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  "You give me three cigarettes to smoke my tears away" - NoahVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Pourquoi est-ce que j’étais parti de la colonie ? Là, concrètement, j’avais tellement d’alcool dans le sang que je ne me souvenais de rien. Mais c’était tout à fait ce que je recherchais. Parce que je crois bien que mon esprit n’avait pas été préparé à la bataille de Manhattan. Non, pas du tout préparé. Et depuis… je ne m’en étais toujours pas remis. La bataille avait été terrible pour tout le monde, j’étais bien placé pour le savoir. Mais personne ne pouvait se douter de ce que j’avais ressentis à ce moment. C’était comme si j’avais été torturé. Je ne savais même pas comment mon coeur avait supporté ça. En tout cas, tout ce que je savais, c’était que je m’étais réveillée à la fin de la bataille le visage empli de larmes, le corps dégoûtant, pleins de sang, mon sang que j’avais fais coulé en m’auto-blessant. Je n’avais plus du voix tellement j’avais crié. Je ne me supportais pas tellement je me sentais sale. Je m’étais oubliée, j’avais vomie parce que… parce que mon corps ne pouvait plus. Alors les autres et leurs sentiments de culpabilité, franchement, je pouvais pas les supporter. Heu, ils n’avaient rien vécu. S’ils voulaient de la culpabilité… si je n’avais peut-être pas personnellement tué Niahm, si je n’aurais jamais voulu lui faire de mal, en tant qu’espionne, j’avais l’impression que sa mort était ma faute. J’avais assez de cette culpabilité. Alors j’avais fuit. Je n’étais même pas rentrée à la colonie. J’avais avancé, sans but, comme ça, sale et puante. De toute façon, c’était bien comme ça que je me sentais. Je ne savais même pas comment je m’étais lavé… Ah si ! La bonne blague. C’était une association pour clochard qui m’avaient aidé. Je n’ai même pas eu la force de les contre-dire. Ou de les remercier. J’étais juste… Sous le choc. Tremblante, pleurant sans même savoir pourquoi. Trop. Ça avait été mille fois trop. Et comme on m’avait pris pour une clocharde, j’avais pu les observer. Et les regarder boire. Ça a été à un clochard que j’ai parlé en premier après la bataille. Pour lui demander si l’alcool l’aidait à oublier. Il m’avait dit que oui. Alors j’avais bu. Et je m’étais pris ma première cuite. Et depuis, je n’avais pas arrêté de boire. J’oubliais tout. Je ne contrôlais peut-être rien, mais mon esprit était tellement ailleurs que je m’en fichais. Plus rien n’avait de l’importance. Plus rien que de m’amuser. De profiter de la vie. Alors qu’elle n’avait aucun sens. Je le savais mais, bizarrement, bourée, ça me semblait amusant. Drôle à mourir même. D’ailleurs, parfois, je me tapais des barres comme ça, sans que les personnes autours de moi me comprennent. Pendant trois mois, ça avait été la fête permanente. Et je n’avais plus aucune notion du danger, sinon, je n’aurais sûrement pas traîné avec les personnes avec qui j’avais passé mes nuits et mes journées. Parce qu’une chose était sûre : elles craignaient. Mais moi, je les trouvais drôle. Et apaisante d’un certain côté. Elles, elles n’avaient pas vécu une guerre. Même si leur vie était pourrie, leurs émotions étaient supportable.

Seulement, pendant mes rares moments de lucidité, je savais que je ne pouvais pas rester comme ça. Que je ne voulais pas rester comme ça. Ce serait tellement facile. Et je n’aimais pas la difficulté. Mais… même si j’avais envie de fuir ceux qui avaient vécu la même chose que moi, d’un certain côté, j’avais envie de quelqu’un qui me comprenne. J’avais envie de mes frères et soeurs. Non, j’avais carrément besoin d’eux. Seulement… Comment les regarder en face alors que j’avais été espionne pour le compte de Cronos. Et Niahm… Putain, Niahm ne sortait pas de ma tête. J’avais décidé d’arrêter de boire. D’être au moins… capable de tenir debout toute seule. De penser toute seule. Et de rentrer à la colonie. je voulais rentrer chez moi. Je voulais rentrer auprès de ma famille. Sans même savoir pourquoi, je me mis à chialer comme une gamine. D’un autre côté, j’étais une gamine encore. Je ne sais même pas combien de temps j’ai pleuré. Je savais juste que j’étais incapable de m’arrêter. Il fallait que ça sorte. En quelque sorte, c’était un peu libérateur. Un peu parce que je savais que rien ne pourrait me libérer de ce que j’avais vécu. Ça avait été trop. Mais j’avais toujours essayé de garder la face avec mon pouvoir. Je ne devais pas changer ça, non ? J’étais capable de vivre à la colonie, non ? De toute façon… je n’allais pas passer ma vie à traîner avec des alcoolos et des drogués qui ne savaient pas quoi faire de leur vie. Même eux étaient dégoûté par leur vie et ne voulait que mourir ou ne rien ressentir. Moi aussi, je rêvais de ne rien ressentir, mais je savais bien que c’était impossible.

Et c’est comme ça que j’ai pris mon courage à deux mains pour me diriger vers la colonie. J’avais passé deux jours sans boire, mais la culpabilité, le stress, les souvenirs,… J’ai paniqué juste avant la colonie. Je ne pouvais plus avancé. Je ne pouvais plus rien faire. Alors comment est-ce que j’étais sensée mettre un pied devant l’autre ? Je ne savais pas. Jusqu’à ce que je vois un magasin, une sorte de petite épicerie. Dans laquelle j’ai réussi à piquer plusieurs bouteilles. Je ne savais même pas ce que j’avais pris, mais tant que c’était de l’alcool, je m’en fichais. Je les rangées dans mon sac, n’en gardant qu’une. Je ne regardais même pas l’étiquette, je me contentais de l’ouvrir et de boire. Et je commençais à boire en chantant. Ça, ça avait été la grande découverte de ces trois mois. les chansons. Et je vous assure qu’il y en avait qui valaient le coût. Bref, je buvais pour me donner du courage. J’étais ce que je me disais, alors que je savais parfaitement que c’était pour oublier.

Enfin bref, à nouveau joyeuse, et bourrée, j’arrivais à l’entrée de la colonie. Il faisait nuit. Il était si tard que tout le monde était couché. Du coup, après avoir un peu erré dans la colonie, j’entrais dans le bungalow. C’était déjà un miracle que je reconnaisse le bon bungalow. J’ouvris la porte avec fracas alors que j’étais pourtant persuadée d’avoir été super douce. Faisant « shhhhhhut ! » à la porte, j’essayais de rentrer le plus discrètement possible. Sauf que je ne devais pas marché droit et que je me cognais partout. En fait, je me pris même les pieds dans un t-shirt qui traînait par terre. Et je tombais la tête la première sur le sol. « Aïeuh ! Mais shhhhhut ! Faut pas faire de bruit…. » Oui, je me parlais à moi-même. Je crois que j’avais un peu trop bu…

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Noah S. Warsmond
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01 novembre 2015 - Il regarde le plafond. Enfin, métaphoriquement parlant, vu qu'il est dans le noir - il fait nuit, tout le monde dort. Du moins, tout le monde est supposé dormir. Dans la couchette du dessus, il peut entendre Loki ronfler. Et dans celle du bas qui se trouve sur sa gauche, elle est vide. Depuis plusieurs années maintenant. Petite Niahm. Partie aussi vite qu'elle est entrée dans leur vie. Disparue, la petite gamine qui faisait des blagues à longueur de journée et qui avait toujours le mot pour les faire rire. Évaporée. Elle est plus là depuis longtemps.
La couchette au-dessus de celle de Niahm, c'est celle d'Edelweiss. Sa petite fleur. Elle n'est pas occupée depuis quelques mois - leur petite soeur a disparu elle-aussi. Il se doute un peu de la raison de son absence. Il l'a vue sur le champ de bataille, à Manhattan - mais de l'autre côté. Avec Cronos, Luke, tous les autres demi-dieux haineux des demi-dieux qui ont passé leur haine sur leurs frères, soeurs, cousins et cousines. Edel était avec eux, ceux qui ont semé la mort, ceux qui ont tué Niahm. Mais il a vu l'expression de son visage - et il se dit qu'il lui en veut pas tant que ça. Qu'il pourra presque lui pardonner. Tout le monde fait des erreurs - et puis, c'est pas elle qui a tué Niahm à proprement parler.

Il soupire, se retourne, passe la couverture au-dessus de sa tête et ferme les yeux avec force. Il arrive pas à dormir. C'est comme ça depuis longtemps, il utilise tellement son pouvoir que toutes ces mauvaises ondes qu'il fait disparaître se répercutent sur lui. Il entend des cris dans sa tête, il voit des morts - ses cauchemars sont .. cauchemardesques. Il est bercé par toutes les peurs, les craintes, les regrets et les idées noires de ses camarades - ça fait longtemps qu'il n'a pas fait un rêve calme. Mais heureusement, ce ne sont pas les même rêves qui reviennent encore et toujours - en général, il en fait un une fois, puis ça s'évade comme un nuage noir et se disperse dans la nuit. C'est éphémère.
Des fois, il reocnnaît des voix. Des visages. Des gens qu'il connaît, ou connaissait - mais de loin. Pour certains, il connaît même pas leur prénom - et quand il les voit disparaître, il s'en veut. Même pas fichu de retenir leur prénom, alors qu'il les a déjà croisé dans le camp, merde. Soupir. Il envoie valser la couverture, il se redresse, essaye de calmer sa respiration - son front est en sueur, il s'essuie avec une serviette qui traîne sur sa commode. Il boit un peu d'eau. Son petit manège nocturne habituel - dans la cabine, tout le monde dort. C'est rare. Il fait pas de bruit, parce qu'il veut pas les réveiller - pour une fois que personne ne fait de cauchemar ou ne se réveille en hurlant.

Il entend des bruits de pas dehors - le sang fait qu'un tour dans ses veines, il se lève d'un bond mais réveille pas les autres. Il a pas envie de leur couper leur nuit pour une fausse alerte. Alors il attend, prêt à se jeter sur la source du bruit - il reconnaît pas tout de suite la voix, trop engourdi par le sommeil, même si l'adrénaline le réveille suffisamment pour qu'il soit au minimum nécessaire de ses capacités.
Et bam, la porte s'ouvrit d'un coup. Par chance, personne ne se réveilla. Noah tiqua, fronça les sourcils et se retint de soupirer face à la sihouette qui se prit les pieds dans son tee-shirt. Mais il n'avait pas envie de soupirer du tout. « Merde, Edel! » C'est comme une bouffée d'espoir qui s'infuse dans son corps, ses veines ses muscles. Un poids qui disparaît. Elle est là. Elle est vivante. Et complètement ivre. Il lui fait signe de se taire, parce que les autres commencent à s'agiter un peu à cause du bruit - il la soulève d'un coup par les épaules. « Tu vas réveiller les autres, fais moins de bruit bordel! » qu'il lui souffle, avant de la faire sortir dehors. Il ferme la porte du bungalow derrière eux, c'est bien insonorisé, s'ils parlent à une intensité raisonnable on devrait pas trop les entendre. Et puis, côté harpies, elles sont un peu plus souples sur le couvre-feu depuis la guerre - ils risquent pas de se faire agresser par ces vieilles peaux. Il sait pas trop quoi lui dire, à Edel - alors il se contente de la regarder comme si elle était un alien sortit de nulle part. Avec un peu de rancoeur, mais un peu de soulagement aussi. Petite soeur.


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Étalée par terre, je ne comprenais pas tout ce qui se passait. Mais j’aimais bien être sur le sol. Il était assez chaud, suffisamment en tout cas pour que je l’apprécie après la soirée passée dehors. Ce n’était qu’une fois au chaud que je me suis rendu compte à quel point j’avais eu froid dehors. Alors je profitais. J’étais un petit peu dans un délire. Mais je ne sentais pas trop les émotions des autres comme ça. Ou plutôt, je ne me focalisais pas dessus. C’était pour ça que je sursautais quand Noah apparut devant moi. Bah mince. J’avais pas été assez discrète ? J’aurais juré pourtant. Mais vu qu’il me faisait signe de me taire, je devais en conclure que j’avais été trop bruyante. Noah… J’étais à la maison. Je crois qu’il avait fallut que je le vois pour le réaliser entièrement. Alors lorsqu’il me souleva, je me retournais pour lui faire un câlin. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, j’avais eu envie. Avec l’alcool, j’étais encore plus… imprévisible. En tout cas, mes actions n’étaient pas vraiment raisonnées. Mais elles ne l’étaient jamais, je devais bien l’avouer. « T’as vu, j’ai réussi à retrouver le chemin ! Je me suis pas perdue ! Même si je crois que j’ai un peu trop bu… » Après tout, j’étais au bungalow des Dionysos, l’alcool et nous, c’était un peu comme une seconde nature. Mais ce n’était pas pour ça que j’avais bu. J’avais bu pour oublier. J’étais morte de peur. Parce que… même si je n’avais pas été capable de prendre part aux combats, je n’avais pas été aux côtés de la colonie. Et ça… ça n’avait pas du échappé à certaines personnes. J’avais été du côté des partisans. J’avais été du côté de ceux qui avaient tué Niahm. Mais je ne l’avais pas tué. Je n’y étais pour rien moi. En tout cas, c’était ce que j’essayais de me dire. Oui, c’était une veine tentative pour essayer de me déculpabiliser. Mais je n’arrivais pas à faire face. Alors j’avais bu. Et voilà que Noah me sort dehors. Je ne sais pas pourquoi, je gloussais bêtement. Il n’y avait rien de drôle mais… je rigolais quand même. Les nerfs… ça devait être ça. Mon trop plein d’émotion avec l’alcool, ça me faisait dérailler. Mais je devais dire une chose. J’aimais que Noah s’occupe de moi… si on pouvait appeler ça s’occuper de moi. Il n’empêche, il avait fait plus attention à moi que quiconque ces quelques mois. Normal, il me connaissait. Tout comme je le connaissais. C’était ma famille. Et c’était d’elle que j’avais besoin. Je venais juste de le comprendre. Et une petite voix dans ma tête me soufflait « idiote ». Je n’aimais peut-être pas mon père, mais j’aimais mes frères et soeurs… comment j’ai pu être espionne pour Cronos ? Je connaissais déjà la réponse : la haine.

Bref, je me retrouvais en face de Noah. J’aurais aimé… j’aurais aimé lui dire quoi que ce soit. Lui parler. Me confier. Mais est-ce que je le pouvais vraiment ? Je le voyais debout, en face de moi. Et même si j’étais ivre, je savais que quelque chose avait changé. Je le sentais. Vraiment. Cette rancoeur… je la sentais tout au fond de moi et… elle ne venait pas de mes émotions. Je n’avais aucune rancoeur pour Noah, ni pour mes autres frères et soeurs. Alors je savais qu’elle venait de lui. J’étais juste trop dans les vapes pour faire toutes les connexions. Cependant, je le sentais. Je sortie une nouvelle bouteille de mon sac et je commençais à boire de nouvelles gorgées. Je ne voulais pas sentir cette rancoeur entre nous. Et dans l’état où j’étais, je pensais bêtement que l’alcool suffirait à faire passer tout cela. Après avoir bu une longue gorgée, je souris à Noah, comme si de rien n’était. Comme si je n’avais rien sentie. J’étais très forte dans ce domaine. Mais également comme si je n’avais pas disparu depuis de nombreux mois. « Coucou ! Comment ça va ? Si tu veux, on partage. » Je lui avait tendu la bouteille. Comme ça, on aurait dit que rien n’était arrivé. Rien. J’avais l’air joyeuse. J’avais réussi. J’avais réussi à faire face. J’allais continuer à réussir. L’alcool…. L’alcool, c’était ce qui allait me permettre d’y arriver. Alors je bu à nouveau. J’aurais mieux fait de m’abstenir parce que je renversais une bonne partie de l’alcool sur moi. Merde, je contrôlais plus mes gestes. Je comprenais pas pourquoi mon corps m’obéissait plus. Parce que je me sentais très bien, non ? Non… La réponse était non. Et toute ma façade s’effaça. Les larmes se mirent à couler sur mes joues alors que… que je voulais pas. Bordel ! Je continuais à sourire, mais… je mis un certain temps à me rendre compte que je n’y arrivais plus. Finalement, l’alcool m’avait pas tant aidé que ça. Peut-être qu’il avait repoussé ce qui devait arriver. Je me mis à pleurer. Alors que je n’avais pas à pleurer. Mais… je n’avais que fuis ce que je ressentais. Et revenir à la colonie… ça faisait tout remonter. Parce qu’ici, je me rendais compte à quel point il y avait un avant et un après la bataille. Alors je pleurais. Sans savoir quoi dire à Noah. Qu’est-ce que je pouvais lui dire, merde ? Je m’assis sur les marches devant la porte, respirant pour arrêter les sanglots. Une fois un peu calmé, je repris une gorgée. « En tout cas, j’ai passé de superbes vacances. T’imagines même pas le road trip que je me suis tapé… » Mensonge. J’avais passé ces mois à boire et à cuver. Mais on pouvait dire que j’avais fait une sorte de road trip des bars autours de New-York… alors c’était peut-être pas un si grand mensonge que ça.

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Noah S. Warsmond
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01 novembre 2015 - Il a envie de la prendre dans sa bras, de la serrer fort jusqu'à lui casser les côtes, parce qu'elle lui a manqué. Mais y a comme un mur qui l'en empêche, qui s'est construit avec les briques de son absence et de sa trahison. C'est plus fort que lui, chaque fois qu'il a envie de laisser couler, de la prendre dans ses bras comme avant, il la revoit de l'autre côté du champ de bataille. Et ça lui fout un goût amer dans la bouche, de repenser à ça - il voudrait oublier, parce qu'elle est là maintenant Edel. Sa petite fleur. Sa petite soeur. Son petit ange.
L'air frais du soir lui fait du bien. Les étoiles, la lune les éclairent - il voit toujours le visage d'Edel, qui semble pas décidée d'arrêter de sourire. Elle pue l'alcool. Il peut la sentir jusque là. En même temps, il a l'habitude - quand ton père est le dieu du vin, détecter les gens ivres ça devient une seconde nature chez toi. Il fait avec. Ils ont tous un problème d'alcool dans le bungalow, de toute façon - Loki est le seul qui est incapable de finir ivre mort, du coup, il s'occupe toujours d'eux. Des fois. Quand il est enclin à se montrer comme étant le plus mature de tous, et pas seulement comme un papy à canne.

Quand elle lui tend la bouteille, il hausse simplement un sourcil. Y a quelque chose qui a changé chez elle - qui s'est cassé. Et il sait pas si ça pourra être réparé un jour. Il la laisse boire, il a pas la tête à se bourrer la gueule - pas ce soir, qu'il se dit mentalement. Il se contente de la regarder faire, le coeur en miette - ça lui fait mal de la voir comme ça.
Puis elle fond en larmes, d'un coup fatal. Le coeur de Noah fond avec. Il tient plus, son instinct protecteur reprend le dessus: il passe ses bras autour d'elle, après qu'elle ait essayé de se remettre de ses émotions. « Allez viens là. » Et il la prend dans ses bras. Et il la serre fort, si fort. Sa petite Edel. La petite soeur qu'il lui reste. La survivante.

Il reste comme ça quelque secondes à lui caresser les cheveux en silence. Il a la gorge qui se serre. « Tu m'as manqué, ma p'tite fleur. » C'est soufflé comme un secret, dans un murmure qui s'évapore dans la nuit, qui va se cacher parmi les étoiles du firmament qui s'étend au-dessus d'eux. La fleur-étoile, edelweiss, comme elle. « Depuis quand tu bois, autant, c'était pas toi qui râlait parce qu'on buvait trop avec Loki? » Il tente un peu d'humour pour mieux faire passer le truc, mais le fond du message trompe personne. Aucun des deux n'est stupide.
Il se dit qu'il est prêt à tout oublier. A faire comme si de rien n'était. A reprendre la vie là où ils l'avaient laissée - à avant la guerre. Il a retrouvé Edel, et une partie de Niahm avec - sur le coup, il se sent prêt à tout faire. Invincible. C'est comme un regain d'énergie qui s'insinue dans ses veines - même si la réserve est encore de mise, et que la rancoeur n'est pas totalement évanouie.

Le calme avant la tempête.

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Je m’étais effondrée. J’arrivais pas à le croire. Mais d’un autre côté, c’était bien pour ça que j’avais eu peur de revenir à la colonie jusque là. Pas seulement pour ça, bien sûr, c’était un mélange d’émotion que je ne savais pas trop définir. C’était fou, on aurait pu croire qu’avec mon pouvoir, j’étais trop douée pour mettre un mot sur ce que je ressentais… Eh bien pas du tout. Je me contentais de subir mes émotions et celles des autres. Je n’avais aucun contrôle et c’était bien ça le problème. Sinon, j’aurais pu… apaiser ou rendre joyeux ceux qui m’entouraient. Ça aurait été tellement plus simple pour tout le monde. Mais non. J’étais incapable d’influer sur les sentiments des autres, ni de les bloquer. J’étais comme un rocher qui subissait inlassablement les coups des vagues. Et peu à peu, ces vagues d’émotions me touchaient, me faisaient perdre une partie de moi, érodaient ce que j’étais. Ce pouvoir… C’était ce pouvoir qui me tuait à petit feu. Ça et ma faiblesse. J’étais incapable de résister à ce que je ressentais. Au point que je me laissais bouffer, je me laisser disparaître. Par exemple, lors de la bataille de Manhattan, je n’existais plus. Je n’avais pas été là. Je n’avais pas combattu. Pas parce que j’étais roulée en boule à pleurer. Non, pas pour ça, mais parce que j’avais tellement était assaillie par les émotions des autres que moi, en tant que personne, je n’avais plus existé. j’avais totalement disparue lors de cette bataille. Et ça… ça, je ne voulais plus jamais que ça m’arrive. C’était ce que je venais de réaliser alors que je pleurais. J’avais disparu… Pendant la bataille, mais même après… J’avais cessé de me battre, j’avais cessé d’exister même si mon corps était toujours bien en vie. Et réaliser ça… Disons que mes larmes coulèrent de plus belles. Ça plus les morts et la culpabilité. Alors quand Noah me pris dans ses bras, je me blottie contre lui. Son contact était réconfortant. J’étais à la maison. J’étais en sécurité. Et il allait falloir que je fasse face à tout ce qui nous était arrivé. Comment ? Ça, c’était une bonne question. D’autant plus que… faire face, ce n’était pas trop mon truc. Avant, j’y arrivais, mais là, ce que j’avais vécu était tellement fort que… que je me sentais impuissante. Jusqu’à ce que Noah me prenne dans ses bras. Là, je n’étais plus seule. Et si je n’étais pas seule, c’était bien que j’existais. Si je n’étais pas seule, c’était bien que ça valait la peine de se battre… Que je valais la peine de me battre. Le visage en larme, je souris lorsque Noah m’appela sa « petite fleur ». Les larmes ne s’étaient pas interrompues pour autant, mais oui, j’avais le sourire. C’était un sourire emplie de nostalgie, parce que je savais que quoi qu’il se passerait, la bataille avait tout changé. Mais il n’empêche, je souriais. Et le fait que cette phrase n’est été dite que dans un murmure… renforçait sa beauté et sa force.

Puis Noah me demanda depuis quand je buvais ainsi. J’essayais bien de m’arrêter de pleurer mais… il semblerait que mon corps en soit incapable. Non, les larmes coulaient d’elles-mêmes. Et elles ne s’arrêteront que lorsque mon corps n’en aura plus à verser. Alors c’est le visage rouge, des larmes perlant le long de mes joues que je rigolais d’un rire sans joie. « Depuis que cette guerre a détruit le monde que l’on connaissait… Notre monde… » C’était vrai. C’était ça qui avait tout changé. Le pire, c’était que si j’avais rejoints les partisans, c’était bien pour avoir un changement… mais pas celui-là. Je n’avais jamais voulu ça. Le visage de Niahm s’imposa dans mon esprit. Il y en avait d’autres qui étaient mort et auxquels je pensais… Mais Niahm… Niahm était omniprésente. Elle était le rayon de soleil de la colonie. Et je ne pouvais plus faire semblant. En tant qu’espionne, je ne devais rien dire, rien laisser paraître. Être comme d’habitude. Même après la mort de Niahm, j’avais continué. Parce que j’étais allée trop loin pour ne pas aller jusqu’au bout, pour ne pas essayer de donner… ne serait-ce qu’une raison à sa mort. Pour essayer de me dédouaner. Seulement… voir tout le monde en larme et en deuil, pire, voir mes frères et soeurs essayer de me réconforter alors qu’ils n’avaient aucune idée de la vérité… ça… ça c’était horrible. Je ne voulais pas qu’on vienne me dire que ce n’était pas de ma faute. Parce que c’était faux. Certes, je n’avais pas poignardé Niahm, je ne l’aurais jamais fait, je ne lui aurais jamais fait intentionnellement du mal… mais j’avais fournie les informations nécessaires à l’élaboration de la bataille. Voilà ce que je me disais. Et même encore, ça me donnait envie de vomir. Il fallait que j’en parle à quelqu’un. Et Noah était là…. En plus, je connaissais son lien avec Niahm et… et là, j’essayais de me convaincre qu’il devait savoir. Que ce que j’allais dire, je ne le faisais pas que pour moi, mais aussi pour lui. Encore une de mes tentatives de me dédouaner.

J’avais gardé le silence. Je ne savais pas depuis combien de temps… Mais je m’en fichais. Je le vais mes yeux vers le ciel étoilé. Niahm devait se trouver sous terre mais… je trouvais ça beaucoup plus poétique de l’imaginais parmi les étoiles. Et puis… c’était là qu’elle devrait se trouver. Pas… pas là où elle était. Je me dégageais de l’étreinte de Noah, reprenant une gorgée, avant de murmurer au ciel : « Depuis la mort de Niahm… » Je m’étais lancé. Il fallait que ça sorte, mais c’était plus facile avec de l’alcool. Pour me donner du courage. « Depuis que j’ai menti à tout le monde… » Nouvelle gorgée. Plus longue cette fois-ci. Je voulais sentir la brûlure de l’alcool le long de mon oesophage. Un peu comme Dobby… Je voulais peut-être sentir la souffrance. Au fond, c’était peut-être aussi pour ça que je faisais cette révélation à Noah. Parce que je savais parfaitement qu’il ne me le pardonnerait jamais. Je le savais mais… d’un autre côté, je n’avais pas besoin d’entendre un autre discours puant le mensonge. Je ne voulais plus des faux-semblants. Je voulais la vérité. « Mais tu le sais déjà… Je le sens… Je sens que quelque chose à changé entre nous… Je le sais… Tu sais que j’ai été du côté de Cronos. » J’avais planté mon regard dans celui de Noah. Je n’étais pas sûre d’arriver à tenir debout alors… Quoi que peut-être que je lui ferais tellement pitié qu’il me laisserait là. Seule… J’étais sûre que ça finirait comme ça. Enfin, je détournais le regard, avant de porter à nouveau la bouteille à ma bouche. Et si je faisais un coma éthylique ? Ce ne serait peut-être pas plus mal. « Une belle erreur… La plus grande erreur de ma vie… » Et je bu à nouveau. Je restais là, attendant… attendant je ne sais pas trop quoi. Un coup peut-être. Je le mériterais.

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Noah S. Warsmond
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01 novembre 2015 - Il avait beau faire froid dehors, il avait l'impression de brûler. C'était comme si un feu ardent flambait dans ses veines, ses artères, et enflammait son esprit tout entier. Il avait envie de bouger. Pas de rester assis comme ça - mais Edel était au bout du rouleau, il pouvait pas lui faire ça. Alors il prenait sur lui. Essayait de réprimer ce feu qui lui retournait l'estomac - il faisait de son mieux pour ne pas être trop brusque. Et ça lui coûtait beaucoup. Il bandait ses muscles, tentait de regarder le ciel pour réprimer cette envie d'exploser d'un coup - il avait beaucoup trop de choses à dire, des reproches à faire. Mais ça n'était pas le moment. Est-ce qu'il y avait de bons moments pour ce genre de choses? Comment pouvait-on savoir qu'une situation était "le bon moment" pour aborder un sujet aussi grave? Il ne savait pas trop. Mais il attendrait.
Depuis que la guerre a détruit notre monde. Il la regarde boire. Grimace. Boire est comme une seconde nature chez les enfants de Dionysos - en même temps, vu que leur père est le dieu du vin, ça semble aller de soi. Mais Noah avait une espèce de dégoût envers les addictions - et voir sa soeur devenir accro à ce liquide destructeur, ça le mettait en colère. Il avait envie de lui arracher la bouteille, de la balancer très loin d'ici, et de lui souffler que tout allait bien se passer. Mais il n'en fit rien.

C'était si silencieux. Autrefois, jamais ils ne seraient restés aussi calmes - ils auraient trouvés quelque chose à faire, auraient réveillés leurs frères et soeurs. Mais l'atmosphère était bien différente du passé. Tout avait changé. La guerre les avait changé. Les avait éloignés. Il avait l'impression d'avoir une étrangère en face d'elle - et c'était très dur à avaler pour lui, qui avait été si proche d'elle. Bien sûr, elle les avait trahis - elle avait trahi Niamh. Mais il était près à lui pardonner. Tout le monde faisait des erreurs. Elle était de la famille, et il l'avait cherchée pendant si longtemps - maintenant qu'elle était revenue, il ne pouvait pas la repousser. Pas si brutalement. Pas comme ça.
Elle se dégage de ses bras. Depuis que j'ai trahi Niamh. Depuis que j'ai menti à tout le monde. Il reste immobile, dangereusement immobile. Il ne comprend pas trop où elle veut en venir. « Qu'est-ce que tu veux dire par là? » qu'il demande, dans un souffle. Il ne comprend pas pourquoi elle fait remonter ce sujet si sensible à la surface, alors qu'il est près à lui pardonner cette trahison. Celle d'avoir combattu à côté de Cronos, avec les partisans. « Tout le monde sait que tu t'es battue avec Cronos. C'est pas nouveau. » Il souffle, serre les poings, contracte la mâchoire. Il se redresse. « Y a autre chose? » Il lui prend la bouteille des mains, pour la forcer à le regarder. Il la pose derrière lui. La toise. Son regard brûle. « Edel, est-ce qu'il y a autre chose? » Son ton se fait plus dangereux. Il le voit dans son regard. Y a quelque chose. Quelque chose qu'elle a jamais dit - et qui va exploser au grand jour. « Qu'est-ce que t'as fait putain?! » qu'il demande plus brutalement, alors qu'il s'était promis de prendre sur lui. Mais c'est plus fort que sa bonne volonté - la colère l'emporte toujours, chez lui.

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"You give me three cigarettes to smoke my tears away" - Noah
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