qu'il ait encore mal partout. Quand il atteint le parc, il se glisse dans un coin et il reste là jusqu'à s'endormir.
On le retrouve le lendemain matin. Quand il se réveille, c'est d'avoir été secoué par une main inconnue. L'uniforme saute aux yeux, et quand il essaie de se lever, sa jambe peine à le tenir, et il a des courbatures dans tout le corps. Sa tête est lourde, aussi, la douleur pulse là où il a saigné. Il a froid et faim. Le passage à l'hôpital se fait dans le brouillard, les images floues et les voix distantes. Quand il revient à lui, Sofia et Tyler sont là. La boule dans sa gorge est si grosse qu'il ne peut pas parler. Alors il se tait.
Tout est comme avant, mais pas tout à fait. Tyler a peur de lui. Alors il frappe plus fort, quand Finn ne s'y attend pas. Avant qu'il se réveille le matin, quand il sort de la salle de bain, à l'instant où il rentre de l'école. Quand il a le dos tourné, ou quand il a le malheur d'être trop plongé dans ses pensées. Il s'oblige à être attentif en permanence. Il s'oblige à rester alerte. Il apprend à être réveillé par le moindre son. Ca n'empêche pas les bleus qui s'accumulent. Ca n'empêche pas qu'il retourne à l'hôpital pour un poignet cassé. Ca n'empêche pas la peur. Il n'essaie même plus de demander pourquoi. Les choses sont comme ça.

Le paysage défile derrière les vitres de la voiture. Du bout du doigt, Finn dessine des rouages dans la buée. Ils ont quitté New York quelques minutes auparavant, mais Sofia a encore l'air nerveuse. Il ne sait toujours pas où ils vont. L'année scolaire vient de finir, ce qui veut dire qu'il va encore passer un été à errer dans l'appartement, à dormir à peine, à attendre que l'école reprenne pour qu'il puisse échapper ne serait-ce qu'un instant à l'atmosphère étouffante et dangereuse de l'appartement. Du moins, c'est ce qu'il imagine. Il a bien vu la petite valise que sa mère a remplie - une seule, avec ses affaires à lui dedans. Il ne sait pas où elle l'emmène. Peut-être qu'elle va enfin se débarrasser de lui. Parce qu'elle non plus, ne veut pas de lui. Sinon, elle aurait dit quelque chose à Tyler. Elle aurait fait quelque chose, plutôt que de détourner le regard.
Ils roulent longtemps, et Finn perd la notion du temps. Il noue et dénoue les lacets de son sweat-shirt élimé. La radio crachote des chansons qu'il ne connaît pas. Sa mère n'arrête pas de regarder dans le rétroviseur, les mains blanches de serrer le volant trop fort. Quand ils s'arrêtent, ils sont au milieu de nulle part, et une pierre lui tombe dans le ventre. Elle veut vraiment l'abandonner. Il n'a que quatorze ans, il ne saura pas se débrouiller seul, il n'a jamais été seul, et la peur est toujours là, même quand il est à des kilomètres de Tyler. La boule dans sa gorge grossit, l'étouffe. Sa mère sort la valise du coffre, et vient s'agenouiller près de lui, juste à côté de la voiture. Elle désigne la colline, derrière elle. "Il va falloir que tu marches jusque là-bas. Il y a des gens... Des gens qui t'expliqueront." Finn ne répond pas, cligne des yeux, ravale la panique. "Quels gens ? Où est-ce qu'on est ?" Sofia soupire, et son regard brun affiche un regard doux, même s'il y voie toujours la nervosité. Elle a vieillit, il le remarque, maintenant. Elle a l'air fatigué. "Dans un endroit pour ceux comme toi. C'est ton père qui a voulu que je t'amène ici." Il ne répond pas. Il ne comprend pas. Tout ce qu'il sait, c'est qu'elle l'abandonne. Un long silence prend place entre eux deux, et elle finit par le serrer contre lui, brièvement, comme si elle était distraite. Enfin, elle le regarde dans les yeux, et ajoute. "Je pense qu'il serait mieux que tu ne reviennes jamais à l'appartement. Tu comprends ?" Non. Il hoche la tête. Après un instant, elle remonte dans la voiture, et le laisse là. Il s'assoit dans l'herbe, cligne des yeux pour que les larmes cessent de brûler, et après un long moment, il s'empare de la valise minuscule, et grimpe la colline. Il a mal partout - son poignet a mal guéri, alors il a souvent mal, et il a quelques bleus sur les côtes, sans compter son épaule qui a probablement été tordue trop fort. Mais là où il a le plus mal, c'est au coeur.

Beckendorf travaille à quelques mètres de lui. Il y a un côté rassurant dans sa présence, et ce depuis le jour où Finn a été accueilli dans le bungalow Héphaïstos. La première année, Finn a inconsciemment gravité autour de lui, parce qu'il dégageait ce truc imposant qui le rassurait. Il faut dire que la première année, il ne faisait pas grand chose. Il ne participait pas aux entraînements. Il était incapable de s'emparer d'une arme et de ne serait-ce qu'esquisser un mouvement agressif en direction de ceux qu'il croise tous les jours. Il sursautait, reculait, se figeait, sentait la peur revenir d'un coup dès que l'on s'attaquait à lui. Parfois, même les gestes les plus ordinaires le faisaient reculer violemment. Une situation un peu trop proche d'un souvenir, un rire trop fort, une main levée trop haut. La première année a été un enfer. C'est ce qui lui a fait comprendre que même absent, Tyler le tient toujours. Ca ne l'a pas empêché de découvrir la colonie et de s'y plaire. Il y a un poids en moins, dans le soleil agréable qui recouvre l'endroit, dans la chaleur brûlante de la forge ou dans les rires qui résonnent lors des repas. Il aime cet endroit. "Rosenwald. Je pense que si tu aiguises encore plus ton épée, elle va disparaître." Il redresse la tête, soulève l'épée avec une mine contrite pas très convaincante. Quand il va la ranger, il croise Charlie. L'espace n'est pas phénoménal, donc ils se frôlent au passage, mais ça ne lui tire pas vraiment le frisson anxieux qui le parcourt généralement. Le contact avec ses frères et soeurs est une habitude, maintenant. Quelque chose de familier. Du contact sans la douleur et sans la peur. C'est un concept qu'il explore doucement.
"Si Finn se casse, j'peux prendre son lit ?" "Va te faire voir, Nyssa." L'intéressé répond avec un regard noir. Il quitte la colonie, mais il reviendra de temps en temps. Il tient à son lit. C'est quelque chose qui est à lui, c'est son endroit, et tout le monde respecte le coin des autres, au bungalow. C'est la première fois qu'il a quelque chose qui lui appartient vraiment à lui. Nyssa plaisante, il le sait, mais ça lui met quand même un coup. Beckendorf s'adosse contre le mur, bras croisés. Ca se voit que ça lui déplaît. "Ton lit attendra ton retour, j'y veillerais." Il lâche, avec un regard pour Nyssa, qui fait mine d'être terriblement attristée. Quelle comédienne. Charlie est silencieuse, elle. Finn à l'habitude. Il sait qu'elle ne lui en voudra pas. Elle est du genre à comprendre sans avoir à le dire. Il vient de leur annoncer qu'il quitte la colonie. Il a dix-sept ans, et personne ne devrait laisser un adolescent partir seul dans une ville comme New York, mais il ne peut pas rester là. Ces trois dernières années, il est devenu trop proche de la colonie. Il est trop en sécurité, il baisse sa garde. Il a appris à manier sa hache, et même s'il sait désormais apprécier l'équilibre d'une lame ou l'éclat particulier du bronze céleste, le combat en lui-même lui déplaît. L'entraînement lui déplaît. Il sent qu'il y a une retenue dans ses combats, et il a peur que quelque chose cède avec le temps. Il a peur que tout explose, encore une fois. Il a baissé sa garde, ces dernières années, et il doit prendre ses distances. Il a attendu d'avoir trouvé un job et un appartement avant de l'annoncer. Ca passe mieux, avec ses frères et soeurs. Il sait que Nyssa va lui en vouloir, mais il espère que ça ne durera pas. Il tient à sa famille, puisque c'est ce qu'ils sont devenus - une vraie famille, de celles qui te défendent et ne baissent pas les yeux quand on t'attaque. De celles qui ne t'attaquent pas non plus. "Je reviendrais de temps en temps, de toute façon." Il lâche, et ils sont tous un peu mal à l'aise, parce que les au-revoir et autres sentiments ne sont pas vraiment dans le top des compétences des enfants d'Héphaïstos. "Faut bien que tu reviennes, ta hache va rouiller, ce serait honteux." Il y a quelque chose de tendu dans la voix de Nyssa, mais il ne répond pas. Quand il passe son sac sur son épaule, il pose le bout des doigts sur le bras de Charlie, laisse Beckendorf l'attirer contre lui dans un demi-câlin un peu bizarre, et embrasse la joue de Nyssa avant de lui glisser le pendentif à l'éclat doré qu'il a bricolé quelques heures plus tôt. Un instant plus tard, il se tient debout dans l'encadrement de la porte du bungalow. "... Faites attention à vous, tout ça." "Toi aussi," répond Beckendorf, la chaleur dans la voix. "C'est ça," répond Nyssa, un sourire dans la voix. "Ok," répond Charlie, absolument rien dans la voix. Classique. Il se détourne et part.

Son job est merdique. Il récure la vaisselle, les chiottes, le sol du restaurant qui est tout fêlé et impossible à nettoyer - c'est déjà tout un sport de différencier les vraies taches de saleté et celles qui sont incapables d'être effacées. Son job est merdique, mais il est speed, et il l'occupe. C'est tout ce dont il a besoin. Il n'est pas très heureux, dans son coin de Brooklyn, à bosser toute la journée sans discuter plus que le temps de la pause clope avec le cuistot qui semble n'avoir appris aucune règle d'hygiène pour sa cuisine. Il ne parle pas beaucoup non plus. Faudrait pas qu'il se rapproche d'eux comme à la colonie. Il y pense souvent, en plus. Il y passe un peu moins souvent. C'est bizarre, de se ramener comme un invité quand il y a vécut les trois années de sa vie qui lui ont appris à guérir un petit peu. Les enfants d'Apollon ont fait des miracles sur son poignet, quand la douleur devenait trop forte après une journée à la forge : maintenant, après une journée à faire la vaisselle, il a juste mal et il doit faire avec. Ca rappelle des souvenirs. Pas forcément des bons. Il n'en laisse rien paraître, parce que le boss sait que les gamins à la recherche d'un job, y'en a à la pelle : si son employé montre un signe de faiblesse, il peut le remplacer dans la seconde. Et aussi merdique soit-il, Finn a besoin de ce job. Pour payer son appartement tout aussi merdique, par exemple. C'est juste un studio trop sombre, éclairé par une ampoule plaquée contre un mur, avec un lit une place et un petit bureau dont il ne sert jamais. Il est situé juste au-dessus d'une salle de sport. Les deux premiers mois, il n'y a pas fait attention. Et puis, après une journée de merde, il s'est engouffré dans la salle, et a observé. Pendant une semaine, c'est tout ce qu'il a fait. A la fin de la semaine, il s'est avancé alors que deux types étaient lancés dans un combat qui mêlait - sûrement - plusieurs arts martiaux. Il n'a pas tenu deux secondes contre le premier type. Le second lui a tendu la main, l'a aidé à se relever, et lui a ordonné de revenir le lendemain. Depuis, il y va tous les jours après le travail. Il a découvert que quelle que soit l'heure, il y a toujours quelqu'un qui traîne à la salle. Toujours quelqu'un pour lui apprendre à se défendre, à attaquer. Toujours quelqu'un pour se défouler. Ca fait ressortir la colère qu'il a enfouie toutes ces années, et quand il s'entraîne, il visualise Tyler, et cette fois, ce ne sont pas des poings minuscules qui frappent l'air, mais une succession de poings et de pieds rapides qui touchent leurs cibles presque à tous les coups. C'est libérateur. Addictif.

Les gars, à la salle, l'ont un peu adopté. C'est ce qu'ils lui ont dit, dans un concert de voix bourrues et d'insultes prononcées avec affection. Tommy a apparemment repéré sa date de naissance sur ses papiers quand il s'entraînait quelques mois plus tôt : c'est pour ça que, dans le froid d'un douze janvier, ils l'entraînent jusque dans un coin pas fameux de leur quartier. "Nous, à ton âge, on gagnait notre vie dans la rue," lui explique Tommy de sa voix déformée par la cigarette. "Et on pense que t'es un gars comme nous, maintenant." Venant des gars, c'est quelque chose proche de "t'es notre famille", alors Finn est touché. Il n'en dit rien, ils ne sont pas comme ça, mais ça le touche. Quand ils débarquent dans la salle au plafond bas, éclairée au centre, il y a un monde fou. Que des types comme eux, un peu paumés, quelques filles, aussi, qui dévisagent le monde avec le défi inscrit sur le visage. Tommy l'empoigne par le bras, l'approche de lui. "Si tu te débrouilles pas mal, tu peux te payer ton loyer avec ce que tu gagneras ce soir." Finn comprend immédiatement. Il est touché, mais d'une autre façon. Les gars l'ont fait bosser dès qu'il avait une minute pendant la dernière année. S'ils l'emmènent là - parce qu'ils en ont déjà parlé, c'est qu'ils lui font confiance. Qu'ils pensent qu'il est prêt. C'est le meilleur cadeau d'anniversaire qu'il ait pu recevoir. Se battre sans retenue. Gagner. Ils regardent le premier combat, la foule hurle ses encouragements, et il hurle avec eux. Ca le rend ivre, cette violence, cet instant partagé où tous observent le combat et partagent les mêmes réactions aux coups portés avec une perfection proche du mécanisme. Quand Tommy le pousse au centre, il est prêt.
C'est tous les jeudi soirs, maintenant. A vingt heures, il rejoint Tommy et les autres devant la salle, puis ils se rendent à l'intérieur. Il se fait parfois plus qu'au restaurant. Il est vif, et il a appris à utiliser son pouvoir avec subtilité. Il ne n'utilise que rarement, ceci dit. Il y a quelque chose qui explose dans sa poitrine chaque fois qu'on annonce sa victoire et que la foule hurle pour lui. Il rentre couvert de bleus, plein de courbatures, comme avant, mais pas vraiment : cette fois, c'est parce qu'il a gagné qu'il est dans cet état. Il reste sociable, parle un peu plus à la pause clope au restaurant, partage quelques anecdotes avec Tommy et les gars, reste pour boire une bière de temps à autres. Il évite ses ennemis, ceux dont les défaites ont été humiliantes. Ca marche plutôt bien. Il n'a été coincé qu'une fois dans une ruelle, et ces types là ne sont plus autorisés à revenir combattre. Il en a gardé une côte cassée quelques temps, mais il n'est plus à ça près. Son poignet le fait toujours souffrir, mais il prend ça comme un memo, un post-it, qui lui rappelle qu'il ne peut plus laisser qui que ce soit le blesser comme le faisaient Tyler et Sofia. Il ne peut plus laisser personne s'approcher d'aussi près. Il passe toujours à la Colonie, brièvement. Il traîne à la forge avec Beckendorf, qui observe ses bleus et sa nouvelle assurance tranquille d'un oeil sombre, ramène des shorts en jean à Nyssa, partage un pack de bières avec Charlie dans un silence confortable. Il y a une nouvelle distance, celle qu'il voulait maintenir en partant, et ça lui convient parfaitement.
C'est un jeudi soir qu'il le revoit. Il sort d'un combat qui compte sa huitième victoire à la suite, et glisse déjà les billets gagnés dans sa poche. Il a la pommette éclatée, son oeil gauche voit un peu trop flou à son goût, et il a encore l'impression de sentir l'impact du pied qui lui a frappé l'estomac, mais il se sent bien. Il a gagné. C'est là qu'une main se pose sur son épaule, et qu'une voix familière mais pas tant l'interpelle. "Finnley ?" Il se retourne. "C'est Finn, juste Finn." Reagan n'a pas changé. Jusque dans la rougeur constante sur ses joues, l'éclat malicieux de son regard brun. Reagan l'observe. "T'as le temps pour un café ?" Finn hausse les épaules. Distant. "J'ai fini de bosser." Ils sortent de la salle après que Finn ait adressé un signe aux gars. Tommy lève le pouce, et une fois à l'air libre, Reagan se tourne vers lui. "Mon frère me parlait de ce type qui est rapidement devenu le petit favori du public. J'aurais jamais imaginé que c'était toi." Il y a quelque chose d'étrange dans l'atmosphère. "J'ai eu de meilleurs professeurs que toi, faut croire." Reagan émet un son entre le rire et l'offense. "J'avais sept ans quand je t'apprenais, c'est pas comparable !" Il fait une pause, puis reprend. "J'étais content d'apprendre que tu t'en étais sorti, quand ta mère a dit que tu étais quelque part en sécurité. J'pensais pas..." Il semble hésiter, et Finn arque un sourcil, l'indifférence inscrite sur son visage, l'anxiété logée dans son estomac. "J'pensais pas que tu deviendrais un peu comme ton père." Reagan le lâche brutalement, mais d'un ton un peu perdu, confus. Comme si en l'observant le temps d'un combat, il y avait vu Tyler. Finn ne réfléchit pas, ne pense pas. La comparaison le fauche comme un coup trop bien placé. Il réagit immédiatement. Il frappe. Quand il retrouve ses esprits, son poignet est douloureux, ses poings couverts de sang, et le visage de Reagan est difficile à reconnaître. Ils ne disent rien. Il n'y a rien à dire. Le soir-même, Finn renonce à dormir, et il va cogner les sacs de frappe dans la salle sous l'appartement jusqu'à ne plus rien sentir.

Y'a trop de sang sur ses mains. Trop du sien sur le bitume. Plus grand chose dans son coeur. Manhattan. La bataille est finie. Chacun rentre chez soi. Dans son appartement pas éclairé, il s'effondre. Il n'a plus de larmes à verser, mais il se vide l'estomac contre la cuvette des toilettes, et reste là de longues heures. Peut-être plusieurs jours. Quand il parvient à se redresser, le miroir lui renvoie son reflet encore couvert de sang. Il s'est rouvert l'arcade, au même endroit que des années plus tôt, et le sang a coulé le long de son visage. Ses mains aussi, en sont recouvertes. Ce n'est pas juste le sien. Quand il cligne des yeux, les images du combat lui reviennent. Sa main tremble. Ils ont gagné, au moins. Beckendorf et Neal ne sont pas morts pour rien. Ca lui donne envie de rire : bien sûr, qu'ils sont morts pour rien. Deux personnes de plus à rayer de sa vie. Y'a un sacré schéma, dans son histoire. Ils partent tous.
Ses combats reprennent. Tommy l'encourage à coups de claques dans le dos. Il vide des packs de bières avec Charlie. Il a changé de job plusieurs fois, pendant que le petit nouveau de la salle lui apprenait à composer tout et n'importe quoi sur son clavier. Il a commencé à composer des sons électro, qu'il colle sur internet. Il les diffuse aux oreilles de Charlie pour la réveiller le matin, et la voir de mauvaise humeur le reste de la journée. Ca l'occupe. Quand il se bat, il se laisse trop vite emporter. Il gagne quand même, et il a largement de quoi payer son loyer. C'est l'essentiel. L'appartement déborde de plats de cookies, muffins et autres cannelés qu'il ne mangera pas - il les dépose souvent au bureau des associations du coin. Ca aussi, ça l'occupe. Les flash backs reviennent moins souvent, mais ils sont là. Quand les images déferlent, il peine à respirer. C'est là qu'il va à la salle, et frappe, frappe, frappe. Il s'enfonce un peu trop là-dedans, Charlie lui a fait comprendre à demi-mots, mais il essaie de ne pas y penser. Le visage de Reagan, quelques temps plus tôt, lui revient souvent en mémoire. Le reste du temps, il contrôle son image. Il repasse à la Colonie. Adresse des sourires. Dépose des bijoux devant les portes des bungalows. Garde ses distances.

Il balance le double des clés à Charlie, qui les attrape au vol. "Bienvenue chez nous," qu'il lâche, laconique. Ca fait près de deux semaines qu'ils ont emménagé, mais le temps de faire faire les clés, ils ont dû faire avec un seul jeu. De toute façon, le verrou de l'appartement est facile à crocheter (sûrement). L'appartement est aussi bien éclairé que celui de Reagan dans ses souvenirs. La vue qu'ils ont est vertigineuse. Ca lui tourne la tête la moitié du temps, mais il aime bien. Leur colocation s'est faite sur un coup de tête, la découverte d'une annonce d'une grand-mère un peu confuse, leur conversation nonchalante. L'annonce lui était restée dans la tête plusieurs jours avant qu'il n'en parle à Charlie. Leur visite s'est faite le lendemain, en compagnie de la vieille femme qui a répandu son parfum au jasmin dans tout l'appartement. Finn a quitté l'appartement au-dessus de la salle sans hésiter, pour habiter deux blocs plus loin. Ca le rapproche du club, puis il reste pas bien loin de Tommy et des autres. Le nouvel appartement est immense, si lumineux qu'il a du mal à s'y habituer. Ils ont chacun leur chambre, et mine de rien, il est content de voir que la sienne ferme à clé. C'est pas qu'il manque de confiance. C'est juste l'habitude. Les murs sont en papier, par contre, il peut pratiquement entendre Charlie marcher à travers les murs, mais ça ne l'inquiète pas : c'est pas comme si lui ramenait du monde tous les quatre matins. Il a encore du mal avec le concept d'être complètement à nu et vulnérable devant quelqu'un d'autre. Quand il se bat, c'est autre chose. Et il continue, d'ailleurs. Il ne sait pas vraiment si Charlie est au courant. Elle est loin d'être stupide, de toute façon : quand il rentre couvert de bleus, un sac de glace contre la pommette et l'oeil violacé, parfois injecté de sang, c'est pas parce qu'il trie des perles au boulot. Mais il paye le loyer, et même si elle n'est au courant, elle n'a pas grand chose à dire. Beckendorf râlerait, lui, mais il n'est plus là, alors il ne peut pas dire grand chose. Il attendait toujours d'avoir guéri quand il lui rendait visite, avant. Fallait pas faire peur à Neal, non plus. Maintenant, il attend toujours, pour pas grand chose. C'est mécanique. Tant pis.

"Y'a plus de lait." Il lâche. Charlie lève à peine les yeux vers lui. Ils s'en tapent tous les deux, au fond, aucun d'entre eux ne boit de lait. C'est juste pour la forme. Faut bien maintenir un semblant de normalité. Regardez, on se tient informé de la liste des courses, on est ordinaires.  Après Gaïa, il a quitté la colonie directement. Les Apollon n'ont pas pu l'approcher, et il a dû guérir naturellement. Douloureusement. La blessure est encore sensible, longue marque rouge qui serpente de ses côtes à sa hanche. Il ne peut plus se battre, plus vraiment en ce moment. Pas assez bien pour gagner. L'avantage, c'est que Charlie est dans le coin. Pour le loyer, au moins. Pour la compagnie, aussi. Même s'ils sont tous les deux dans le même état. De temps en temps, Nyssa s'incruste, aussi, et s'enroule sur le canapé pour dormir de longues heures. Ils ont quand même leur petite famille. Quelque part, entre les blessures et la souffrance, ils sont encore là. Sûrement. C'est temporaire, mais ça le rassure. Il garde ses distances. Ne parle pas trop, ne révèle rien. Maintient son image et ses facettes. Il n'a pas cuisiné depuis la bataille, malgré les émotions qui le rongent. Il les tient à longueur de bras, pour être sûr que ça ne se reproduira pas - l'attachement. Beckendorf le lui a fait comprendre. Et si, dans sa solitude, il crève d'envie d'être dans les bras de quelqu'un et d'être compris, ne serait-ce qu'un peu, tant pis. Les risques sont trop grands. Ou quelque chose comme ça.

Charlie est retournée à la colonie. Mine de rien, il s'est senti abandonné. C'est pas la faute de Charlie, à force de la tenir à distance, c'est normal qu'elle se barre. Il se serait barré aussi. Sa blessure a guéri, et il a retrouvé son appartement au-dessus de la salle de sport. Il a repris les combats, parce que c'est sûrement ce qui continue de le faire fonctionner. C'est plus rare, quand même. Il évite, mais quand ça va vraiment mal... Quand les souvenirs sont trop vifs ou que sa poitrine se serre, il fonce. Le reste du temps, il mixe des chansons commerciales aux soirées étudiantes pour se faire un peu d'argent. Il ne sait pas quoi faire de sa vie - merde, il ne sait même pas vraiment qui il est. Et il garde ses distances. Il est sociable, faut pas croire : il rigole avec certains amis de la colonie, demande des nouvelles. Mais il garde ses distances. C'est plus prudent. Faut bien se protéger. Même si la solitude est pesante, étouffante. Faut faire avec.
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Ronan Byrne
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PREUMS. :string: :string:
JE SUIS CONTENT.
(maintenant je lis)

edit: bby :aw:

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Dans la nuit, j’ai la foule, les liquides bleus fluo qui me protègent de moi. Dans la nuit, j’ai les néons, les courants de chaleur qui me protègent de mes démons.
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Zadig P. Lyndon
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Punaise **
Mais tous tes persos sont :bave: Genial! Hépha en plus quoi. Et les pouvoirs. J'aime j'aime j'aime!!

Bref je viendrai relire tout ça quand j'aurai un ordi :mdr:

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It's gonna be alright...
Nothing is softer or more flexible than water, yet nothing can resist it. - Lao Tzu. ~ byendlesslove.
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Finn Rosenwald
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ronan :aw: :mdr:

héhé, merci zadig, j'espère que le reste plaira autant :héé: :zad:

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unloveable

malgré ça, même si je suis dépassé, que je dors plus, j'essaye de tirer de nouveaux plans, de quoi me refaire, reprendre de l'air.
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Mica Walker
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OMG t'en as pas marre de faire des persos qui déchirent ? que ce soit sa gueule, son blaze, son parent divin, ses pouvoirs... azy c'est bon quoi :emo:

rebienvenue quand même, courage pour la suite de ta fiche, moi je vais me mettre à lire ce que tu as commencé à nous pondre :kai: :keur:

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Life is beautiful We live until we die When you run into my arms We steal a perfect moment Let the monsters see you smile Let them see you smiling. Do I hold you too tightly ? When will the hurt kick in ? Life is beautiful But it's complicated We barely make it We don't need To understand There are miracles —
Life is beautiful
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Satin Shade
+ messages : 86
+ face and credits : kiernan shipka (merenwen)
maaaaaaaaaaaaais stop le massacre de mon cœur :noo: stop le talent, stop la beauté, stop tout, c'en est trop pour moi, je meurs :rip:

genre. la tête, les pouvoirs, les images, le début de l'histoire... tout est juste :amen: (offre-moi des bijoux :zad:)

_________________
    be kind, always ◇ some mornings i wake up and find myself trapped under the weight of every bad thing that has ever happened to me. ©endlesslove
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Finn Rosenwald
+ messages : 72
+ face and credits : florian neuville. (sixty)
roooh vous allez me faire rougir :miguel: merci les bb :keur:

(je t'en ferais tout plein satin :cute:)
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Invité
Invité
Damn boy, u look fine :zad:

( pardon c'était mon inner O'Brian qui n'A aucune retenu, et peut-être un autre qui parlait, qui sait :zad: )

DONC, je m'excuse pour l'Abus du mot damn dernièrement, je sais que j'en fais trop, mais c'est plus fort que moi, je devrais m'expliquer, mais après, je me doute que ce soit la place....

Ah et puis merde hein, faut bien le dire. J'trouve que ça rajoute du " punch " à mes mots, à mes phrases, d'où le damn :c

Et je m'égare encore Rolling Eyes
( ou c'était fait exprès /pan/ )

Donc, par la craque de seins d'Aphrodite, putain que ce tu es good boy :swinou:

J'ai hâte de te croiser plus loin :zad: ( en vrai ce petit bébé il me faisait de l'oeil depuis que tu en avais glissé un mot donc bon, voilà, après c'est O'Brian et c'est lui qui te souhaite la bienvenue, donc on fait avec quoi)

T'ES PARFAIT BOY, COME TO SEE PAPA :lalala:

Courage pour la suite :zad:

J'vais sûrement dévoré, comme toujours :zad:
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Gleeson Hedge
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T'ES BON

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what about a compromise? i’ll kill them first, and if it turns out they were friendly, i’ll apologize.
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