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Johanna A. Rivera
+ messages : 43
+ face and credits : emeraude toubia (c) hollidaysee.

johanna adele rivera
ft. emeraude toubia
↘ carte d'identité
nom : elle a longtemps accepté le nom qu’avait pris sa mère, Sorensen ; un nom typiquement du nord, qui n’allait décidément pas à la carnation basanée et aux cheveux sombres de sa génitrice. Depuis peu, Johanna en est donc revenue à son vrai nom de famille, Rivera, assez courant au Mexique. + prénoms : elle répond au prénom de de Johanna, un variante de, jadis, Joanna. Son second prénom est Adele, forme anglicisée d’Adela, mais elle ne l’utilise que rarement, pour ne pas dire jamais. + surnoms : à part Jo ou même Joan, elle n’a pas réellement de surnoms. De toute façon, elle ne les supporte pas tellement. + âge : elle a aujourd'hui vingt-sept ans. La jeunesse s’évapore doucement, il est temps qu’elle trouve quelque chose de concret à faire de sa vie. + nationalité et origines: née à New-York, elle a la nationalité américaine. En revanche, sa mère est née au Mexique tout en ayant des origines libanaises, et son père est, eh bien, un dieu. + date et lieu de naissance : elle est née le 17 février 1990, dans un quartier pourri de New-York ; elle serait née dans le caniveau que ça ne l’étonnerait même pas. + orientation sexuelle : elle est bisexuelle mais tient une vision différente selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme ; elle est clairement plus attirée par les hommes, mais n’est jamais contre la douceur d’une femme. De même, elle respecte davantage les femmes que les hommes. + statut civil : célibataire, elle compte probablement le rester jusqu’à la fin de sa vie. Sa dernière histoire – et sa réelle première expérience de couple – ne s’est pas bien terminée. + occupation : après avoir collectionné divers boulots où son corps était la meilleure arme, après avoir combattu corps et âme contre les dieux, elle est aujourd’hui propriétaire d’une boîte de strip-tease à Manhattan. + groupe : the wild ones ; elle essaye un peu de s’éloigner de tout cela, du monde mythologique, de savoir qui elle est sans tout ça. Vainement, certes.

parent divin : son père est le dieu grec de la guerre et du carnage, Arès. Elle tient de lui bien plus qu’elle ne tient de sa mère. + pouvoir : plus qu’un pouvoir, sa force décuplée fait partie d’elle. Son propre corps est une arme, et le sera toujours. + arme de prédilection : sa plus fidèle alliée est une épée longue en bronze céleste. Elle ne l’a jamais quittée, et ce en presque vingt ans. D’ailleurs, son grade de générale dans l’armée de Cronos est gravé sur la poignée. L’arme est rétractable en un bracelet en forme de serpent. + particularité : elle peut faire peur d'un regard, un regard noir (déjà qu'il ne lui en faut pas beaucoup...). C'est toujours l'espace d'un instant, comme un flash, jamais très long, mais assez pour dissuader certains.

↘ caractère
sûre d’elle + cruelle + fière + comédienne + violente + charismatique + indépendante + déterminée + sérieuse + élégante + autoritaire + observatrice + insoumise + provocatrice + sournoise + rusée + sauvage + manipulatrice + vicieuse + terre-à-terre + destructrice + perspicace + jalouse + rancunière + intelligente + dominatrice + fourbe + leader + compétitrice + solitaire + menteuse + froide + vindicative + égoïste + moqueuse + directe + adaptable + perfectionniste + séductrice + critique + sombre + protectrice + opportuniste + agressive + mystérieuse + rationnelle + peu bavarde + bosseuse + entreprenante + persuasive + impitoyable + profiteuse + cynique + vigilante + dangereuse + tentatrice + vengeresse.

elle sait courir et se battre en talons aiguille et en robe moulante, vous êtes prévenus. + elle aime l’argent, mais aime surtout le dépenser. + elle a longtemps fait de la danse classique. + elle ne coupera jamais ses cheveux, jamais. + elle est attirée par les bad boys, certes, mais surtout par les gens riches. La compagnie d’une femme, à côté de ça, est son réconfort. + elle est tatouée à plusieurs endroits ; son plus fier tatouage est une faux soulignée des étoiles de son grade dans l’armée de Cronos. + elle tente clairement d’oublier le passé, et elle est clairement nulle pour ça. + sa couleur favorite est, sans surprise le rouge, puis le noir. + le sport, c’est la santé, et même si son pouvoir lui permet d’avoir une force conséquente, elle continue de s’entraîner tous les jours quasiment. + elle a un revolver caché dans son tiroir, mais elle ne le réserve qu’aux humains. + elle vit seule avec un chat dans un loft luxueux de New-York.

↘ Depuis combien de temps sais-tu que tu es une sang-mêlée ?
Assez longtemps. Il y a toujours eu un truc qui clochait chez elle, ou en tout cas c’est ce qu’on voulait lui faire croire (en soi, apprendre qu’elle était la fille d’un dieu ne l’a pas plus chamboulée que cela, c’était forcément plus magique qu’être juste dyslexique, hyperactive, oubliée par sa mère et détestée par sa famille hispanique). Mais c’est précisément en mars 1999 que tout a changé. Elle avait neuf ans, elle était encore scolarisée à l’époque et partait en voyage scolaire avec sa classe d’abrutis à Cleveland (aucune idée de ce qu’il y avait là-bas, mais les animateurs semblaient particulièrement contents de les y emmener). Un accident de bus, une furie, un compagnon de classe qui s’avère en fait être un satyre, et la voici partie pour la Colonie des Sang-mêlé sur Long Island. Un camp qu’elle ne quitterait plus pendant plusieurs années. Mais pas une maison, plutôt comme… une prison. Une prison où on pouvait ennuyer ses compagnons de cellule au possible. Une prison où il valait mieux ne pas trop clamer qu’on détestait les dieux.

↘ As-tu pris part à la bataille de Manhattan ? Et celle contre Gaïa ? Si oui, à quel camp as-tu choisi d'être loyale ?
Quand Cronos est apparu, Johanna l’a immédiatement rejoint, suivant Luke et plusieurs de ses proches, notamment quelques sœurs. Enfin, elle pouvait exprimer sa colère, sa rancune, sa frustration, et mettre des actes sur ce qui n’était que des convictions. Montant en grade, elle est devenue générale de l’armée de Cronos et a ainsi pris part à la bataille de Manhattan, gérant ses troupes et gérant un peu moins ceux qui étaient tombés au combat. En tant que fille de la guerre, elle sait que ce genre de choses sont inévitables… Elle aurait préféré que cela ne touche pas ses proches les plus… proches, certes. Après Cronos, il n’y avait plus grand-chose pour Johanna. Il fallut qu’on vienne la chercher dans le manoir où elle vivait pour qu’elle participe au combat contre Gaïa, qui menaçait légèrement le monde. Johanna y a participé, aussi. Très franchement, se rappeler tout ça lui rappelle qu’à une époque, elle était glorieuse, victorieuse, ambitieuse, qu’elle avait encore quelque chose. Que là où elle avait été la plus cruelle, elle n’avait jamais trop subi les conséquences (elle est encore en vie, n’est-ce pas !), et que d’autres, innocents (trop de noms) en avaient payé le prix fort. Au fond d’elle, ça la révolte mais… elle n’a pas envie de mourir pour autant, ou de faire face à ce qu’elle a pu faire à l’époque de Cronos particulièrement.

↘ Et maintenant, que deviens-tu ?
Plus belle que jamais. Ah ! Non (si, en fait, mais ce n’est pas là la question), après la bataille contre Cronos, elle vivait encore chez Jackson, son petit-ami, demi-dieu également. Puis Jackson a disjoncté petit à petit (déjà qu’il n’était pas le plus sain d’esprit ici), et il y a eu la trahison de Jeremy, son protégé, confident, meilleur ami, qui l’a laissée tombée du jour au lendemain (la seule personne pour qui elle a pleuré, et qui l’a vue pleurer aussi). Il n’y avait plus qu’elle et Jackson. Et d’autres. Après Gaïa, c’était le fiasco total. Finalement, depuis novembre de l’année passée, Johanna vit seule, avec son chat, dans un loft luxueux de Manhattan. Elle se rappelle, parfois, mais oublie plus souvent dans un verre de vin ou de whisky. Elle amène des gens, pour oublier la solitude. Elle tient une boîte de strip-tease, en écho plutôt à son propre passé et parce que les hommes l’ont tellement déçue qu’elle se doit de protéger les filles avec vivacité. Elle envoie parfois des messages à des proches d’une époque révolue, qu’elle n’a plus trop revue depuis Cronos ou Gaïa. Elle observe, en silence. Elle boit. Elle s’énerve. Elle s’entraîne encore tous les jours comme si la guerre allait à nouveau surgir de nulle part, comme si un jour elle pourrait reprendre son titre de reine. Elle n’a connu que ça, se battre, la mort, et maintenant ça n’existe plus (il n’y a plus de raison pour que ça existe). Johanna se noie dans la richesse, à défaut de pouvoir faire quelque chose de sa vie.
derrière l'écran
honeybadger | elo
âge : *starts to cry* vingt-ans paraît-il. + présence : approximativement 3 jours sur 7. + personnage inventé ou scénario/pv : personnage inventé. + un dernier mot ? long live the queen.
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Johanna A. Rivera
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look at you
fighting is all you know
death is all you know
« Je vous en prie, asseyez-vous. Mettez-vous à l’aise. » Et voilà. Ça la faisait déjà grincer des dents. Elle avait déjà franchement hésité à repartir, tandis qu’elle attendait de pouvoir entrer, pour finalement rester sagement (ou le plus possible) dans le fauteuil. Mais là, se retrouver en face de la personne, c’était tout de suite plus déroutant. Et si elle ne voulait pas s’asseoir, ni se mettre à l’aise ? Et si elle avait fait une erreur ? Est-ce qu’on pouvait considérer comme une erreur le fait d’attendre des mois (peut-être des années) (probablement des années) pour sauter le pas et se présenter ici de son plein gré ? Elle soupira. « Et si je veux rester debout ? » Un petit mouvement d’épaules, proche du haussement, accompagna sa question (rhétorique, bien entendu). La femme la regarda un instant, avant de lui faire comprendre que si elle voulait rester debout, c’était son choix, après tout.
Johanna s’appuya donc contre le fauteuil, à défaut de s’y asseoir, et croisa les bras sous sa poitrine. Elle obtempéra toutefois à poser son sac à main à ses pieds. La femme sortit un carnet et de quoi écrire, avant de la regarder comme si elle la connaissait depuis des années (bon sang, ça aussi, ça la faisait grincer des dents, ce rendez-vous l’ennuyait déjà particulièrement). « Qu’est-ce qui vous amène ici, Johanna ? » Le destin ? Elle ne croyait pas au destin. Elle avait beau être totalement ou presque immergée dans le monde mythologique, elle ne croyait définitivement pas au destin. Elle ne croyait sûrement plus à grand-chose, à force. Alors, si ce n’était pas le destin qui l’amenait ici, était-ce… la fierté ? Non. Sa fierté l’aurait fait fuir d’ici en deux temps trois mouvements. Si pas la fierté non plus, alors quoi ? « Ma moto. » répliqua-t-elle avec un sourire, se trouvant particulièrement drôle. La femme ne fut guère impressionnée, alors Johanna continua sur sa lancée. « J’avais du temps à tuer. » Oh, bien trop de temps à tuer. Sa vie était devenue… étrange. Monotone. Vide. Sombre. Elle ne saurait la décrire. Depuis trois mois, elle vivait seule avec son chat, son plus fidèle compagnon jusqu’ici – elle l’avait appelé Primo (si elle reprenait un autre chat, ou plutôt une chatte, elle l’appellerait sûrement Eryn) – et ses bouteilles de vin dans un loft luxueux de Manhattan. Le grand luxe, ce qu’elle méritait selon elle. Parfois, il y avait un homme dans son lit, rarement des femmes (mais quelques fois tout de même), pour tuer l’ennui et le temps et avoir à un peu de compagnie. À part ça, c’était le cliché même de la solitude ; elle, un verre de vin rouge à la main, appuyée à la fenêtre à contempler la ville, le regard lointain, son chat l’observant, assis sur le rebord. Dans le silence le plus complet.
La femme n’était toujours pas impressionnée et enchaîna, ce à quoi Johanna répondit avec une palpable mauvaise foi. Que faisait-elle ici, déjà ? Elle se le demandait. C’était des conneries, une erreur, elle perdait plus son temps qu’autre chose. Quel était son problème ? Mais elle-même n’en savait rien. Comment décrirait-elle ce problème ? Comment pouvait-elle décrire un problème dont elle ne savait rien, sérieusement c’était quoi ces questions ? Ça la dépassait. Elle détestait ça.
« Je ne peux pas vous aider si vous ne voulez pas être aidée. » finit par souffler la femme qui, l’air de rien, avait tout de même écrit un sacré pavé dans son carnet, à ce que Johanna pouvait en voir. Et, ma foi, c’était bien philosophique tout ça. Johanna n’était pas très philosophe. Elle était rationnelle, mais pas de cette manière.
Johanna se détacha du fauteuil et décida de faire le tour du bureau, qui ressemblait à une espèce de petit salon (les clichés étaient donc vrais !). Des livres sur les étagères, traitant de psychologie, sociologie, diplomatie, politique, économie, médecine probablement aussi, et l’intégrale des Harry Potter. Bah tiens ! « Mes enfants. » dit la femme, captant l’expression de Johanna, bien que cette dernière ne lui fasse pas réellement face. « Vous avez des enfants ? Je vous aurais cru plus jeune. » Gardant son sourire, elle continua son inspection de la pièce et des étagères, minutieusement, curieuse. « Mon ex voulait des enfants. » finit-elle par dire, non sans un soupçon d’amertume dans la voix en prononçant ce dernier mot. Elle aurait bien dit « bébés » sur un ton dédaigneux, mais elle ne voulait pas passer pour une sauvage aux yeux de la femme. « Et vous n’en vouliez pas ? » « Non. » Catégorique. Elle pouvait se visionner mentalement les nombreuses scènes où Jackson lui avait fait part de cette requête, et où, à chaque fois, il avait mal pris son refus face à la question. Alors, à la place, il avait engrossé deux autres femmes (il aurait engrossé une déesse que ça ne l’aurait même pas étonné, à y repenser). Ça avait été l’une des raisons pour laquelle ça avait violemment cassé.
« Est-ce votre problème ?... votre ex ? » « Non. » Elle aurait aimé y mettre plus de convictions. Il n’était certes pas le problème, mais un problème, dans tous les sens du terme. Machinalement, elle posa sa main gauche sur son poignet droit, y frottant la peau, oubliant que le bracelet de diamants noirs n’y était plus (elle l’avait revendu pour cotiser le loft et adopter son chat ; cinquante mille dollars valaient beaucoup plus à ses yeux qu’un cadeau sentimental d’un ex mort). Ses mâchoires se contractèrent. Jackson. Un brun ténébreux, beau, riche, sexy, dangereux. Leur rencontre remontait à avril, il y aurait bientôt trois ans. Dans un bar. Un bar où tout le monde avait été tué ; ça avait fait la une des journaux le lendemain, merci Jackson. Fils de la mort, forcément qu’il laisserait des cadavres derrière lui. Elle avait accepté son offre – tu es à moi, et tu es riche. Et puis elle était tombée amoureuse.
Amoureuse, bon sang, amoureuse, elle !
De toute façon, Jackson avait tout brisé et maintenant il était mort.
« Pourquoi ne vouliez-vous pas avoir d’enfants ? » Johanna se retourna, pivotant sur son pied, les sourcils froncés dans une mimique malicieuse – pour cacher la colère que le mot « enfant », qu’elle reliait inévitablement à ces choses minuscules qui pleuraient et qui puaient et aussi à Jackson, lui inspirait. « Parce que… » Je suis stérile. Mais ce n’était pas la seule raison, car même sans ça… « Je n’en ai pas envie. Je n’ai pas la fibre maternelle. Ce n’est pas mon truc. » A une époque, elle se disait aussi nulle en tant que mère que sa propre génitrice – une pauvre femme, ancienne pute à crack, qu’elle n’avait plus vu depuis… dix-huit ans. Tant pis. Et puis, lorsqu’elle était montée en grade au sein de l’armée de Cronos, elle avait pu constater que surveiller ses soldats, des fois, c’était comme surveiller des gosses… Même si elle préférait de loin surveiller des soldats. Ses soldats. Etaient-ils tous morts ? L’avaient-ils tous trahie, comme Jeremy, son meilleur ami, son confident, un gamin qu’elle avait pris de la rue pour le prendre sous son aile, qui était retourné à la Colonie des Sang-mêlé comme si de rien n’était, un ou deux mois après la bataille qui avait vu la fin de Cronos ? Elle serra les poings ; étonnamment même, elle dut fermer les yeux. Stop. Ça faisait trop longtemps. Jeremy n’était plus là pour elle.
Plus grand monde n’était là pour elle.
« Vous travaillez, Johanna ? » L’intéressée haussa un sourcil. « Bien sûr. » Bien sûr, ça sonnait comme un ricanement, bien sûr ! Bien sûr que j’ai travaillé, qu’est-ce qui vous fait dire le contraire. J’ai travaillé toute ma vie, ma p’tite dame, et… Non. Elle n’avait pas dix ans qu’elle n’allait déjà plus à l’école, coïncidant bien sûr avec son arrivée en tant que pensionnaire permanente au camp grec de Long Island. Elle ne s’y était jamais sentie chez elle, là-bas, alors elle avait foutu le bordel, le cœur plus froid que le continent arctique. À détester le monde, à semer la zizanie, à étonnamment avoir quelques connaissances, mais surtout beaucoup d’ennemis. Elle n’avait jamais cherché à se faire aimer et, à cette époque aussi, elle faisait même exprès de se faire détester ou haïr. C’en était jouissif. A un moment donné, elle avait commencé à sortir de plus en plus du camp. Elle devait avoir dix-sept ans que l’image de sa mère vendant son corps pour quelques drogues lui était revenu en tête, alors elle avait tenté. Pas pour les drogues, mais pour l’argent – et bon sang que ça payait bien. Ses clients, surtout le dernier, un blond qui, si elle ne l’avouerait jamais, l’avait beaucoup aidée, épaulée, aimée aussi, dans un semblant un peu malsain de figure paternelle, avaient toujours cru qu’ils pourraient l’acheter, en lui offrant des fleurs, des chambres, des vêtements, des chaussures, des bijoux (ce serait la méthode que Jackson emploierait plus tard, inconscient du fait qu’il aurait été le seul homme qu’elle avait sincèrement aimé pendant un temps).
Et puis il y avait eu Cronos, entre-temps. « Dans l’armée. » acheva-t-elle en écho à ses souvenirs. Elle avait vingt-et-un ans lorsque le titan Cronos avait fait son apparition. Proche de Luke Castellan et de ses idées (si son père l’avait reconnue en tant que sa fille moins d’une semaine après son arrivée à la Colonie, cela ne changeait rien au fait qu’elle le détestait, lui, et tous les autres aussi, les dieux), elle avait rejoint les rangs des partisans à la fin du mois de juin de l’apparition du titan, aux côtés de ses sœurs Eryn, un peu plus jeune qu’elle, et Maxine, bien plus jeune qu’elle. Pas un au revoir pour ses autres frères et sœurs. Pas un au revoir pour n’importe qui d’autre. Pas d’au revoir pour sa mère il y a aujourd’hui dix-huit ans, et pas d’au revoir aux pensionnaires grecs il y a de cela six ans. Et bien sûr, pas d’au revoir non plus pour la Colonie des Sang-mêlé en elle-même, qu’elle ne reverrait plus sauf pour des batailles… en tant qu’ennemie.
Sa haine pour les dieux, elle persistait encore aujourd’hui. Ils ne faisaient rien. Ils ne feraient jamais rien. Elle n’avait juste plus la force de se battre réellement contre eux, elle s’était rendu compte qu’il n’y avait rien à faire, à vrai dire. Mais l’époque de Cronos avait été son époque dorée, ses heures de gloire. Reine parmi les siens, bon sang. De simple pion, elle était devenue générale de l’armée en à peine un an. Elle avait recruté, elle avait rencontré, elle avait changé. Pour diriger, elle avait appris à raisonner, à rester calme. Pour régner, une main de fer dans un gant de velours (plus de fer que de velours, me direz-vous et vous avez raison). Elle ne se vantait pas en pensant qu’elle avait été magnifique : elle l’avait été. Tout le long. Du début à la fin, pendant ces quatre années de règne.
« Vous avez fait la guerre ? » « Oui. » La femme devait la prendre pour une cinglée, à ce stade. Une fille comme elle, avoir fait la guerre ? Avec ses talons de douze centimètres, sa longue chevelure brune bien soignée, son maquillage à cent balles la palette, son rouge à lèvres comme seule peinture de guerre, ses vêtements trop moulants pour ne pas être provoquants, son décolleté plongeant, son sourire au coin perpétuellement moqueur ? Non, une fille pareille n’aurait pas pu faire la guerre, et pourtant, elle l’avait fait. Elle était une fille de la guerre, le contraire aurait été difficile. Fille d’Arès depuis toujours, jusqu’à sa mort. Elle savait se battre. Diriger. Guider. Tuer. Faire des choix difficiles, comme balancer de l’acide sur le visage des gens (ou peut-être était-ce à cause de son goût pour le sang et un penchant pour la folie qui avait voulu ça, mais soit). Des bombes. Tuer. Et encore tuer.
« J’imagine qu’il y a eu des évènements… tragiques. » « À qui le dites-vous. » Le visage de poupée de Lauryn lui revint. Elle le vit d’abord intrigué et souriant, il y a quatre ans. Innocente. Putain d’innocente. Sans elle, Lauryn n’aurait pas connu ce sort. Si elle ne l’avait pas prise sous son aile elle aussi, cette gamine de seize ans qui ne connaitrait jamais plus un seul jour après le fatal dix-huit juillet deux-mille quinze. Cette date, elle était là, imprimée dans son esprit, pour l’éternité à tous les coups. Johanna gronda un instant, pour elle-même. Le corps de Maxine, parmi d’autres, apparut également dans son esprit. Et des autres, et des autres, et encore des autres. Des fantômes qu’elle faisait vivre à tout jamais dans ses souvenirs.
Et puis Lena. Oh, Lena n’était pas morte durant la bataille de Manhattan. Lena avait continué à vivre. Lena, une autre de ses petites sœurs filles de la guerre. Lena, aussi sauvage qu’elle. Lena, qui lui ressemblait presque comme deux gouttes d’eau. Lena, et sa colère. Lena, et sa haine. Comme elle. Il n’y eut jamais d’excuses entre elles, jamais de pardon. Peut-être que si elle allait voir sa sépulture aujourd’hui, elle se contenterait de boire un verre de vin en racontant ses déboires, mais jamais de pardon. Ça ne marchait pas comme ça avec elles, ou avec Johanna seule. Le pardon, c’était des mots. Elle, elle voyait les actes. Lena aussi voyait les actes. La gamine, ou la fillette, comme elle aimait l’appeler (mais Lena avait dix-neuf ans), était venue la voir avant la bataille de Gaïa, pour la sortir de ses retranchements. Tu ne peux pas rester enfermée dans ton manoir, à baiser ton mec ! qu’elle lui avait hurlé entre deux coups d’épée (l’amour entre sœurs). Lena était ensuite partie en trombe, énervée, révoltée, frustrée. Johanna était restée là, à se moquer de sa petite sœur qui continuait à se battre alors qu’elle avait déjà tant (tout) perdu depuis le combat contre Cronos un an plus tôt.
Mais Johanna n’était pas restée enfermée dans son manoir à baiser Jackson. Elle était sortie, s’était battue, avec Lena. Pas d’excuses, pas de pardon. Des actes.
Et puis elle avait tué Lena. Comme ça. A nouveau sans excuses, sans pardon, juste un acte.
(Il devait y avoir le sang de centaines de demi-dieux sur son épée longue en bronze céleste, où l’on pouvait brièvement apercevoir les étoiles de son grade de générale de Cronos, mais le plus sale d’entre eux était celui de sa petite sœur.)
« Êtes-vous entourée ? » Johanna regarda autour d’elle avant de reposer son attention sur la femme. « J’ai un chat, si c’est ce que vous voulez savoir. » Après le combat contre Cronos, tout le monde était parti petit à petit. En dehors des morts, Jeremy était parti, et elle en avait été bouleversée. De toutes les trahisons qu’elle pouvait supporter, Jeremy était d’un tout autre niveau. Elle ne s’en était pas remise rapidement ; encore aujourd’hui, elle avait du mal à y repenser. Oh, Jackson était resté lui, mais… il avait changé, peut-être jaloux de la voir si déprimée pour un minable alors que lui avait toujours été là. Lui, et ses fantasmes douteux, son goût de la torture d’autrui (pas d’elle, fort heureusement), pour la mort, pour le sang, pour le contrôle. Elle était incontrôlable. Le moment où elle s’était rendue compte que Jackson tentait de la contrôler avait tout changé sans possibilité de revenir à la normale. Elle l’avait accusé d’être jaloux de Jeremy, de ses anciens clients en tant qu’escort-girl, des amants qu’elle avait eu pour combler le vide, bon sang, même de Primo, ce fils de Vénus et l’un de ses plus proches compagnons de route tout le long (côté masculin). Elle lui avait rappelé qu’il s’en était pris à son armée, à ses soldats. Elle se demandait si la rouquine qui un jour lui avait planté un poignard dans le bras avait eu tous ses problèmes en tant que chef et en tant que copine du supposé chef. C’était à ça que Jackson avait tenté de la rabaisser. Elle n’était plus Johanna Sorensen (elle avait encore le nom que sa mère avait emprunté, ne supportant pas le réel, Rivera) mais « la copine de Jackson ». Jackson avait tenté de s’approprier le rôle de leader (qui ne lui allait pas du tout, il n’en avait pas l’étoffe et, à côté de cela, il avait terrorisé quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l’armée des partisans de Cronos, sauf peut-être Eryn, sa fidèle sœur, et Eloïse, une fidèle partisane) (et Primo, mais Johanna avait particulièrement veillé à ce que Jackson ne s’en prenne jamais à lui). Ça c’était calmé quand Cronos était tombé, quoique Jackson était resté tout autant possessif (mais il n’avait plus grand-monde à traumatiser).
Il lui avait fallu un an pour quitter Jackson.
Et il lui faudrait bien plus que cela pour se rappeler qu’elle était encore quelqu’un. Qu’elle n’était plus à la tête d’une armée, mais qu’elle était encore quelqu’un. Qu’elle n’était plus avec Jackson, mais qu’elle était encore quelqu’un. Qu’elle était toujours fille d’Arès, mais pas que ça. Misère, elle n’avait aucune idée de qui elle était si on lui enlevait la guerre.
« Sincèrement… Qu’êtes-vous venue chercher ici ? » Étonnamment, Johanna prit place dans le fauteuil en face de la psychologue (ou psychiatre, ou peu importe). Elle posa ses mains sur le bureau, chercha ses mots pendant une fraction de secondes et ne trouva aucune réponse digne de ce nom. « Sincèrement… Je n’en sais rien. » Moi-même.
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Noah S. Warsmond
Admin
+ messages : 454
+ face and credits : jeremy allen white, (c) dark dreams.
JOHANNA. :nya:
comment elle m'avait manquéé, j'suis trop contente de la revoir. I love you I love you
(j'ai envie de la prendre dans mes bras mais je sais qu'elle va m'égorger si j'le fais, donc j'vais me contenter de lui tendre professionnellement la main :mdr: ).
bon courage pour la suite de ta fiche. What a Face

_________________
hold on darling
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Ceren-Nevh Lynch
+ messages : 261
+ face and credits : tim borrmann. (faust)
:amen: :amen: :amen: :amen: :amen: :amen:

JOHANNA OWNS MY ENTIRE ASS

jtm elle m'avait manqué bsx bsx de oswin :keur:

_________________
t'as pas vu ? c'est imprimé partout, dans les journaux, sur les écrans, dans le regard des gens. c'est même écrit en grand sur les immeubles, la nuit, quand les gens biens comme toi sont endormis, c'est marqué en rouge: tu nais comme ça, tu vis comme ça, tu canes comme ça, seul à poil face à ton reflet, avec ton dégoût de toi-même, ta culpabilité et ton désespoir comme seuls témoins.
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R. Lyon Baghar
+ messages : 158
+ face and credits : cykeem bae white (ailahoz)
re :pepito: je plussoie emeraude, elle m'a l'air bien stylée cette johanna :hihi:

_________________
romantic in revolt
© minori.
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Keith N. Stark
+ messages : 133
+ face and credits : ○ Théo James // (c) sixty
JOOOOOOOOOOOOOOOOHANNA QUOI :leche: :leche: :bave: :bave: :amen: :amen: :faints: :faints: :keur: :keur:

jolaime tellement :eyes: elle est trop badass putain, elle déchire de ouf, j'ai trop hâte de lire l'histoire que tu nous réserve, elle m'a beaucoup manqué en tout cas, je suis vraiment content de la retrouver :hin: PUIS le combo avec cette avatar BORDEL :N: :cutie:

Bon courage pour la suite de ta fiche, et réserve moi des liens qui déchirent :cute:

_________________
Un jour, je suis né, depuis j'improvise.
Your opinion of me doesn't define who I am. We were born to be real, not to be perfect. © by anaëlle.
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Invité
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ok je meurs devant tant de beauté. :faints:
REBIENVENUE surle forum et bon courage sur ta fiche. I love you
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Charlie J. Keystone
+ messages : 344
+ face and credits : Ira Chernova - Psychotic Kid
Mon dieu :faints:

T'es belle, t'es sexy, t'es d'la bombe bébé :héé:

:nevh:

Toi et moi, c'est quand tu veux :miguel:

_________________


The giants of the world crashing down. The end is near I hear the trumpets sound
(c) crackle bones
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Invité
Invité
re-bienvenue chère soeur. :pepito:
courage pour la fichette !
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Invité
Invité
.... T'a pas idée comment je suis heureuse de te voir sous ce visage :bave:

Elle m'avait trop manquée :cute:

ALORS BIENVENUE, ENFIN RE BIENVENUE TOUT ÇA, t'es canon, t'en jette :zad: j'ai hâte de te voir à l'oeuvre :lalala:

Tu pourrais venir te frotter à Kieran, en tant que compétition monétaire tout ça :lalala:

Bref, je m'égare

COURAGE POUR TOUT, MAIS JE SAIS QUE TU VAS TOUT ROXER DU PONEY :keur: :keur: :keur: :keur: :keur:
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