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  falling like ashes to the ground + (luca/mica)Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Mica Walker
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Pendant un petit moment, je me suis persuadé que personne ne se doutait que ma planque pour fumer mes clopes en scred c'était derrière l'infirmerie du camp Jupiter. Forcément, comme c'est dans ce bâtiment que je passe la plupart de mon temps, il me fallait un endroit pas très loin pour que ce soit plus discret. Mais rapidement, j'ai dû me faire une raison : tout le monde est au courant. En tout cas tous ceux qui passent leur temps à me chercher quand il y a une urgence médicale où un pépin dans ce genre. J'ai envisagé de changer de cachette mais à quoi bon ? De toute façon je sens le tabac tout le temps maintenant, c'est cramé d'avance que je pars pas en pause pipi dès que je m'éclipse.
Adossé au mur extérieur de l'infirmerie, je tire une latte et observe la fumée s'envoler en tourbillonnant une fois sortie de ma bouche. J'ai l'impression d'être John Travolta dans Grease, mais sans la banane et sans le jean en cuir moule bite. Et forcément, quand je pense à Grease, je peux pas m'empêcher de chantonner : « I got chills they're multiplyin', and I'm losin' control, 'cause the power you're supplyin', it's electrifyin'! » Appelez moi Danny Zuko.
Alors que je commence vraiment à être dedans et que j'entame un petit déhanché pas trop maîtrisé qui pourrait m'envoyer dans un fauteuil roulant pour le reste de mes jours, une nana à qui j'ai jamais parlé mais qui, je crois, appartient à la deuxième cohorte, déboule dans mon coin secret et me demande : « C'est toi Mica ? » Je sais pas trop de quoi j'ai l'air, figé en plein milieu de ma danse, ma clope au bec comme si j'étais un petit rebelle des années 70, mais je réponds quand même : « Ça dépend c'est pourquoi ? » « Notre centurion a fait un malaise, on m'a dit qu'il fallait s'adresser à toi. » Je jure en jetant ma cigarette à moitié entamée par terre pour foncer dans l'infirmerie récupérer mon sac avec mes affaires d'urgence dedans. « Elle va m'entendre celle là » je grogne en suivant la légionnaire qui coure devant moi jusqu'au terrain d’entraînement.
Faut dire que la centurion de la deuxième cohorte, c'est pas n'importe qui : c'est Luca, autrement dit la fille sur laquelle j'ai fantasmé pendant des années avant de devenir son auto-proclamé médecin perso après la bataille contre Sol. Elle était dans un sale état, physiquement mais surtout psychologiquement. Je n'ai aucun pouvoir sur les blessures de l'âme, alors à défaut de pouvoir mettre un pansement sur son petit cœur meurtri, je suis resté à côté d'elle. Évidemment, je trouve toujours que c'est la plus jolie fille du camp et ça me fait toujours des papillons dans le bide les rares fois où j'ai l'impression qu'elle fait un semblant de sourire, mais avant tout, c'est mon amie. Et ma patiente. Et pas la plus docile qui soit.
Nous arrivons enfin au terrain d’entraînement où les légionnaires ont transporté le corps KO de leur centurion sur le côté et forment un petit cercle inquiet autour d'elle. Je me fraie un passage entre eux et sors dans la foulée une petite boîte en plastique de mon sac. A la seconde où j'en ouvre le couvercle, une odeur limite soutenable s'en échappe et plusieurs personnes se bouchent le nez ou s'éloigne tout simplement. Je ne m'en préoccupe pas et approche la plante moisie – parce que oui, c'est une plante moisie qui se trouve à l'intérieur et qui fouette comme ça – du nez de Luca en plaquant ma main sur son front au passage pour la diagnostiquer. Comme prévu, l'odeur la ramène parmi nous – en même temps ce truc refoule tellement qu'il réveillerait un mort – et comme en plus je sais précisément ce qu'elle a maintenant, je m'autorise à lui passer un petit savon : « Nan mais qu'est ce que tu fous à jouer à Xena la guerrière avec le ventre vide ?! T'es totalement inconsciente ou quoi ? En plus je t'ai déjà dit que le sport c'était pas bon dans ton état, il faut que tu te limites sinon tu vas bouffer les pissenlits par la racine en moins de deux et là même une plante qui pue pourra pas te ramener parmi nous ! Maintenant tu vas me faire le plaisir de bouffer ces trois barres de céréales. Là. Tout de suite. Devant moi. Sinon je te jure que je te les fais avaler par le pif. Et bois aussi toute l'eau de cette bouteille. » Je me mets rarement en colère mais là, si elle continue comme ça, elle risque de vraiment mettre sa santé en péril et c'est hors de question que je laisse un truc comme ça arriver. Comme je suis encore un peu vénère, je me tourne vers les légionnaires de la cohorte qui n'ont toujours pas bougé et leur dis « Et vous, vous avez pas un entraînement à terminer ? Allez faire des pompes plus loin, elle a besoin d'air. » Ils ne se le font pas dire deux fois et s'envolent comme des moineaux. Une fois seul avec Luca, je me laisse tomber sur les fesses par terre à côté d'elle en soupirant et sors mon paquet de clopes pour en coincer une entre mes lèvres et l'allumer avec le zippo de ma mère. On a pas le droit de fumer sur le terrain d'entraînement mais si je me fais pincer au pire, je dirai que je savais pas. « Pourquoi t'as rien mangé ? Ton estomac était totalement vide et t'étais à un stade avancé de déshydratation, c'est super dangereux. T'affaiblis ton corps en faisant ça, et si tu continues à t'entraîner dans ces conditions, il va finir par te lâcher au moment le plus critique... » Je tourne la tête vers Luca et lui demande : « Faut que je fasse quoi pour que tu te décides à m'écouter ? J'm'inquiète pour toi tu sais ! »

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Luca M. Carnstairs
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« On va débuter avec un entraînement facile, juste pour que je puisse situer votre niveau. »

Luca se tient au centre d’un cercle composé en grande partie par de jeunes adolescents faisant leur année de probatio au sein de la deuxième cohorte. En tant que centurion, c’est son devoir de s’occuper d’eux et de leur apprendre à se battre afin qu’ils deviennent des éléments moteurs au sein de la cohorte. Elle n’aime pas trop s’en occuper mais ce n’est pas comme si elle a le choix, alors elle exécute sa tâche sans dire un mot. C’est pas vraiment la plus chaleureuse des entraîneuses, mais elle est juste et donne de bons conseils. Elle marche entre les différents romains, corrige des positions, observe leurs mouvements, hoche la tête ou, au contraire, la secoue vivement. En quelques heures, c’est plié. Il n’y a aucune raison pour que la situation tourne au désastre: ce n’est qu’un entraînement de routine après tout. Et même si son ventre commence à être terriblement vide, elle ignore royalement la douleur. Ça va faire depuis quelques jours qu’elle n’avale quasiment rien. Les légionnaires de sa caserne la regardent d’un air un peu inquiet lorsqu’elle sort de table sans n’avoir rien touché mais personne ne dit rien. Personne n’ose lui dire que c’est dangereux. Et puisque personne ne l’arrête, Luca continue comme si de rien n’était. Les vilaines habitudes reviennent au galop. Elle finit par oublier de manger, saute des repas entiers en se disant qu’au fond c’est pas important, que plus rien ne l’est. Elle boit un peu mais pas assez pour tenir la route. Y’a bien un moment où ça finira par lui retomber dessus et tout le monde attend ce moment avec une certaine angoisse sans trop savoir quoi faire ou quoi dire.

« Je vais vous montrer un mouvement basique. » Les petits probatio se rangent face à elle deux rangées bien droites, disciplinés comme des soldats. Elle enlève une chaîne autour de son cou et celle-ci se transforme en une longue lance en or impérial, son arme fétiche. La même arme avec laquelle elle s’est battue contre Krios et contre Sol, la même arme avec laquelle elle continue de s’entraîner encore et encore quand la plupart des romains ne peuvent plus regarder leur lame sans en faire des cauchemars. Elle fait signe à un jeune garçon, quinze ans peut-être mais haut de deux têtes de plus qu'elle, de se placer face à elle en position de défense. Puis elle lève sa lance et la fait tournoyer, plus par fierté que par réelle utilité, avant de l’abattre rapidement en visant le flanc gauche du garçon. Mais la lance lui échappe des doigts et tombe au sol, soulevant un nuage de poussière. Luca cligne plusieurs fois des sourcils et tente de bouger sa main sans y parvenir. Quelques secondes plus tard, c’est le noir total.

Elle se revoit plus jeune, s’entraînant sans relâche pour une compétition de gymnastique sous l’œil sévère de son père. « Recommence. » Répète-t-il. Elle a les mains en sang et les yeux baignés de larmes. « Je fais de mon mieux. » « Ce n’est pas assez. Recommence. » Puis une odeur immonde (un cadavre ?) lui traverse les narines, quelque chose se pose sur son front et elle ouvre brusquement les yeux en cherchant sa respiration. Son premier réflexe est de dégager la chose qui se trouve sur son front – avant de se rendre compte qu’il s’agit de la main de Mica. Mica. Qu’est-ce? Elle regarde autour d’elle en fronçant les sourcils et découvre un cercle de regards inquiets plongeant vers elle, allongée. Et Mica lui passe un savon qu’elle écoute d’une seule oreille jusqu’à ce qu’il fasse dégager les légionnaires de sa cohorte en rouspétant. Un terrible sentiment de honte l’envahit alors qu’elle réalise qu’elle a perdu connaissance en face de sa cohorte. Pire encore, le ton énervé de Mica la prend de court. Elle trouve rien à dire alors elle fixe un point vague dans le ciel. Sa gorge est sèche et son ventre lui fait terriblement mal. Elle attrape sans un mot l’une des barres de céréales et en arrache un bout pour le porter à sa bouche tandis que le médecin se pose à côté d’elle et sort une clope. En temps normal, elle l’aurait probablement engueulé pour fumer sur le terrain d’entraînement, étant très à cheval sur les règles. Mais elle ne dit rien et se contente de mâcher en silence. Une fois la première barre de céréales avalée, elle trouve enfin le courage de prendre la parole.

« Désolée Mica. »  Articule-t-elle lentement avant d’essayer de se redresser. Sa vision se trouble un instant mais elle est bien trop têtue pour se rallonger. Elle attrape la bouteille d’eau et boit quelques gorgées, sentant petit à petit sa douleur partir. « Je t’écoute, tu sais. C’est juste que… » Elle ferme les yeux et sert les poings sans parvenir à faire disparaître le sentiment de honte qu’elle ressent. « Je pensais pouvoir m’en sortir sans, et puis j’ai oublié, et puis je voulais pas vraiment. Je pensais être assez forte pour pas que ça m’affaiblisse. » Elle pince les lèvres. Ça la tue d’avouer ses faiblesses. Alors elle se contente de boire à nouveau quelques gorgées d’eau en observant les légionnaires s’entraîner un peu plus loin de façon totalement désorganisée, comme des petits canards perdus sans leur maman. L’envie d’y retourner la prend aussitôt, histoire d’effacer l’humiliation d’avoir perdu connaissance, mais elle connaît assez Mica pour savoir qu’il ne la laissera jamais repartir s’entraîner après ça. Il est déjà suffisamment derrière son dos, il manquerait plus qu’il trouve un moyen de l’enfermer éternellement dans l’infirmerie. Elle repose la bouteille d’eau en soupirant et tourne son visage vers lui, l’air terriblement mal à l’aise. « Je suis vraiment désolée. Je veux pas que tu t’inquiètes pour moi, je fais de mon mieux depuis… » Depuis la guerre, depuis les semaines passées à l’infirmerie où elle était incapable d’avaler quoique ce soit. Elle se terre à nouveau dans son silence, comme si elle pouvait fuir éternellement ses problèmes.

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Mica Walker
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La fumée de ma clope danse presque langoureusement dans l'air en s'élevant doucement vers le ciel avant de complètement disparaître. Pouf, envolée, évaporée, jusqu'à ce que je tire une nouvelle latte et souffle. J'aimerai bien que la douleur puisse disparaître de la même façon. Pas seulement la mienne, mais aussi celle des personnes que j'aime : Ewald, Luca, Sae Hee, mon père, Will... Malheureusement mon pouvoir ne me permet que de détecter ce qui provoque leur peine physique, pas de la soigner d'un claquement de doigt. Et je suis impuissant face au mal psychologique, tout comme j'y suis aussi exposé que les autres. Ne pas craindre les maladies, les microbes et les infections, ça peut rapidement rendre prétentieux : on se croit intouchable et pourtant, je suis bien placé pour savoir que quand on se prend un coup de canif dans le flan, ça fait aussi mal que pour quelqu'un qui peut craindre que sa plaie s'infecte.

A côté de moi, Luca se redresse et instinctivement je passe un bras à quelques centimètres de son dos pour la rattraper au cas où elle basculerait en arrière. « Va s'y doucement, t'es pas encore totalement remise. Et mange l'autre barre. » Comme d'habitude, je fais attention à ce que je dis : hors de question de dire quelque chose comme ''tu es encore faible'' à quelqu'un d'aussi fière que Luca. Je me doute que s'évanouir comme ça devant le reste de sa cohorte a dû déjà la foutre méchamment à terre, inutile de remuer le couteau dans la plaie. Une fois que je sens qu'elle est en position suffisamment stable, je retire ma main (un peu à contre cœur j'avoue) et l'écoute s'excuser en tentant de m'expliquer ce qui lui ai passé par la tête. Une fois qu'elle a terminé, je sors une minuscule boite de la poche de mon pantalon et y écrase mon mégot. « Luca, écoute moi bien : tu es forte, même parmi les demi-dieux, il faut vraiment avoir un asticot dans l'crâne pour pas voir que t'es plus balèze que la moitié d'entre nous. Mais y'a pas que ça. T'es intelligente aussi, et assez charismatique pour inspirer toute une cohorte à se battre sous tes ordres. Et c'est justement parce que t'es intelligente que tu dois savoir que personne n'est infaillible, pas même toi. Si tu continues à la jouer comme ça, tu réussiras juste à te mettre en danger, c'est tout. Et puis regarde, à ton avis là, tes bizuts, qu'est ce qu'ils vont retenir de cet entraînement ? Que leur centurion est allée sur le terrain malgré son ventre vide ou qu'elle s'est évanouie comme ça, sans prévenir, en plein milieu d'une démonstration ? » J'enfonce mes mains dans les poches de ma veste et tourne la tête vers Luca. Comme d'habitude, je suis saisi par ses beaux yeux bleus. Ah la vache, elle est vraiment trop jolie cette fille, si seulement elle était pas aussi inconsciente ! Ça m'éviterait de devoir la jouer comme si j'étais son père – parce que franchement jouer le daron c'est pas la technique de drague la plus efficace de l'histoire et perso, les meufs qui appellent leurs mecs ''papa'' ça m'a jamais branché de ouf.

Elle me dit qu'elle est désolée et qu'elle fait de son mieux, je lui souris gentiment, toute colère subitement envolée. « Je sais que tu fais de ton mieux. Et je t'enfermerai pas ad vitam eternam à l'infirmerie, même si des fois franchement j'en ai carrément envie, surtout quand tu me fais des coups comme celui d'aujourd'hui. Par contre, jamais tu pourras m'empêcher de m'inquiéter pour toi. D'une parce que je suis un médecin dans l'âme et que le principe quand t'es médecin c'est de t'inquiéter pour tes patients. Et de deux... » Je me tourne pour faire vraiment face à Luca, histoire de bien lui montrer que c'est important ce que je m'apprête à lui dire : « Et de deux parce que je tiens à toi, tout simplement. Te voir dans cet état, ça impacte pas uniquement ton corps, tous ceux pour qui tu comptes en pâtissent aussi. Et par là j'entends les idiots comme moi. » Je lui adresse un sourire en coin en priant pour pas passer pour un gros fragile, puis je poursuis en lui demandant : « Est ce que je peux faire un truc pour t'aider ? J'veux dire à part te sortir du coma quand tu décides de faire un régime à la Venus et traumatiser tes bizuts en les envoyant s'entraîner tout seuls ? » Je jette un coup d'oeil en direction des petits nouveaux de sa cohorte : on dirait des poulets sans tête... ou plutôt on dirait moi avant qu'Ewald me prenne sous son aile pour faire de moi ''un vrai romain''. Sauf que moi en plus je m'explosais à chaque fois le pied en faisant tomber mon bouclier dessus.

Je réalise alors qu'on est toujours sur le terrain d'entraînement et propose donc à Luca : « On va peut être commencer par aller s'installer autre part, j'aimerai pas trop finir en kebab à cause d'une lance sauvage. »

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Luca M. Carnstairs
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Sous le regard insistant de Mica elle saisit une deuxième barre de céréales et croque dedans sans grande conviction. Le goût dans sa bouche est vaguement sucré, un peu trop sec, mais elle se force à manger parce qu’elle sait que c’est important. Elle peut au moins faire cet effort-là, même si ça signifie pas grand-chose au fond. Mica lui parle en même temps, lui fait tout un tas de compliments gratuits qui la mettent un peu mal à l’aise avant de lui demander ce que vont en penser les probatio de sa cohorte. Elle baisse les yeux, se mordant les lèvres. C’est sûr qu’elle a du faire un terrible modèle aujourd’hui. Qu’est-ce qu’ils vont penser d’elle ? Elle se sent brusquement accablée, comme si un poids lui était tombé sur les épaules. Quelle image avait-elle donné d’elle ? Elle était censée montrer l’exemple et voilà qu’elle s’évanouissait devant tout le monde. Elle soupire et se masse la tempe sans parvenir à cacher son air dépité. « Ils doivent me prendre pour une idiote. C’est comme ça que je me suis comportée. Comme la dernière des idiotes. » Murmure-t-elle en fixant la fin de la barre.

Mica relève les yeux vers elle et elle parvient à soutenir son regard quelques instants avant de détourner la tête. Ça lui coûte encore trop d’efforts, elle est pas habituée à ça. Et puis, ses mots la prennent de court. On lui a jamais fait ce genre de déclaration – on lui a jamais dit qu’on tenait à elle, réellement, avec des vrais mots. Peut-être qu’il s’attend à ce qu’elle le remercie, qu’elle lui réponde des mots tout aussi touchants, qu’elle le prenne dans ses bras, ce genre de réactions normales. Mais Luca est paralysée et c’est tout juste si elle parvient à esquisser un sourire maladroit. Personne lui a donné de mode d’emploi pour ce genre de situations, personne lui a jamais expliqué ça. Elle a aucune idée de comment réagir. Quoi dire, quoi faire. « Désolée. » Répète-t-elle comme si ça pouvait servir à quelque chose. Elle ferme les yeux, cherche quoi lui répondre mais rien ne lui vient. Merde, elle a jamais été connue pour être d’une grande éloquence mais là ça atteint des sommets. Elle peut pas se contenter de garder le silence. Elle doit dire un truc, n’importe quoi. « Je veux dire… Ça me touche. Je veux pas que t’aies à courir derrière moi en permanence par peur que je fasse une nouvelle connerie. Je veux pas t’infliger ça. C’est… Je tiens aussi beaucoup à toi. Tu m’as beaucoup aidé et je ne sais pas comment je pourrais te remercier pour ça. Enfin, je pourrais commencer en arrêtant de me comporter comme une demeurée, c’est sûr. » Bégaie-t-elle enfin en passant une main nerveuse sur sa nuque, pas habituée à parler autant.

Elle tourne la tête et regarde les légionnaires désordonnés en train de s’entraîner – enfin, en train d’essayer de s’entraîner. Quand Mica lui propose d’aller autre part, elle hoche doucement la tête et se relève lentement, les jambes tremblantes. Son premier réflexe est de faire un pas pour aller corriger la posture d’une fille mais elle se stoppe dans son élan en se rappelant ce qui s’est passé quelques minutes plus tôt. Elle a aucun mal à imaginer le fils de Salus l’enfermer dans l’infirmerie et l’interdire d’entraînement à vie, même s’il dit le contraire. Alors elle se contente de faire signe aux probatio d’arrêter le massacre. « L’entraînement est terminé pour aujourd’hui. Allez vous reposer. » Puis elle se tourne vers Mica, entortillant nerveusement le cordon de la capuche de son sweatshirt autour de son doigt. « Tu veux aller manger quelque part ? Les barres de céréales que tu m’as données étaient vraiment infectes. » Elle tourne la tête et adresse un regard noir aux quelques légionnaires qui restent, curieux de voir ce qui justifie cette annulation d’entraînement, et ceux-ci s’enfuient sans demander leur reste. Elle lève les yeux au ciel, avant de souffler d’une petite voix. « Je suis sûre qu’elles étaient périmées. »

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Mica Walker
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Mon père m'a toujours dit que le b a ba des médecins, c'est de ne pas s'impliquer émotionnellement, que c'est le meilleur moyen de faire des conneries et que c'est pour ça que c'est proscrit de se charger des membres de sa propre famille. Bon ça concrètement, il faut pas être Einstein pour le savoir, matez un épisode de Grey's Anatomy et vous le pigerez en moins de deux. Seulement moi, comme je suis un fils de Salus, j'ai toujours pensé que cette règle ne s'appliquait pas vraiment à moi, que compte tenue de ma nature et de mes dons, j'étais capable de soigner n'importe qui sans faire la moindre erreur. En un sens, je pense toujours que c'est vrai, parce que j'ai déjà la certitude de ne jamais me planter dans mes diagnostique au moins, mais après la guerre contre Sol, j'ai compris que quand on est profondément attaché aux personnes qu'on soigne, ça peut être très dur. Soigner, ça signifie pas toujours faire du bien. Entendre ses amis hurler de douleur pendant qu'on leur replace un truc, ça arrache littéralement le cœur. Un autre problème, c'est le favoritisme. Quand tu es dans un hôpital, le but c'est de voir tous les patients de la même façon pour ne pas faire de traitement de faveur au niveau des soins. Il faut un sacré recul pour y arriver quand tu es doc dans un camp où tu connais tout le monde et qu'il y a forcément des personnes que tu apprécies plus que d'autres. Concrètement, je pense qu'on peut dire que je favorise Luca. Comparé à d'autres romains que j'ai pu soigner, je fais vachement plus attention au moindre signe de faiblesse chez elle. En fin de compte, on a beau être des demi-dieux, on en reste pas moins plus humains que divins...

Et si ce constat s'applique à moi et la médecine, ça se confirme aussi avec Luca et son sentiment d'invincibilité qui me donne envie de l'enfermer dans l'infirmerie. Au moins, elle a le mérite de reconnaître qu'elle a agit comme une idiote et même si j'ai un méchant faible pour cette fille, je la contredis pas. Parce que ce qu'elle a fait était quand même sacrément con. Ça ne m'empêche pas de lui sortir une grande tirade sur le fait qu'elle doit faire attention à elle histoire de rattraper un peu le coup quand même, et après lui avoir fait mon discours de fragile, je m'attends presque à ce qu'elle me rit au nez. Mais non. Elle commence par me dire qu'elle est désolée, puis me dit qu'elle est touchée par mes attentions, qu'elle tient aussi à moi et qu'elle sait pas comment me remercier. Plus les mots sortent de sa bouche, plus je me sens rougir comme un vieux puceau. Putain alors là si je m'y attendais ! J'ai pas l'habitude qu'une fille aussi mignonne me dise des trucs comme ça. Je me racle la gorge en me frottant la nuque. On doit avoir l'air malin tous les deux comme ça, moi rouge comme un cul de babouin et elle avec ses barres de céréales. « Oui enfin... y'a pas de quoi tu sais, c'est normal, je suis pas fils de Salus pour rien hein ! » je finis par bredouiller. Et voilà en moins de deux minutes, elle a réussi à me rendre tout flagada. Dans le genre tirade virile on repassera.

Je lui propose finalement de quitter le terrain d'entraînement et elle accepte. Mais elle est à peine debout que je la sens sur le point de rejoindre ses probatios en train de s'exercer plus loin. Je fronce les sourcils, près à la foutre en sac à patate sur mon épaule pour l'enfermer à l'infirmerie, mais manifestement elle a percuté qu'il fallait pas qu'elle joue à ça et informe les bizuts qu'ils peuvent aller se reposer avant de me proposer de manger un bout quelque part. Un peu pris de court, je réussis quand même à répondre assez rapidement en lui souriant : « Carrément ! Il y a quelque chose que tu veux manger en particulier ? » C'est là que je capte qu'elle vient d'insulter mes barres de céréales et là, je ne peux pas m'empêcher de répliquer, faussement outré : « Quoi ?! Mes barres infectes ? Tu plaisantes j'espère ! Mon père me les a ramenées d'Angleterre ! Insulter mes barres de céréales, c'est insulter le peuple anglais tout entier ! Non mais et puis quoi encore, je te signale que ce sont CES BARRES DE CEREALES qui maintiennent la reine en vie depuis un demi millénaire ! » Tout en parlant, je force à fond mon accent anglais et conclus : « Et puis elles ne sont périmées QUE depuis six mois. » Mon petit discours terminé, je soupire en secouant la tête avant d'adresser un sourire en coin à Luca. « Bon allons-y Wonder woman, tu dois reprendre des forces. Et comme je suis du genre gentleman, on va où tu veux. »

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Luca M. Carnstairs
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Luca enfonce ses mains dans les poches de son vieux sweatshirt abîmé. Il suffit que les mots sortent de sa bouche pour qu’elle les regrette aussitôt parce qu’elle a pas l’habitude de se mettre à découvert, de dire ce qu’elle a sur le cœur. Tout était beaucoup plus facile pour elle quand elle n’avait qu’à faire ce qu’on attendait d’elle. Se lever, prendre son petit-déjeuner olympique, aller faire son jogging, s’entraîner, encore et toujours s’entraîner seule. Personne à qui s’attacher, personne à qui parler. Juste le regard inquisiteur de son père pour lui répéter de s’entraîner parce qu’elle est pas à la hauteur. Et puis il y avait eu le Camp Jupiter et elle avait cru qu’elle pourrait continuer à fonctionner ainsi, alors elle a exécuté chaque ordre sans un mot, elle s’est entraîné sans relâche jusqu’à la récompense final, devenir centurion. Et puis elle est tombée amoureuse, et puis elle a découvert les sentiments et puis elle a perdu sa petite-amie. Et depuis elle sait pas comment faire pour retourner à son mode de vie d’avant où elle pouvait se comporter comme un robot sans qu’on lui dise rien, sans qu’elle ressente de drôles de choses dans son cœur sans comprendre pourquoi. Elle aurait tout donné pour avoir ne serait-ce qu’un mode d’emploi aux relations humaines.

« J’ai jamais mangé de tacos de ma vie. » Dit-elle après avoir réfléchi quelques instants. Ses repas ressemblent tous à des images tirées d’un compte instagram healthyfood. Toujours équilibré, toujours parfaitement dosé pour correspondre aux apports dont son corps a besoin. Certes, ça lui permet d’entretenir ses muscles – mais elle a aucune idée de quel goût peut avoir ne serait-ce qu’un soldat pétillant. Et quand elle regarde Mica, elle se dit qu’il a une tête à manger des tacos alors pourquoi pas ? Du moins, jusqu’à ce qu’il entende sa remarque sur ses barres de céréales et qu’il lui sorte une longue tirade sur elles et l’Angleterre – son pays natal, comme quoi ces barres seraient celles qui maintiennent la reine en vie depuis si longtemps. Pas étonnant qu’elle ressemble à un raisin sec alors… Au moins, sa remarque fait presque soulever l’un des coins de ses lèvres, miracle ! Parce qu’au niveau de l’humour Luca se situe à peu près au même rang qu’un caillou, ne captant pas la plupart des blagues qu’on lui fait et étant perdue dès qu’on traverse la limite du second degré. Sûrement trop coincée pour être drôle. Elle hausse doucement les épaules.

« Je suis allée à Londres une fois, pour les Jeux Olympiques. J’ai vu la tête de ta reine. Tes barres l’empoisonnent plus qu’elles ne la maintiennent en vie si tu veux mon avis. » Répond-elle très sérieusement avant de regarder la barre de céréales qu’il reste d’un air dégoûté. Six mois ? Elle a du mal à s’empêcher de grimacer. Et il ose se prétendre médecin alors qu’il offre ça à ses patients ? S’il n’était pas aussi attentionné quand il s’agissait de la soigner, elle l’aurait presque dénoncé au Sénat.

Elle traverse l’arène en évitant soigneusement de passer à côté des autres légionnaires en train de s’entraîner, ne pouvant s’empêcher d’imaginer ce qu’ils iraient dire à leurs centurions s’ils l’apercevaient. Mieux vaut ne pas tenter le diable, alors elle baisse la tête et avance le plus rapidement possible en espérant que Mica suive le rythme – est-ce qu’il avait le choix de toute manière ? Elle finit par reprendre un rythme normal une fois qu’ils soient suffisamment éloignés des terrains d’entraînement.

« Je disais donc que je n’avais jamais mangé de tacos. Vu qu’à chaque fois que j’en ai parlé, tout le monde s’est exclamé et a fait les gros yeux, j’imagine que je passe à côté de quelque chose de vraiment extraordinaire, donc allons remédier à ça. » Elle détache ses cheveux, ramenés en une queue de cheval sévère, et secoue la tête pour leur faire retrouver une forme plus naturelle. Elle est encore rongée par la honte mais Mica, d’une certaine façon, a réussi à lui faire penser à autre chose en parlant de tout et n’importe quoi. Il a une capacité incroyable pour débiter tout un flot de paroles en un temps record – une qualité qu’elle lui envie, étant elle-même incapable d’aligner plus de trois phrases à la suite.

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Mica Walker
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Honnêtement, dans tout ce que me dit Luca, je sais pas ce qui me fait le plus de mal : qu'elle insulte ma Reine en la traitant de vieux raisin fripé ou qu'elle ait jamais bouffé de tacos. Je me souviens que quand on est arrivés aux Etats Unis avec mon père, le premier endroit où on est allés manger, c'était un Tacobell. Pour moi, le tacos, c'est plus que de la bouffe : c'est une institution, un symbole. Hors de question que je laisse une américaine vivre un jour de plus sans avoir avaler une bouchée de ce que j'ai avalé dès mes premiers jours après avoir foulé le sol de son pays. « Ok, là c'est de l'urgence absolue si tu as jamais mâché un tacos de ta vie. T'en fais pas, je vais régler ça. ». Sally, ma cousine, a toujours été étonnée par mon régime alimentaire : pour elle, en bon fils de la déesse de l'hygiène et de la santé, je devrai avaler que des graines et des légumes bio. Disons que j'ai pas de mal à m'avaler une salade ni une soupe, ni des céréales comme du quinoa ou du boulgour, on peut même carrément dire que j'aime bien ce type de bouffe. Mais je pourrai pas manger que ça. J'ai besoin de gras, de pas mal de gras même, et l'avantage d'être insensible à toutes les formes de virus ou d'infections, c'est que je crains même pas les indigestions. Donc là où mes potes se tapent des méga chiasses après un indien qui est mal passé, moi je m'en sorts frais comme un prince. Évidemment, c'est pas le premier truc que je balance quand j'essaie de draguer une nana, mais c'est toujours cool d'avoir ce stress en moins pendant un rendez vous galant.

Comme l'entraînement se poursuit autour de nous, je propose à Luca de lever le camps d'ici, ce qu'elle approuve en traçant jusqu'à l'extérieur de l'arène, la tête baissée. Je fronce les sourcils en la voyant s'enfuir comme ça, mais je fais pas de commentaire. Je me doute que c'est pas moi qu'elle qu'elle cherche a esquiver, plutôt le regard des autres soldats de sa cohorte qui ont pu la voir dans un de ses rares moments de faiblesse. Je comprends que c'est pas super agréable ce genre de situation, mais j'avoue que contrairement aux autres romains en général, quand je sens que je suis pas au top de ma forme, c'est pas un truc qui me fout la honte de ma vie non plus ! Mon père pense que c'est parce que je suis médecin et que j'ai conscience que le corps humain a ses limites, à mon avis c'est surtout parce que j'ai jamais été un guerrier dans l'âme et que de ce fait j'ai jamais vraiment cherché à faire mes preuves en tant que meilleur soldat de la cohorte. A chaque fois, je m'en sors parce que je suis débrouillard et que j'ai de la chance, pas parce que je me bats comme un titan, ce qui est pas le cas pour les trois quarts dans gens que je connais. Un jour, un de mes potes de la colonie des sang-mêlés m'a fait remarqué que peut être que Lupa s'était plantée en venant me chercher pour me ramener à la Nouvelle Rome. J'ai trouvé l'idée marrante, mais c'est pas le genre de truc que j'irai répéter ici au camp Jupiter : sous entendre que Lupa sait pas faire son boulot et confond un grec avec un romain, je suis pas sûr que ça me permette de me faire des potes. Et j'ai pas non plus envie de finir bouffé par une louve vénère.

Comme on sort de l’arène, je tilte sur un truc que Luca m'a dit quelques minutes plus tôt : « Attend, t'es allée à Londres pour les JO ? Tu veux dire que t'étais là bas en spectatrice ou en participante ? » Je la regarde de haut en bas – pas en mode ''je te reluque salement, viens voir papa'' hein, dans le sens médical du terme plutôt... et j'en profite pour mater un peu aussi mais en TOUT BIEN TOUT HONNEUR – avec son corps d'athlète, son port de tête limite royal, la force et la précision de chacun de ses coups pendant les entraînements et les batailles... Cette nana est une athlète depuis bien plus longtemps que son arrivée au camp y'a pas de doute. En plus si elle a jamais bouffé de tacos ça veut dire qu'elle a un régime strict et en dehors des minettes sur instagram, y'a personne d'assez fou pour s'infliger ça toute une vie. Je secoue la tête en reprenant : « Question stupide. Quelle discipline ? Escrime ? Judo ? »

Tout en parlant, nous poursuivons notre route pour quitter le camp Jupiter et rejoindre la ville de la Nouvelle Rome. Je l'entraîne à travers les rues pavées en lui racontant : « Quand je suis arrivé aux Etats Unis, j'avais 7 ans, j'étais tout paumé et le premier endroit où on a mangé avec mon père, c'était le Tacobell de l'aéroport. Je me souviens qu'en bouffant cet énorme tacos qui devait facile faire la taille de ma tête, je me suis dit que si c'était ça les Etats Unis, alors je voulais bien y vivre toute ma vie. Et puis j'ai goûté le Dr Pepper et j'ai soudainement regretté cette pensée et le thé british. » Je secoue la tête d'un air contrit en me remémorant ce moment. Si l'acide se buvait, ça serait du Dr Pepper. Mais je m'éloigne du sujet, donc je reprends « Enfin bref, lorsque je suis arrivé au Camp Jupiter, j'étais pas beaucoup plus vieux et encore plus perdu alors devine ce que je suis allé manger pour me donner un peu de courage... » Je m'arrête devant un restaurant que je présente à Luca, les bras tendus et un énorme sourire sur les lèvres : « Je suis allé chez Tonio, le type qui fait les tacos les plus ouf et fat de la Nouvelle Rome. Ce mec va te faire aimer le gras, crois moi. Et petite cerise sur le pudding, je t'invite. » J'ouvre la porte et m'écarte de l'entrée pour laisser Luca passer en première : « Ladies first ! »

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Le Nomade
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Le restaurant dans lequel Mica et Luca entrent est remplis, mais pas bondée. Ils sont accueillis par le gérant, Tonio, qui sourit en reconnaissant Mica. « Bienvenue mademoiselle et salut Mica! » lance-t-il avec un énorme sourire aux lèvres, comme à son habitude. Les clients l'aiment parce qu'il est jovial et agréable - et aussi parce que ses tacos sont délicieux. « Tu fais goûter nos tacos à la demoiselle? T'as bien raison, elle sait pas à côté de quoi elle passe ! » Il sait reconnaître ses clients quand il les voit, et il est sûr que Luca n'en est pas une - il les laisse s'installer après avoir donné une tape affectueuse sur l'épaule du fils de Salus. Une petite fille installée à la table, une leg sûrement, leur fait coucou une fois que ses parents ont le dos tourné puis elle disparaît en courant pour aller les rejoindre à leur table. L'ambiance est conviviale, posée. Sereine.
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Luca M. Carnstairs
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Remettant quelques mèches de cheveux derrière son oreille, Luca souffle. « Escrime. » La discipline noble par excellence, la justesse de l’esprit, la puissance du corps. Elle était conditionnée pour ça. Elle se souvient de ce que son père lui disait à Londres en lui montrant les athlètes défiler. Toi, tu seras la prochaine. Quand les résultats étaient annoncés, il faisait la moue. Tu feras mieux. Et elle, elle hochait la tête silencieusement. Son père a encore l’espoir qu’elle concoure aux prochains jeux olympiques malgré tout ce qui s’est passé depuis. Les deux guerres. Sa perte d’appétit et de motivation. Maintenant, elle s’évanouit même lors des entraînements réguliers. Alors les jeux olympiques ? Ça la tue de l’avouer mais elle n’a plus le niveau. Elle n’est même plus sûre d’en avoir vraiment envie – le camp Jupiter lui a permis de mettre les choses en perspective, de dissocier les intentions de son père des siennes.

Silencieusement, elle écoute Mica raconter sa fantastique rencontre avec la gastronomie locale et le fameux taco. Étrangement, elle n’a aucun mal à imaginer une sorte de Mica junior avaler un immense taco plus gros que sa tête, avant de s’exclamer avec son accent british – waouh ! En revanche, elle n’a aucune idée de quel genre de sorcellerie il utilise pour pouvoir digérer ce genre de repas sans que son corps en pâtisse – peut-être que ça allait de pair avec ses origines britanniques, mais elle en doutait fortement (elle avait croisé assez d’obèses à Londres pour comprendre que cela ne faisait pas uniquement parti du paysage américain). Peut-être que c’est l’un des avantages d’être un enfant de Salus, tout comme les enfants de Bellone et Mars ont un talent naturel pour le combat.

« J’imagine que t’as pas repris du Dr Pepper en arrivant ici. » Elle n’a jamais goûté du Dr Pepper non plus, mais elle veut bien croire Mica sur ce point. De toute façon, son régime strict l’a toujours fait considérer les boissons gazeuses en tout genre comme de purs liquides diaboliques. « Ça te manque l’Angleterre ? En dehors de ton thé et de ta reine. La vie là-bas, en général. »

Elle s’arrête quelques instants devant le restaurant dont elle peut entendre les bruits animés venant de l’intérieur. Une bonne ambiance semble y régner – elle voyait mal Mica manger dans un restaurant vide et sombre – comme si les clients étaient une grande famille déjeunant tous ensemble. Quand elle voit comment il est accueilli par Tonio, cela ne fait que renforcer son impression. Se tenant un peu en retrait, un léger sentiment de malaise la prend car elle est pas habituée à cette proximité et à cette convivialité. Elle grimace un sourire maladroit au gérant avant de filer s’asseoir à l’une des rares tables vides. Pas qu’elle commence à regretter sa décision (juste légèrement, quand elle songe à la réaction de sa diététicienne si celle-ci apprend qu’elle a rompu son serment suprême, celui de ne jamais toucher à la malbouffe) mais elle sait qu’elle fait un peu tâche. Elle n’a pas de sourire chaleureux, elle n’est ni détendue ni sereine, toujours trop sérieuse avec son air sévère et ses sourcils froncés, comme si une catastrophe imminente allait se produite et qu’elle devait être préparée. Une gamine leur adresse un signe de main, un sourire rayonnant sur les lèvres. Même pour elle Luca ne parvient pas à esquisser un sourire qui ne paraisse pas trop forcé, alors elle se contente de lui rendre son signe de main, un peu trop brusque, un peu trop robotique. Non, décidément, elle n’est vraiment pas à l’aise. Son regard anxieux va chercher celui de Mica pour se rassurer, comme l’on s’accroche à une bouée pour ne pas couler.

« Première et dernière fois. C’est une expérience au nom de la gastronomie. Uniquement au nom de la gastronomie. » Répète-t-elle mécaniquement en massant sa nuque sans parvenir à évacuer sa nervosité.

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Mica Walker
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Une championne d'escrime, ça ne m'étonne pas du tout. Et j'imagine bien les mecs obligés de l'affronter chier dans leurs bennes au moindre de ses mouvements. Moi en tout cas c'est ce que j'aurai fait à leur place, mais j'évite de le dire tout haut à Luca parce que ça manque cruellement de classe. Alors qu'on se dirige vers le resto de Tonio, mon amie me demande si l'Angleterre me manque et tout d'un coup, je me sens un peu tout con. Je fronce les sourcils puis lâche un petit rire en expliquant : « Bah tu sais, j'ai quitté l'île quand j'étais vraiment petit - j'avais sept ans pas plus. Donc en réalité, pour moi l'Angleterre comme je l'ai vécu, ça se limite à l’hôpital où bossait mon père et à l'école où je détestait aller. Mais j'ai quand même des trucs qui me manquent ouais. Quand mon père m'emmenait avec lui au pub le soir pour rejoindre ses copains et qu'il me laisser boire un peu dans sa bière, les puddings dégueux de ma grand mère et l'ambiance. Je vivais à Liverpool et tous les samedis, la boutique de souvenirs qui se trouvait juste en face de l'appartement où on habitait avec mon père diffusait à fond les plus grands tubes des Beatles. Ça c'était vraiment cool. » Et délicieusement kitsh. Je souris en me remémorant tous ces souvenirs. Maintenant que j'y pense bien, y'avait pas que ça. Je me souviens aussi d'un été où mon père m'a emmené en vacance à la plage au Pays de Galles : j'ai eu un choc thermique tellement violent en foutant un pied dans la flotte que j'ai tourné de l’œil. Depuis je fais bien attention à me mouiller la nuque avant d'aller nager, on m'y reprendra plus à vouloir me la jouer sauveteur à Malibu dans une eau à -30.

On arrive enfin devant le resto et à peine on a mis un pied dedans que Tonio vient m'accueillir. Ça, c'est la classe quand le patron c'est ton pote. Je lui fais un grand sourire en retirant ma veste en cuire : « Salut Tonio ! J'espère que t'es en forme parce que j'amène le défi de ta vie aujourd'hui ! » Je lui montre Luca d'un large mouvement du bras avant de me pencher vers lui pour chuchoter à son oreille de façon absolument pas discrète, comme si c'était le secret le plus traumatisant de l'histoire de l'humanité : « J'crois qu'elle mange pas de gluten. » Tonio rigole et nous fait signe d'aller nous asseoir à l'une des tables libres pas trop loin. On a du bol qu'il y ait pas trop de monde parce que sans réservation, on aurait pu être collés à côté de la porte des chiottes. Et les chiottes après un tacos en général, elles prennent cher. C'est donc pas la table la plus stratégique quand on vient manger avec une fille.

Pas très loin de nous, une petite fille nous fait coucou et je lui rends son geste avec un grand sourire et un clin d’œil. Luca par contre a l'air super mal à l'aise : elle est raide comme un piquet et j'ai limite l'impression qu'elle m'envoie des SOS avec ses yeux, comme si elle était dans une situation critique. Je hausse un sourcil mais avant que je ne puisse lui demander ce qu'il lui arrive, elle me prévient que c'est la première et dernière fois que je la traîne dans un endroit comme celui là. J'éclate de rire en lui adressant le regard le plus rassurant que j'ai en stock – celui que j'utilise pour calmer les parents des enfants malades à l'hosto, c'est pour dire – et lui dis : « T'inquiète, je sais que ça peut faire perdre, mais je t'assure que les gens qui bouffent des trucs contenant plus de 34 calories sont pas si monstrueux en réalité... Excepté peut être la petite fille qui vient de nous faire coucou, elle par contre j'ai des doutes sur son éventuelle nature diabolique. » Là dessus je tourne les yeux en direction de la gamine de tout à l'heure et lui fais une grimace qui la fait mourir de rire. En secouant la tête, j'ajoute à l'intention de Luca : « C'est bien ce que je craignais... le rire du Malin... » « Qu'est ce que tu racontes toi encore ? » me coupe Tonio en me lançant un regard amusé, les menus à la main. « Presque rien de méchant, juré ! Et pas la peine de nous filer les menus, on va te prendre deux tacos à la Tonio s'il te plait ! Si tu es toujours d'accord pour plonger dans l'inconnu évidemment. » j'ajoute à l'intention de Luca « je te préviens, tes papilles de puriste de la bouffe feront probablement une crise de tétanie au contact d'un truc aussi bon mais je te ferai du bouche à bouche pour les remettre d'aplomb si besoin. » Tonio explose de rire à côté de moi en me tapotant le dos puis retourne en cuisine en disant un truc en espagnol que j'ai pas compris. J'attrape la bouteille d'eau qui se trouve sur notre table et remplie le verre de Luca puis le mien en demandant : « J'ai pas eu le temps tout à l'heure de te poser la question, mais et toi, il y a des choses de ta vie avant le Camp Jupiter qui te manquent ? J'veux dire, en dehors de ta passion d'embrocher les gens avec ton épée pour les transformer en kebab ? »

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