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  quoi d'neuf docteur ? + (saehee/mica)Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Mica Walker
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De temps en temps, les rares moments où je suis pas à l'infirmerie, on vient me chercher pour que je puisse aider, surtout quand la médecine traditionnelle fonctionne pas et qu'on veut tenter un remède plus homéopathique. Mais j'avoue que j'avais encore jamais vu le type censé faire le coursier pour me traîner auprès des malade tirer une telle gueule en venant me voir et être aussi pressé. J'ai tout de suite compris que ça sentait pas bon et quand il m'a dit de quoi il s'agissait, j'ai réuni tout mon matos dans mon sac et j'ai foncé vers l'infirmerie, le type affolé sur les talons. Et maintenant que je suis devant, je reconnais que y'a toutes les raisons de s'affoler.

Déjà, c'est un cas de virus grippal, en soit pas quelque chose de fou mais sur les demi-dieux les maladies peuvent partir rapidement en couille et une grippe dans un camp comme le notre, ça pourrait faire des ravages : en moins d'une semaine, on peut se retrouver avec la moitié de la légion en PLS, brûlants de fièvre. Suffirait juste qu'on se fasse attaquer à ce moment et là, ça serait la méga cata.
Mais moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est la personne qui est alitée : Sae Hee. Putain avec son pouvoir, tu m'étonnes que personne à l'infirmerie veuille s'approcher d'elle, elle rendrait la moitié d'entre eux sexagénaire avec la fièvre qu'elle doit se taper en ce moment. Moi je ne m'en fais pas plus que ça : mon corps est un pur bloc de santé et si son pouvoir m'attaque, mes cellules se renouvelleront plus vite pour vaincre le vieillissement prématuré. Enfin en principe. Mais maintenant qu'elle est malade, je suis plus si sûr de moi. Enfin, je serai bientôt fixé de toute façon, elle va pas se soigner toute seule la Sae Hee.

Mon sac sur l'épaule, j'entre dans l'infirmerie et retiens un ricanement en voyant certains médecins en tenue de quarantaine et le plus loin possible de leur pauvre patiente qui doit pas entendre un mot quand ils lui parlent. En me voyant débouler je suis presque sûr de voir une lueur de soulagement dans les yeux de l'un d'eux. Puceau de la grippe va.
« C'est bon je prends le relais ! » je leur dis en leur souriant. Ils se le font pas dire deux fois : en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « doliprane » ils ont pris la tangente. Cette fois je ne contiens pas mon rire et fais glisser mon sac devant moi en me rapprochant de Sae Hee. « A nous deux ma grande. Je vois que les Vénus ont pensé à t'apporter des couvertures ? C'est bien, il faut que tu sues. Par contre oublie pas de les laver avant de les leur rendre parce que ça risque de sentir le sapin. » Je lui fais un clin d’œil en souriant avant de froncer les sourcils en plaquant ma main contre son front, histoire d'évaluer sa température et de savoir exactement ce qu'elle a grâce à mon pouvoir. « 39,7°, c'est moins que ce que je craignais mais pas folichon non plus, ton corps se bat contre quelque chose de plutôt balèze et pour une sportive comme toi, ça doit vraiment être hard pour que ça te foute à terre comme ça. On va commencer par soigner ta gorge parce qu’apparemment ça a commencé par là, ensuite on verra si la température baisse ou pas. »
Je me mets à genoux pour farfouiller dans mon sac et en sortir plusieurs plantes, une bouteille remplie d'eau de la fontaine la plus pure du coin, mon pilon, mon mortier et un bouquin que je pose sur la table de chevet de ma petite malade : « Tiens, je t'ai ramené ça, je savais pas si t'avais de la lecture ici alors je l'ai pris avant de partir. C'est ''Le tour du monde en 80 jours'' de Jules Verne, je sais pas si tu l'as déjà lu. En tout cas regarde pas le film il est vraiment à chier. »
Pendant que je parle, je pile les quelques herbes qu'il me faut assis en tailleur par terre avant de les mettre dans un shaker à cocktail que j'ai ramené de République Dominicaine, d'y ajouter l'eau et de remuer comme si je jouais des maracas. Quand je sens que j'ai assez secoué, je verse ma mixture dans un verre à fond rond en inox que je tiens avec une pince et la réchauffe rapidement à l'aide de mon zippo en argent, cadeau de ma déesse de maman.
Ma préparation terminée, je la transfère dans un mug avec la tête de la Reine d'Angleterre dessus – kitsh à souhait, c'est mon côté british – et le tends à Sae Hee : « Alors ça pue, je sais, mais si tu avales cul sec je te jure que tu auras l'impression que ta gorge c'est du coton. Je t'ai diagnostiquée une vilaine grippe de type B donc si tu as l'impression d'avoir les poumons en feu, les chutes du Niagara à la place du nez, que tes yeux te piquent comme si tu les avais giflés avec des orties, la totalité des sinus totalement bouchés et petite cerise sur le gâteau que ton corps pèse deux tonnes en plus d'être aussi chaud qu'une bouillotte à l'uranium, c'est normal. » Je lui souris et fais claquer les gants en vinyle que j'ai aux mains. « Mais t'inquiète, doc Micky va faire la peau à ton vilain virus ! »

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Je le savais depuis bien deux ou trois jours et pourtant j’avais eu ce fol espoir que j’exagérais, que ce n’était nullement aussi grave que je le pensais. J’ai été bien naïve car cette « chose » avait été bien pire que mes espérances et estimations. Elle avait envahi en un rien de temps tout mon corps : j’étais brisée de tout part, tantôt trop chaude, tantôt trop froide et d’une mollesse que je ne connaissais guère.

- Tu es malade.

La sentence était tombée, aussi impitoyablement que l’épée de Damoclès qui s’amuse à faire quelques petits ronds au-dessus de nos têtes toute notre vie de demi-dieu. La fille de Mors, celle qui apportait l’une des plaies de l’espèce humaine – la vieillesse, ou le temps pour d’autres -, avait à écumer misérablement ces couloirs blancs. Cependant, comparée à bien d’autres patients, j’étais celle dont on se tenait autant que possible à l’écart. D’une, j’avais une maladie virale. Et de deux, j’étais définitivement la fille à ne pas toucher par accident au risque de voir sa vie s’écouler en l’espace de quelques minutes – un quart d’heure, plus ou moins avec ce virus qui courait en moi et qui faisait pas mal de ravage à ma gorge, à mon nez, à mes yeux et à tout mon corps en général.

On me pose quelques questions, mais à très bonne distance naturellement. Je « devrais » les comprendre et pourtant la rage bouillonnait en moi : pourquoi avais-je droit à ce traitement des plus froids alors que d’autres avaient droit à des soins et des attentions plus adorables ? Etre malade était cet état qui me rendait vulnérable et incroyablement émotif, à mon grand dam, ce qui ne me rendait que plus rageuse : oui, je m’enfermais dans un cercle vicieux.

Les minutes s’écoulèrent dans cette pièce avec ces personnes qui ne m’appréciaient pas, et dont ma présence était une véritable source de chaos et de peur dans leur cœur. Je le savais car je reconnaissais ce regard reconnaissable entre tous. Une nouvelle bouffée de rage m’envahit … mais aussitôt essuyée par une entrée des plus surprenantes et des plus « bruyantes » d’un certain garçon dont je reconnaissais assez vite les traits. Je cligne des yeux quelques minutes pour me remettre de cette surprise – car il détonnait drastiquement avec les visages fermés et inquiets de ses prédécesseurs – et l’écoutait tant bien que mal – je n’étais pas au meilleur de ma forme pour assurer une écoute active pendant plus de deux minutes, à dire vrai.

- Les couvertures seront couverts de je-ne-sais-quoi d’ici demain. Tout vieilli vite avec moi
, soupirais-je.

Je vieillissais toute chose … humaine comme non humaine. Cette couverture allait ressembler à ces vieux tissus puants d’ici demain matin, ou peut-être dans deux jours si les enfants de Vénus m’avaient apporté ce rare tissu qui est censé « ne jamais vieillir ». J’anéantissais bien des théories, avec mon pouvoir, au désespoir des enfants de Vulcain ou de Vénus, ceux qui voulaient atteindre une beauté – ou une création – défiant le temps.

Je sursaute quand je sens sa main glacée sur mon front et retiens mon souffle. Etait-il fou de m’approcher ainsi – ou de me toucher tout simplement – sans un gant épais ? Peut-être en avait-il en fait ? Je ne pourrais dire car il parlait et bougeait trop vite à mon goût. Car le voilà qu’il sort un livre, quelques herbes qu’il chauffe dans quelques ustensiles en inox à l’aide d’un zippo.

J’en profite pour enfiler mes gants, puis m’écrouler dans le lit pour me perdre dans la contemplation de la couverture.

- C’est très intéressant mais le livre me rappelle de mauvais souvenirs surtout. Un tour de monde n’est pas si simple … Ma traversée de l’Amérique a …

Je me tais aussitôt. M’épancher sur mon passé n’était pas une chose commune pour moi. Certes, je commençais à connaître ce Mica qui avait comme idée de m’aider à trouver la raison de ma « malédiction » ou du problème lié à mon pouvoir que je n’arrivais pas à désactiver. Par contre, cela ne me donnait nul droit de commencer à me confier : c’était pitoyable. Une Romaine doit être toujours forte, et regarder vers l’avenir – ou s’inquiéter du moment présent.

- Une grippe type … B ? En Latin, cela donnerait quoi ? demandais-je de ce ton cassant et sarcastique. Pourtant, je ne le voulais pas, c’était seulement ma façon de parler, un ton que je m’étais forgée depuis petite, un ton qui me défendait face à bien des mauvaises langues. Pourquoi ne me donnes-tu pas de l’ambroisie ? Ça serait plus rapide, non ? Et c’est plus bon, j’en suis persuadée, dis-je en affichant une mine de dégoûts lorsque j'inhale bon gré mal gré les premières vapeurs de la mixture.

Je m’aventure pour une gorgée … que je recrache immédiatement. C’était infect, totalement infect.

- Veux-tu me tuer Mica ? demandais-je, sérieusement.

Un frisson glacé me parcourt soudainement, je pâlis dangereusement et j’étouffe difficilement un cri.

- Dois-je rester ici?, m’enquis-je soudainement, Je n’aime pas cet endroit.

Je me sentais ridicule de demander une telle chose comme une petite fille, mais ce n’était guère ma faute. Je ne pouvais pas m’empêcher : je haïssais les endroits où je sentais la Mort rôder sans cesse. Je dois être officiellement l’une des rares enfants de divin à ne pas vouloir rencontrer de toute mon existence mon paternel. Si jamais j’ai à croiser sa route, cela signifie que c’est ma destination finale, comprenez-vous ?
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Mica Walker
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Ça m'attriste toujours de voir comment les choses peuvent vieillir autour de SaeHee. Parce que ouais, je l'oublie souvent, mais son pouvoir n'affecte pas que les gens, ça touche tout, vivant ou pas. En clair faudrait pas qu'elle s'amuse à se balader dans une morgue sinon il y aurait que des os à enterrer.
Elle a du courage cette fille, ça c'est clair. Ça me rendrait fou à sa place de devoir m'éloigner de tout pour pas que ça finisse en poussières. Et je crois que c'est justement parce que j'ai beaucoup d'empathie pour elle que je veux à ce point trouver un moyen de l'aider, et pas que parce que c'est un défi scientifique de taille de trouver un remède contre un pouvoir fan du vieillissement avancé. C'est pas de la pitié que je ressens pour elle, mais ça ne m'empêche pas de faire une petite moue peinée quand elle me fait remarquer que tout vieilli vite autour d'elle. C'est tellement vrai que s'en est triste, j'y peux rien, et puis ça me rend sensible quand les filles sont malheureuses.

Je lui donne donc le bouquin que j'ai ramené pour elle et fronce les sourcils en entendant qu'il lui rappelle de mauvais souvenirs. Tout en achevant de préparer mon remède pour sa gorge douloureuse, je lui demande : « Tu as traversé l'Amérique pour échapper aux monstres ou pour faire du tourisme ? D'ailleurs je me demandais, tu as toujours vécu aux USA ? Je te pose pas la question en mode Trump pour te reconduire à la frontière si tu me dis que non hein, t'façon je suis même pas ricain à la base. » Ça me fait penser d'ailleurs que ça fait un bail que je suis pas allé en Angleterre. Je me suis toujours promis que j'y retournerai au moins pour les funérailles de la reine mais comme elle est increvable, je risque de pas fouler le sol british avant un moment. God save the queen. Va falloir que je trouve une autre excuse pour y aller à ce rythme là.

Ma décoction prête, je la tends à Saehee qui la renifle d'un air pas très convaincu. Bon, ok, j'avoue ça pue, comme la plupart des trucs que je prépare, mais j'avoue que faire en sorte que ça sente le bonbon c'est pas ma priorité quand je fabrique un remède pour sauver la vie des ingrats que je soigne. « En latin ça donne que ce que t'as c'est craignos mais ça pourrait être pire, maintenant magne toi de boire cette potion préparée avec soin et amour. Et me parle pas de l'ambroisie, c'est surfait ça ! Je suis un vrai médecin moi, je me contente pas de te donner un truc qui va te soigner en moins de deux, moi je vois plus loin tu vois ! Ma mère est la déesse de la guérison mais surtout de la santé en général, et pour rester en bonne santé il faut renforcer ses défenses immunitaires, surtout après une méchante grippe. L'ambroisie ça fait qu'une partie du boulot, la science et le talent s'occupe du reste. » Saehee finit par en boire une gorgée et la recrache dans la foulée. Huuumm peut être qu'il va vraiment falloir que je pense à aromatiser mes remèdes au bonbon finalement. « Moi vouloir te tuer ? Naaaaaan ça serait contraire au serment d’Hippocrate. Par contre te torturer un peu pourquoi pas... » je lui fais un sourire taquin accompagné d'un clin d’œil, mais reprend mon sérieux en la voyant devenir livide tout d'un coup. Quoi, c'est aussi dégueu que ça ce que j'ai préparé ?

D'une voix paniquée que je ne lui connais pas du tout, Saehee me demande si elle est obligée de rester à l’hôpital ou si elle peut partir. Je fronce les sourcils, à la fois inquiet par son état et surpris par sa demande – même si c'est pas si étrange que ça qu'elle veuille se tirer d'ici, en général quand on est à l'hosto on rêve d'en sortir, même quand on est le médecin parfois, après 75 heures de garde. « Hé hé calme toi, respire un grand coup ok ? Qu'est ce qu'il se passe ? T'es fiévreuse et t'as la crève, avec ça t'as de quoi contaminer toute la Nouvelle Rome et rendre la moitié de ses habitants aussi vieux que l'ancêtre qui gère le manoir Playboy donc à vu de nez je dirais que c'est déconseillé pour toi de quitter la zone de quarantaine mais dis moi ce qui va pas et on trouvera une solution ok ? »

Je commence déjà quand même à cogiter sur les endroits où je pourrai l'emmener qui ne soit pas un hôpital. Il faudrait un lieu assez éloigné pour que ça n'atteigne personne si elle a un pic de fièvre que la fait délirer et libère massivement son pouvoir, mais en même temps il faut que je puisse avoir accès à quelques trucs pour la soigner quand même... Du coin de l’œil, je remarque des morceaux d'ambroisie emballés dans du plastique et grogne en roulant des yeux : c'est tellement plus classe de faire des concoctions, et tellement plus efficace sur le long terme... Mais faut croire qu'être médecin c'est aussi faire des compromis. D'un pas rapide, je me dirige vers le placard dans lequel est stocké l'ambroisie et en pioche une bonne poignée que je fourre dans mon sac, sauf un que je lance sur les genoux de Saehee – pas trop fort parce que j'ai un peu peur de viser sa tête sans faire exprès, ce qui est pas super rassurant quand on sait que je suis censé être un archer – avant de dire à mon amie : « Bon j'ai peut être une solution mais il faut que tu me bouffes ça rapidos pour calmer la douleur. L'ambroisie rendra pas la grippe moins infectieuse donc je vais sortir en premier de la chambre pour fendre la foule tel un Moïse de l'hosto et te libérer un passage jusqu'à la porte arrière du bâtiment. On arrivera dans une coure où y'a jamais personne – je le sais parce que c'est là bas que je grille mes clopes en scred – et à partir de là... »

Là, je sèche. Je sais comment la faire sortir d'ici, par contre pour ce qui est de trouver un endroit isolé pour la soigner correctement et effacer totalement la grippe de son organisme, je sèche. Du coup je lui demande : « Tu connais un endroit avec tellement personne autour qu'on pourrait y tourner un film sur la vie de Robinson Crusoé toi ? »

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Pouvais-je sincèrement vieillir la population de la Nouvelle-Rome, par le véhicule de ma maladie, et ainsi renommer la colonie comme la « Vieille Rome » ? Cette idée me terrifiait, mais m’amusait en même temps. Heureusement, mon pouvoir était temporaire : une fois le contact brisé, tout revenait à son état initial. Ce simple fait répondait à ma question délirante : je n’avais pas un pouvoir contagieux – mon divin père soit loué – mais il n’en restait pas moins dangereux.

- Où est le mal. On pourra se renommer « Vieille Rome », ce qui fait plus classe et plus honorable, dis-je de cette voix rauque, à croire que j’avais passé ma vie à fumer cigarette sur cigarette, voire des cigares entiers à la file. Je me demande sincèrement quel âge on me donnerait en entendant uniquement ma voix, si je téléphonais à cet instant-ci à un parfait inconnu.

J’arrête mon trait d’humour, et m’effondre encore à même le lit pour observer attentivement les tribulations de Mica, le seul médecin qui ne me fuit pas comme la Peste – et pourtant, j’ai presque toutes les caractéristiques de la Peste. Un court instant, je me demandais ce qu’il serait advenu de ma vie si j’avais hérité de ce trait morbide de mon Père, mais je n’arrivais nullement à me visualiser la chose.

- Tu me donnes le tournis
, finis-je par dire, ne sachant pas si c’est parce qu’il parlait et me demandait à réfléchir ou s’il bougeait trop à mes yeux de malade. Restons ici, finalement, je suis épuisée.

L’idée de traverser tout l’hôpital me semblait soudainement épuisante et elle terrassait avec brio tout envie ou crainte de ces lieux. Je me tais ainsi, attendant les prochains soins de ce médecin. Je me contente tantôt de l’observer, tantôt d’effleurer avec mes gants le dessus de couverture du livre apporté.

- Pourquoi tu ne me fuis jamais, Mica ? finis-je par demander, sincèrement curieuse de le savoir. Le dernier homme à m’avoir approché avec autant de facilité était parce qu’il m’aimait. Notre misérable tentative d’approche physique s’était soldée en une désastreuse rupture des plus violentes, au sens littéral. Est-ce que je suis une bête de foire ? Suis-je cette princesse en haut de sa tour sans porte ?

Ni l’une, ni l’autre des réponses ne me convenait. La première était compréhensible : qui voudrait être considérée comme une bête de foire ? La seconde était propre à toute bonne romaine à mes yeux : nous n’avons pas à être la faible chose qui attend qu’un homme vous sauve, au contraire, nous devons être maîtresses de nos destinées.

- Pourquoi me soigner, aussi ? Je pense que mourir pourrait aider certains à mieux respirer. Et je pourrais enfin rencontrer mon Père et lui dire les quatre vérités en face
, commençais-je à délirer, à nouveau. Cependant, je sais que d’ordinaire – depuis ces deux derniers jours je pense -, j’aurais continué sur cette lancée délirante en commençant à confondre Mica avec mon père adoptif mort, puis à pleurer sur cette mort ancienne, pour finir par me morfondre aux fins fonds de mon lit qui ne faiblissait pas si vite que toute chose ou personne autour de moi grâce aux nombreuses couvertures dont il bénéficiait – mince mais certaine barrière entre lui et ma maudite malédiction.

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Mica Walker
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Je suis pas champion du monde pour aider les patients à fuir les couloirs de l’hôpital. En fait, c'est plutôt pour l'inverse que je suis très bon : quand les convaincre à de se faire hospitaliser suffit pas, je les fous en sac à patate sur mon épaule et hop, l'affaire est conclue. Enfin je l'ai fait une fois en vrai. Et quand j'ai voulu tenter la deuxième fois, c'était avec Luca et au regard qu'elle m'a balancé j'ai compris qu'heureusement que j'avais pas fait un pas de plus parce que sinon, fils de Salus ou pas, elle m'aurait réduit en miettes. Pour en revenir à notre affaire, ça m'arrange carrément pas que Saehee veuille prendre la poudre d'escampette. Alors quand elle me dit que finalement on laisse tomber ce plan, je retiens un soupir de soulagement. « OK comme tu préfères » je réponds quand même l'air de rien. J'en étais arrivé à envisager d'enclencher l'alarme incendie pour vider les locaux, mais après j'aurai eu de sacrées emmerdes.

Vu que le plan évasion est avorté, je retourne vers le placard dans lequel j'ai piqué l'ambroisie et la remets à sa place en sifflant de façon approximative ''Hey Jude'' des Beatles. Mais quand j'entends la question que me pose Saehee ensuite, je me fige sur place pendant quelques secondes avant de tourner les talons pour lui faire de nouveau face. Je suis le genre de mec qui rigole beaucoup, mais à côté de ça, il y a des choses que je prends très au sérieux et qui me font pas rire du tout. Là, à l'instant, on a l'exemple parfait d'une conversation qui va pas être marrante. Je croise mes bras sur ma poitrine, m'appuie contre une armoire sur ma droite et lui réponds : « Si tu penses que je te vois comme une bête de foire c'est que tu dois avoir une sale image de toi même. Non, je ne te prends ni pour ça, ni pour une princesse Disney. Je te vois comme une patiente parce que c'est ce que tu es, surtout aujourd'hui. Si je reste alors que les autres médecins de l’hôpital se sont empressés de quitter les lieux, c'est parce que moi, en décidant de me lancer dans cette voie, j'ai décidé de prendre le risque d'être contaminé ou blessé en soignant les autres. Alors ok je te l'accorde, je suis immunisé contre toutes les maladies donc en principe je m'expose pas trop, mais on est au camp Jupiter et on est jamais vraiment à l'abri dans un endroit plein de demi-dieux aux pouvoirs tous plus chelous les uns que les autres. Pourquoi j'te soigne ? Sans déconner c'est quoi cette question ? Reprend toi un peu ma grande, tu penses sincèrement ce que tu es en train de dire ? T'es une romaine bordel ! Et même si tu l'étais pas, même si ton pouvoir te rendait complètement sociopathe je te soignerai quand même parce que c'est mon devoir. Ça te va comme réponse ? »

Je me suis probablement un peu emballé, c'est vrai, mais je déconne pas avec ce genre de sujet. Tous les jours, mon père s'acharne à soigner des gens en Afrique noire qui ne possèdent rien, n'ont pas un rond. Ils sont malades à en crever mais ils se battent parce qu'ils ont conscience du cadeau qu'est la vie. Ça me fout en rogne d'entendre des gens évoquer la mort comme si c'était une issue. Encore passablement énervé, je casse un carré d'ambroisie que je dilue dans une autre de mes concoctions que je prends toujours avec moi et en sers un verre à Saehee. « Tiens bois ça. Ça devrait calmer les symptômes et limiter les délires dû à la fièvre. » Je dépose le verre sur la table de chevet se trouvant à côté du lit de mon amie, puis soulève mon gant : le bout de mes doigts commence à se flétrir doucement, comme si j'avais passé plusieurs heures dans un bain. L'effet Saehee opère, mais je ne lui dis rien et replace l'air de rien le gant. « T'en reprendras un verre dans six heures environ et demain matin si tu croques un petit bout d'ambroisie tu seras complètement guérie sans risques de contamination. Ça devrait permettre aussi à ton père de vivre quelques jours de plus sans avoir à connaître ses 4 vérités. » J'attrape ensuite un stéthoscope dans mon sac et m'approche un peu plus près du lit en présentant le bout rond et frais à Saehee. « Tu permets que je check ton rythme cardiaque ? Avec ton pouvoir, je me méfie de l'efficacité des médecines classiques, je veux m'assurer que ton cœur bat à un rythme régulier. » Pas de blagues sur l'éventualité que ce soit une tactique pour la voir à moitié à poil ni rien, je fais tout dans la sobriété, même si ça me ressemble pas. Je suis trop en colère pour parler autrement et pour une fois, je peux affirmer qu'elle l'a bien cherché.

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Puis-je dire que je me sentais terriblement stupide et honteuse ? Comment avais-je pu poser une telle question à un Romain qui avait juré – de par son héritage, que par sa volonté – de guérir autrui ? Je pourrais prendre des millions d’excuses dont celle, classée première dans mon top 3, que toute personne m’évitait par nature en oubliant ses mille et un principe vertueux juste pour sauver sa petite peau. Cette attitude m’avait toujours dérouté : comment pouvait-on écraser avec tant d’aisance les vœux qu’on avait faits en devenant Romain ?

Je me mords la langue une fois, puis deux fois, et finit par prendre une profonde inspiration.

- Je suis désolée
, conclus-je, aussi sincèrement que possible. Il fallait admettre que montrer un quelconque sentiment n’était guère mon fort – m’étant toujours prémuni de ressentir quoi que ce soit, au risque de me retrouver à un impasse en raison de mon pouvoir, et d’être à tout jamais malheureuse – alors quand il fallait le faire, j’étais sacrément maladroite et démunie.

Quant à sa seconde question, je me contentais d’acquiescer discrètement de la tête, de me relever autant que je pouvais puis commençai calmement et lascivement à défaire le nœud de cette chemise de malade situé au niveau de la nuque pour révéler un dos où on pouvait voir avec une grande netteté l’ossature solide. Il fallait dire qu’étant une combattante au corps-à-corps des plus exceptionnelles – aucune arme ne survivait bien longtemps à mon pouvoir, chacune finissait par se fragiliser puis être brisé -, mon corps avait été façonné de façon tout aussi exceptionnel. Il n’y avait aucune graisse superflue et chaque os semblait être pointu et fait de fer. Et mes ennemis pouvaient en témoigner : je faisais sacrément mal …

- Mon pouvoir n’agit pas sur moi, le rassura-t-elle. Si je mange avec les mains, je dois mettre des gants … Tout ce qui est « extérieur » à mon corps subit les mutations faites par mon pouvoir, soupira-t-elle. Donc … généralement la médecine classique fonctionne. Du moins, si c’est une affaire de médicaments que je bois immédiatement, sans la faire trainer dans mes mains nues

Je me tus à nouveau, attendant que Mica fasse ce qu’il a à faire pour renouer ce petit nœud et m’effondrer encore dans ce lit. Etais-je gênée par pudeur ? Nullement. Il fallait dire qu’à constamment brider tout sentiment, j’en étais venue à ignorer certains codes de la morale. J’avais même eu un courant de pensées des plus originaux : lasse de tous ces tissus vieillissant à mon contact, j’avais voulu opter pour le nudisme. L’idée avait été vite abandonnée évidemment.

- Si comme tu dis, demain, je vais mieux, je souhaiterai te remercier, dis-je d’une petite voix en observant un tantinet le plafond. Je faisais rarement ce genre de proposition, car souvent, les personnes étaient mal à l’aise. Rares étaient ceux qui voulaient rôder avec la fille de la Mort, mais Mica me semblait différent … à moins qu’il ne devienne comme autrui une fois la casquette du médecin jetée. Comment pourrais-je le faire ?

Car oui, second souci quand on ne fréquentait guère la société : je ne savais pas du tout comment on remerciait une personne … Pitoyable et misérable, je le sais bien mais, malheureusement, je ne pouvais pas faire plus que ça.
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Mica Walker
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Je n'ai jamais été quelqu'un de particulièrement rancunier. Pas du tout en fait. La plupart du temps d'ailleurs c'est parce que je finis par oublier ce qui m'avait mis en rogne (pour dire à quel point, je me souviens même pas qui m'a lacéré le flan pendant la guerre contre Sol ! Bon mauvais exemple, parce que je ferai quand même bien la peau à celui qui m'a laissé à moitié mort sur le champs de bataille si je savais qui c'était, mais l'idée est là quand même). Je pense que c'est aussi dû au fait que je deviens super faible quand on me fait des excuses et d'autant plus quand c'est une fille qui me les présente. Alors forcément, quand j'entends Saehee me dire qu'elle est désolée, je sens direct que je vais pas pouvoir lui en vouloir plus longtemps. Surtout que je me doute que ça a pas du être facile pour elle de s'excuser comme ça, les romains ont une sacrée fierté et pour la plupart d'entre nous, reconnaître qu'on a eu tord c'est aussi douloureux que se faire écraser les boules par une broyeuse.

Comme je veux garder la face encore un peu avant de faire mon fragile, je lui réponds pas tout de suite et poursuis mon examen en appliquant mon stéthoscope sur son dos blanc craie, taillé comme une falaise bouffée au fil des siècle par les coups de la mer. En voyant ses omoplates, je me fais la réflexion qu'elle serait capable de couper un steak avec, mais je garde cette pensée pour moi parce que je suis pas sûr que ça plaise vraiment à Saehee que je lui dise qu'elle pourrait être un couteau suisse vivant. D'ailleurs, sans avoir à toucher directement sa peau, je peux deviner qu'elle est presque aussi fraîche que l'outil que je lui plaque sur le dos, outil qui commence à rouiller à la seconde où il entre en contact avec son épiderme. Une fois que j'ai bien entendu son cœur battre, je remballe mon matos, puis croise les bras sur ma poitrine pendant que Saehee me demande comment elle pourrait me remercier pour les soins que je lui ai administré. Et à partir de là, je sais que c'est foutu pour moi : je peux plus lui faire la tête.

Je pousse un long soupir en passant mon stéthoscope autour de mon cou puis retire mes gants avant de lever les mains en l'air en signe de reddition : « OK c'est bon je fais pas le poids ! Si tu veux me remercier, commence par faire attention à ne plus tomber malade : c'est pas que j'aime pas soigner les gens, mais quand ils restent en bonne santé c'est quand même mieux. » Mais comme je me doute que c'est pas avec ce genre de chose qu'elle veut me remercier, je me frotte le menton le temps de réfléchir à quelque chose qui me plairait bien en ce moment. Comme lui demande la nouvelle X box c'est un peu abusé, je penche pour un autre choix pas plus mal : « Hummm... sinon tu peux me payer un coup dans un bar que je connais pas très loin du camp Jupiter et comme je suis un vrai gentleman, je paie le dîner. L'autre idée qui me vient c'est que tu portes un costume d'infirmière toute la journée et que tu m'appelles ''docteur Walker'' dès que tu as quelque chose à me dire mais bizarrement j'ai le pressentiment que ça te plairait pas des masses. » Je lui adresse un sourire en coin avant d'aller vers la fenêtre de la chambre et de l'ouvrir. « L'air frais te fera du bien, ça régulera les poussées de fièvres si elles reviennent – j'en doute mais on ne sait jamais, le corps des demi-dieux reste parfois un mystère même pour moi. »

Je jette ensuite un œil sur ma montre, puis reprends : « Je passerai te chercher demain soir quand tu seras totalement rétablie. D'ici là, reste à l’hôpital, je vais donner quelques instructions aux médecins pour que personne vienne te faire chier. Et puis si jamais il y a le moindre problème, hésite pas à me faire appeler, je bouge pas du camp tant que tu pètes pas le feu. Des questions ? »

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Life is beautiful We live until we die When you run into my arms We steal a perfect moment Let the monsters see you smile Let them see you smiling. Do I hold you too tightly ? When will the hurt kick in ? Life is beautiful But it's complicated We barely make it We don't need To understand There are miracles —
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